Les rebelles libyens ont arrêté jeudi leur progression à Zlitane, à l’est de Tripoli, en raison d’une violente contre-attaque des forces kadhafistes.
Les soldats ont détruit des maisons après le tir des tanks, a-t-il indiqué sur internet.
“Les soldats terrorisent les habitants, fouillent les maisons et les alentours, semant la terreur dans toute la région”, rapporte-t-il.
Plus à l’est, les rebelles ont également enregistré des pertes autour du port pétrolier de Brega, au sud-ouest de leur fief de Benghazi. Ils tentent toujours de contrôler la ville et de chasser les troupes kadhafistes.
La télévision d’Etat a diffusé des images, qu’elle présente comme récentes, montrant Zlitane et Brega aux mains des partisans de Kadhafi. A Zlitane, on pouvait apercevoir des dizaines de sympathisants du chef d’Etat libyen criant des slogans favorables au régime.
Au sud, dans le Sahara, des rebelles cités par le Wall Street Journal affirment progresser vers le nord pour prendre la ville de Sebha, dans le centre-ouest du pays, à 800 km au sud de Tripoli.
Cependant, un employé d’un hôtel a confié à Reuters par téléphone que “tout est calme à Sebha et dans les zones au sud de la ville”, ajoutant que ses collègues n’avaient pas vu trace de rebelles dans les environs.
Par ailleurs, les Libyens, qui utilisent le réseau de téléphonie mobile appartenant à l’Etat, ont reçu des SMS cette semaine les appelant à aller prendre les armes pour “nettoyer” le djebel Nefoussa, le front le plus proche de Tripoli.
LIVRAISONS DE NOURRITURE À TRIPOLI
Sur le front diplomatique, le président chinois Hu Jintao a informé par téléphone son homologue sud-africain Jacob Zuma que Pékin travaillerait avec l’Union africaine (UA) pour trouver une solution à la crise libyenne.
La France et les Etats-Unis ont tenté mercredi d’ouvrir la voie à une solution diplomatique au conflit libyen en se montrant ouverts à l’idée de voir Mouammar Kadhafi rester en Libye si ce dernier acceptait de quitter le pouvoir.
Certains analystes disent que le régime se trouve désormais à court de carburant et de vivres, ce qui pourrait conduire à une agitation populaire contre le régime avec le début du ramadan le mois prochain.
L’agence de presse officielle Jana a fait état d’une réunion jeudi entre des responsables de l’autorité pour s’assurer du bon acheminement des livraisons de nourriture et qu’elles “atteindraient bien les consommateurs le plus tôt possible, avant le début du ramadan”.
L’agence cite le chef du port de Tripoli, qui certifie que “des cargos déchargent chaque jour de l’orge, du blé, des bananes et d’autres denrées”.
Benjamin Massot pour le service français
Libye : où sont passées les armes françaises?

La rumeur courait depuis quelques jours : les armes, que la France dit avoir parachutées début juin aux rebelles libyens du djebel Nefoussa, n’apparaîtraient nulle part sur le champ de bataille. Elles auraient disparu…
Or voilà que le New York Times publie une enquête qui accrédite cette rumeur. L’envoyé spécial du quotidien américain écrit ceci :
“Au cours des deux semaines d’interviews avec des combattants, aucun n’a dit qu’il avait vu les fusils et les mitraillettes que la France dit avoir livrées aux rebelles au printemps. Chaque homme dit que son fusil a été pris sur le champ de bataille. Beaucoup se demandent qui parmi leurs leaders a gardé ou détourné ces armes.”
L’article sous-entend que certains chefs de rebelles feraient le trafic de ces armes françaises ou les enverraient en douce sur un autre front que le djebel. Ceci qui pourrait expliquer pourquoi Paris a annoncé avoir suspendu la livraison de ces matériels et pourquoi l’Elysée serait réticent à en fournir d’autres aux combattants de Misrata dont les leaders étaient à Paris hier.
Source: Le Nouvel Observateur

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