mercredi 11 janvier 2012

RDC: Crise de Légitimité:E. Tshisekedi n’est pas de coeur á dialoguer avec Joseph Kabila

Posted on 11 janvier 2012

Une crise de légitimité post-électorale se prolonge en République démocratique du Congo (RDC), après le refus de l’UDPS au dialogue entre Joseph Kabila et Étienne Tshisekedi, les deux présidents Congolais, une proposition avancée et souhaitée par l’ONG ” La Voix de Sans Voix”.



L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant Étienne Tshisekedi, juge inopportune la rencontre entre son leader et Kabila, proposée par la Voix des Sans Voix (VSV), une ONG de défense des droits de l’Homme, pour baisser la tension et éviter une crise de légitimité, a déclaré mardi le secrétaire général de l’UDPS, Jacquemin Shabani.

Pour M. Shabani, la justice et la vérité des urnes doivent triompher pour éviter le chaos. “Il faudra que le perdant puisse reconnaître la vérité des urnes pour éviter le chaos”, a-t-il martelé.

Après avoir listé les fraudes rapportées par les observateurs sur le terrain, Rostin Manketa, le directeur adjoint de La Voix des Sans-Voix, avait clairement remis en cause les scrutins présidentiel et législatifs : « Les dites élections n’ont pas été transparentes et par conséquent, non crédibles, au grand dam de la population congolaise désillusionnée par la boulimie du pouvoir de ses acteurs politiques ».

Le directeur de La Voix des Sans-Voix, Dolly Ibefo, avait cependant appelé donc le président Kabila et son principal opposant Étienne Tshisekedi à engager un dialogue. « Nous nous trouvons dans une situation où il y a une crise réelle de légitimité. Je crois que le dialogue peut résoudre cette crise », affirme-t-il.

La Voix des Sans-Voix demandait aussi un nouveau processus électoral dans des délais raisonnables. « L’organisation d’élections crédibles sous la supervision de nouveaux animateurs impartiaux de la Céni et la certification des résultats par la communauté internationale », avait précisé Rostin Manketa.

Du côté de la majorité, on a salué cette proposition tout en indiquant que M. Kabila est “un homme de dialogue”.

Selon Christian Kabinga, chargé de l’organisation à l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP), il n’est pas question de recommencer les élections.

“Nous sommes dans un pays de droit et Kabila a déjà été investi Président de la République, par la Cour suprême de justice (CSJ). Cependant, Il y a lieu de reprendre les élections législatives là où il y a des preuves des cas des fraudes”, a-t-il souligné.

Cette déclaration de Christian Kabinga est une plaisanterie mondaine. de quel pays de droit faisait-il allusion á sa déclaration? Le clan Joseph Kabila ne danse pas au ton de cette proposition par la simple raison qu’il soit conscient de ” quelle maniére”, son roi a été réélu, sans pourtant être voté.

Vers quoi s’achemine-t-on en RDC? Conflit larvé ou solution négociée de partage du pouvoir, comme au Kenya ou au Zimbabwe? Seule certitude, pour le moment: cette nouvelle crise ne risque pas de mobiliser la communauté internationale derrière Étienne Tshisekedi, le vainqueur par les urnes, au plus grand dam du peuple congolais.

Le schéma Kenyan est d’autant plus négligeable que le schéma Zimbabwe, pour diverses raisons. En Afrique sub-saharienne, trois phénomènes colorent le soubresaut démocratique en lui donnant une tonalité particulière : la défiance généralisée entre le pouvoir et l’opposition qui se décline sous la forme du boycott des élections et de la contestation des résultats, la violence qui s’appuie bien souvent sur la fraude électorale, et le caractère généralement ethnique du vote.

Dans la partie de l’Afrique située au sud du Sahara règne donc les divisions politiques entre le pouvoir et l’opposition sont irréconciliables. C’est le cas de la République démocratique du Congo.

L’injection de moyens physiques et financiers colossaux par la communauté internationale pour résoudre tous les problèmes matériels, n’a pas permis d’éviter la suspicion et la contestation des résultats de l’élection présidentielle, prouve que la contestation des résultats électoraux ou l’absence de transparence des élections relèvent plutôt de causes politiques, psychologiques et morales que de causes matérielles.

D’où la possibilité d’un nouveau processus électoral pose un problème réel de moyens, de volonté de la communauté internationale mais aussi politique, psychologique.

D’ailleurs la Belgique, parrain colonial de la République démocratique du Congo, a bien signalé ses intentions de soutenir la dictature douce de Joseph kabila, en lui félicitant de sa victoire frauduleuse, tant rejetée par le peuple, la société civile, les ONG de droit de l’homme et l’église catholique de Kinshasa.

Le Premier ministre Belge, Elio Di Rupo a félicité l’”ensemble des forces congolaises pour la tenue des élections” du 28 novembre dernier qui ont reconduit le président sortant Joseph Kabila pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de la République démocratique du Congo (RDC), dans un message publié par la télévision congolaise et dont le contenu a été confirmé par le cabinet de M. Di Rupo.

On redoute encore moins le schéma Ivoirien. Dans un renversement de rôles, le président s’auto-proclammé, M. Étienne Tshisekedi serait sous la peau de Laurent Gbagbo, qui ne jouissait naguère de l’onction occidentale; Joseph Kabila jouirait le rôle d’Allassane Ouatara, ” l’enfant bénit de l’occident”.

En fin de compte, l’une de ces deux forces politiques opposées dans l’équation Congolaise, devrait d’une manière ou d’une autre, se soustraire, s’écarter par la force ou bien par dessein.

Le dénouement de ce drame á la congolaise présentera une objectivité politique, une leçon au continent africain. Oui, on parlera désormais du schéma congolais: soit pour le mieux, encore moins, pour le pire.

Par Guylain Gustave Moke
Analyste Politique/Expert Aux Affaires Africaines
WordPress.com/AFP

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