Rédaction en ligne
mercredi 12 octobre 2011, 19:09
Le comédien est mort mardi soir. Le metteur en scène Lorent Wanson est très touché. Quant à Pie Tshibanda, il s’apprêtait à lui confier « le rôle d’un Mobutu revenu de l’au-delà pour montrer qu’il n’est pas responsable de tous les maux de son pays »…

Dans « Bas les masques » Photo Alice Piemme
Voici les premières réactions que nous avons recueillies mercredi.
Lorent Wanson
Metteur en scène de « Bas les masques », le seul-en-scène de Dieudonné Kabongo : «Je suis très touché. C’était quelqu’un d’une extrême générosité, à la fois humainement mais aussi dans le travail, quelqu’un qui avait très envie de chercher, très envie du public aussi et de raconter des histoires aux gens. C’était un plaisir de travailler avec lui, particulièrement sur la pièce « Bas les masques », où on avait créé, avec la vidéo, des partenaires qui étaient en fait lui-même. C’était quelqu’un qui ne voulait jamais figer les choses. Il pouvait modifier des scènes en fonction de l’actualité ou de la manière dont il ressentait le public certains soirs. Dans « Bas les masques », on avait voulu mêler mon expérience de Blanc (ayant travaillé au Congo) et son expérience de Noir, et être critique vis-à-vis des deux points de vue. » (C. Ma.)
Pie Tshibanda
Auteur et interprète de « Un fou noir au pays des Blancs » et « Je ne suis pas sorcier » : «Je suis très triste. Il était trop jeune pour mourir. Peut-être cela montre-t-il que le métier d’artiste est très dur. Quand vous êtes programmé dans un théâtre ou un centre culturel, vous n’avez plus le droit de tomber malade. Et tant pis si vous n’avez plus de congé pour accuser la fatigue. Nous sommes tous les deux nés dans la même région, le Katanga, mais lui est arrivé en Belgique dix ans plus tôt que moi. Nous avons tous les deux raconté notre histoire, mais lui était plus dans l’humour et moi, plus dans la gravité. Il s’attachait plus aux différences culturelles et moi aux rapprochements. Pourtant, on avait un projet tous les deux. Je lui avais envoyé le texte et nous devions nous voir pour en parler. Dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, fixés pour 2015, j’avais envie d’une pièce qui fasse le point sur le Congo. Qui pose la question : où en sommes-nous ? Pourquoi attribuons-nous toujours notre retard à d’autres ? Je voulais donner à Dieudonné le rôle d’un Mobutu revenu de l’au-delà pour montrer qu’il n’est pas responsable de tous les maux de son pays. C’était un projet magnifique ! » (C. Ma.)
Pitcho
Rappeur et comédien : « C’est triste. C’est un des rares artistes congolais à avoir une renommée internationale. Hier, c’était un choc dans la communauté belgo-congolaise. C’est dommage que les morts réveillent ce sentiment de solidarité. Il y a un proverbe qui dit : ’’On se rend compte de la valeur des choses lorsqu’elles viennent à manquer’’. C’est ce que m’inspire son décès. Je l’ai croisé quelques fois, j’avais envie de le connaître un peu plus mais ça ne s’est pas fait. En tant que comédien, j’aurais eu à apprendre de lui, sans aucun doute. » (Ph. Mn.)
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