jeudi 21 juillet 2011

Le Sénégal en proie à de nouvelles violences contre la candidature de Wade

Par  Pierre Emangongo

Des manifestations de l’opposition, prévues ce samedi 23 juillet contre la candidature du président Wade pourront plonger le Sénégal dans le chaos. Cette crainte est fondée au motif que le président Wade fait la sourde oreille et envisage déjà une présidentielle anticipée. 

Dakar vit dans la crainte de nouvelles violences ce samedi 23 juillet 2011, des manifestations d'opposants et de partisans du pouvoir étant prévues un mois après des émeutes contre une réforme électorale controversée, abandonnée sous la pression de la rue et des critiques à l'étranger. 

"Le 23 juillet de tous les dangers", titrait jeudi le site d'informations en ligne Dakaractu, relayé par l’AFP. Car "avec d’un côté un pouvoir qui va mobiliser toutes ses forces de sécurité pour protéger un meeting où il attend un demi million de personnes et, de l’autre, une opposition soutenue par la Société civile et les mouvements populaires, le pire est à craindre". 

Ces manifestations vont se tenir un mois, jour pour jour, après les émeutes du 23 juin ayant fait une centaine de blessés contre un projet de loi visant à faire élire un président et un vice-président avec un minimum de 25% des voix au premier tour de l'élection présidentielle de février 2012. 

Les violences du 23 juin avaient été suivies quatre jours plus tard par d'autres émeutes provoquées par les coupures d'électricité.
Sourde oreille 

"Pour des raisons de sécurité", le ministre de l'Intérieur, Ousmane Ngom, a décidé d'interdire aux opposants de manifester dans le centre de Dakar pour commémorer cette journée et exiger du président Wade qu'il renonce à être candidat à la présidentielle de 2012. "Tout manquement sera puni", ajoute le ministre dans un arrêté pris le mercredi 20 juillet 2011. 

"Pour apaiser (la situation), nous acceptons de délocaliser la manifestation à la Place de l'Obélisque", dans un quartier excentré de Dakar, a déclaré Alioune Tine, un des dirigeants du Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis et d'organisations de la Société civile qui a appelé à manifester. 

Malgré la détermination de l’opposition politique, le président Wade fait la sourde oreille et envisage déjà d’organiser une présidentielle anticipée au Sénégal , faisant ainsi fi aux effets domino de la révolution arabe qui est en train de balayer les régimes non démocratiques ayant battu le record de longévité.

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