Cameroun: plainte contre un projet américain de culture de palmiers à huile
le
Deux ONG camerounaises ont annoncé jeudi dans un communiqué avoir
porté plainte aux Etats-Unis "pour corruption" contre la compagnie
américaine Herakles Farms qui mène un projet controversé de culture de
palmiers à huile au Cameroun.
"Le Centre pour l'environnement et le développement et le Réseau de
lutte contre la faim (Rélufa), ont saisi ce jour (jeudi) le gouvernement
américain" pour porter "plainte aux Etats-Unis contre (...) Herakles
Farms pour corruption", écrivent les deux ONG.
"Nous pensons que la compagnie américaine s'est rendue coupable d'une
violation de la directive de l'OCDE contre la corruption. C'est pour
cela que nous avons introduit une plainte aux Etats-Unis", a expliqué à
l'AFP Samuel Nguiffo, secrétaire général du CED.
En 2009, le gouvernement camerounais avait signé avec Herakles Farms
un accord de principe pour une concession de plus de 73.000 hectares
dans le sud-ouest pour la culture du palmier à huile.
Dans la "plainte" envoyée jeudi à la direction des affaires
financières et des entreprises du département d'Etat américain, le CED
et le Rélufa demandent "une enquête approfondie" sur des "allégations de
corruption (...) portées contre Herakles Farms".
Les deux ONG citent notamment un rapport du ministère camerounais des
Forêts fin avril dans lequel "il est écrit notamment que 'l'acquisition
des terrains (par la compagnie américaine) se fait par intimidation et
corruption des chefs traditionnels et de quelques membres influents de
la communauté'".
Elles mentionnent également un autre rapport accablant émanant de
Greenpeace International et Oakland Institute en mai affirmant que "des
employés d'Herakles Farms auraient pris part à des activités de
corruption (...) pour rallier un plus grand soutien en faveur du projet
au Cameroun".
Les ONG citent enfin le quotidien français Le Monde qui, dans son
édition du 23 mai, faisait état d'"un entretien" dans lequel "un haut
fonctionnaire du ministère camerounais du cadastre raconte également
comment des emplois pour ses proches lui ont été promis par Hamilton
James, alors directeur opérationnel de Herakles Farms au Cameroun".
"Ces allégations sont très graves et l'absence de réaction de la compagnie nous inquiète", a souligné M. Nguiffo.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire