jeudi 21 juillet 2011

A la Une : la tentative d'assassinat d'Alpha Condé, un faux complot ?


« Qui en veut au président ? ». C'est le titre du journal togolais Liberté, mais c'est aussi la question que continue de se poser une grande partie de la presse d'Afrique de l'ouest aujourd'hui après l’attaque mardi de la résidence du président guinéen. « Une véritable chasse à l'homme »s'est engagée dans les rues de Conakry, raconte Africaguinée.com.
37 militaires guinéens, ont été appréhendés. Essentiellement des proches de l'ancien président du régime de transition, le général Sékouba Konaté. « Grabuge à Conakry », titre Le Soleil au Sénégal, pour qui « l’attaque d’hier a permis d’une part au président guinéen de se persuader qu’il a touché là où ça fait mal [référence à la réforme de l'armée] et d’autre part [a prouvé] la détermination des hommes en treillis à défendre leurs statuts et prébendes à n’importe quel prix ».
Faux complot ?
Mais finalement, la presse se demande s'il ne s'agirait pas d'un « faux complot »« Cette tentative [d'assassinat] ne serait-elle pas [une ruse] pour faire le ménage au sein [de l'armée] ? Attaque-t-on un président avec des moyens aussi dérisoires et un plan aussi léger que l’ont fait les putschistes de Conakry? » s'interroge Liberté au Togo. Même hypothèse développée parAminata.com , qui croit savoir que des arrestations de militaires ont eu lieu dès samedi.
« Comment peut-on procéder à des arrestations pour un fait qui n’a pas encore eu lieu ? »,s'interroge le journal en ligne guinéen. Pour lui, cette attaque a été « fomentée par le pouvoir pour distraire l'opinion et régler des comptes ». Moins affirmatif, GuinéeConakry.info se demande pourquoi Alpha Condé ce jour là, a changé de chambre à coucher. Il se demande « si le président n’était pas au courant de ce qui devrait arriver ? N’a-t-il pas laissé à dessein, le poisson pourrir (...) pour mettre à nu ses détracteurs ? »
Unité apparente
En tout cas, la presse se félicite de l'apparente unité qui a suivi, avec la condamnation unanime de l'attaque. « Pour une fois, écrit GuinéeConakry.info, les Guinéens de tous bords politiques, de toutes confessions religieuses (...) disent la même chose. Ne serait-ce que pour quelques heures tout au plus, la Guinée était une nation ». Reste à savoir si Alpha Condé peut exploiter ce début d'unité. Pour cela, « il devra rompre avec les habitudes des régimes antérieurs, prévientLiberté  au Togo. Habitudes qui consistent à s’entourer de personnalités de son ethnie, à offrir des passe-droits à ces derniers ».
Libye : un engagement français « tâtonnant »
Autre grand titre de la presse africaine, la rencontre à Paris entre le président Nicolas Sarkozy et des responsables de la rébellion libyenne de Misrata. Un véritable « conseil de guerre » - ce sont les termes de L'Observateur  au Burkina Faso. Ces insurgés ont réclamé une aide supplémentaire pour conquérir Tripoli. Mais « l'engagement français pour hâter une fin de guerre semble tâtonner depuis quelques semaines », pense le journal La Presse  en Tunisie. Le quotidien estime que la France a « atténué son discours même s'il reste fondé sur l'exigence d'un départ de Mouammar Kadhafi ». Départ de ses fonctions, mais plus forcément du pays, comme l'a indiqué le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.
Le rôle de Moscou
En recevant ces chefs rebelles, « la France manifeste une nouvelle fois son engagement militaire aux côtés de la rébellion », écrit le journal algérien El Watan. Un engagement qui jusqu'ici, du largage d'armes aux transferts d'argent, « n'a pas servi à grand-chose », jugeL'Observateur au Burkina Faso. L'aide de Moscou serait déterminante. « Il se peut que la plus grande implication de Moscou dans le dossier libyen soit de nature à favoriser le règlement politique du conflit. L’hypothèse n’est pas du tout tirée par les cheveux, explique El Watan ,dans la mesure où Washington aurait aussi (...) donné son aval pour la recherche d’un compromis avec Kadhafi qui ne soit pas perçu comme une défaite pour l’OTAN, dont les troupes commencent à atteindre leur niveau de surchauffe ».
Réfugiés gênants ?
On part maintenant au Ghana, en proie à des « réfugiés à problèmes ». C'est ce que nous apprend Le Pays , au Burkina Faso. Ces réfugiés, ce sont des Ivoiriens qui ont fui les combats dans leur pays lors de la crise postélectorale. « Parmi eux, des civils, mais surtout des combattants », écrit le journal. 55 d’entre eux ont été appréhendés pour « port illégal d'armes à feu ».
Ils sont probablement, pense la presse, proches de l'ancien président Laurent Gbagbo. La crainte est d'abord que l'insécurité gagne les camps de réfugiés mais aussi que cela favorise la création d’une base arrière d'anciens combattants au Ghana, pour déstabiliser le pouvoir en Côte d'Ivoire. Le Ghana, qui « a eu une position mitigée lors de la crise postélectorale », rappelle Le Pays et accueillerait de nombreux militaires et des cadres de l'ancien régime.
On en parle aussi dans la presse ivoirienne ce jeudi matin 21 juillet. « Attention... un coup se prépare depuis le Ghana », croit savoir Le Nouveau Réveil « Le commandant Abéhi Jean-Noël qui a rejoint le colonel Konan Boniface au Ghana, l'ancien commandant des opérations, a averti qu'il frappera le régime Ouattara », écrit le journal d'Abidjan, qui ajoute que « deux importantes rencontres ont eu lieu à Accra et à Hals Assinie, une bourgade située à quelques kilomètres de la frontière ivoirienne », « en la présence de "plusieurs barons de l'ex-parti au pouvoir ».

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