Après avoir fait « le mort » pendant presque une année, le temps de se faire oublier comme auteur des cri- ries de guerre et crimes contre l’humanité éligible devant la CPI (Cour Pénale Internationale), le général Bosco Ntaganda vient de s’inviter dans le vrai-faux conflit entre le général Sultani Makenga et le Bishop Jean-Marie Runiga, respectivement chef militaire et chef politique du M23.
Selon les dernières nouvelles en provenance de Rutshuru, Runiga ne serait qu’un faire-valoir et que le vrai rival de Sultani Makenga dans la querelle de leadership au sein de la rébellion qui tient l’Est de la RDCongo en otage depuis avril 2012, serait le successeur de Laurent Nkunda.
Bosco Ntaganda, indique-t-on, serait resté le grand patron du M23 mais contraint d’agir dans l’ombre, afin de ne pas exposer ses poulains aux critiques de la communauté internationale. Mais, le fond du problème reste le même, à savoir les soupçons qui pèsent sur le général Sultani Makenga d’être tenté de faire le jeu de Kinshasa.
Les pro Runiga et Ntaganda verraient dans son attitude de souplesse un revirement de nature à compromettre tous les dividendes engrangés par le M23 comme interlocuteur du gouvernement de Kinshasa à Kampala et sur la scène internationale, c’est-à-dire comme une « rébellion légalisée », ayant pignon sur rue.
Dans l’entendement de Bosco Ntaganda, les pressions militaires sur Kinshasa devraient rester constantes, de manière à faire passer le plus de revendications possibles dans les négociations encore en cours à Kampala mais aussi dans des accords internationaux ou régionaux du genre de celui d’Addis-Abeba.
Il est bon de rappeler que les hommes de ce seigneur de guerre avaient décidé de reprendre les armes, en mars-avril 2012, dans le but de brouiller les pistes, afin de lui permettre d’échapper aux griffes de la CPI, Kinshasa donnant de plus en plus l’impression de vouloir le lâcher et de le livrer à la justice internationale.
A cause des divergences, vraies ou fausses, entre « frères ennemis » du M23, le sang a abondamment coulé le dernier week-end à Rutshuru. Présentement, la rébellion parait coupée en deux, avec d’une part les combattants fidèles â Sultani Makenga, qui conservent comme base arrière Bunagana, et d’autre part, ceux fidèles à Bosco Ntaganda, que continue de commander un de ses lieutenants, le colonel Baudouin Ngaruye, avec comme quartier général Rutshuru-Centre.
Bosco Ntaganda aurait-il reçu mission de jouer un nouveau rôle dans la crise congolaise ? On ne va pas tarder à le savoir. En tout cas, la brusque réapparition de son fantôme dans l’Est du pays ne pourrait être le fait du hasard.
Vers l’éclatement du M23 ?
D’aucuns pensent que tous les ingrédients ne sont pas réunis pour l’éclatement du M23. Tout au plus, l’on pourrait assister à de nouveaux affrontements meurtriers entre les protégés du régime de Kigali, pour distraire les Congolais et leur faire croire que la fin de la rébellion serait proche.
En effet, tout porte à croire que le Rwanda, le parrain de tous les chefs militaires et politiqués placés aux commandes de ce mouvement rebelle, entretient un agenda caché, lequel devrait lui permettre, le cas échéant, de relancer les hostilités à sa frontière avec la RDC, en s’appuyant sur une nouvelle rébellion pilotée par un neuve homme fort Le nouvel « élu » pourrait s’appeler Makenga, Runiga, Ngaruye, Lumbala ou autre… peut cela importerait, dès lors que le régime de Kigali serait en mesure de conserver son potentiel militaire dans la partie Est du territoire congolais et pourrait gérer, à sa guise, les suites de l’après Accord d’Addis-Abeba.
Qu’on ne perde pas de vue que le M23 s’est considérablement réarmé et que l’option militaire serait la réponse planifiée contre l’échec des pourparlers de Kampala ou même de l’Accord d’Addis-Abeba.
Que l’on oublie pas non plus que la RDC a pris l’engagement d’exécuter un cahier des charges qui n’est pas sans rappeler celui du M23 démocratisation, décentralisation, réconciliation nationale, tolérance, réformes de l’armée, de la police, des finances et des services de sécurité, aménagement du territoire, satisfaction des besoins sociaux de base, amélioration des infrastructures, etc.
Quid des FDLR ?
Il est bizarre qu’au moment où l’on parle des dissensions au sein du M23, les FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) se soient signalées sur la ligne de front, pour récupérer les territoires et localités abandonnés par les troupes du général Makenga.
La grande interrogation du moment est de savoir de quel bois sont sortis subitement les membres de cette force négative étrangère et pour le compte de qui ils ont décidé de les récupérer.
II y a beaucoup de flou dans ce qui passe à Bunagana et Rutshuru, où toutes les « forces négatives » semblent cohabiter pacifiquement en attendant le déploiement de la Force internationale neutre confirmée dans l’Accord-cadre et la réforme de l’armée, de la police et des services de sécurité de la RDC.
Kimp
Direct!cd

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