Madagascar: si Mme Ravalomanana est élue, son mari retournera dans les affaires
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L'ancien président malgache Marc Ravalomanana se consacrera
uniquement au redressement de Tiko, son groupe agroalimentaire, si sa
femme Lalao est élue à la présidence, a indiqué cette dernière à
L'Express de Madagascar.
"Quand je serai présidente, ce sera son tour de diriger
l'entreprise", a déclaré Mme Ravalomanana, soulignant qu'"il est
impossible que des époux dirigent ensemble un pays".
"Il faut aussi reconnaître aux femmes leur valeur", dit-elle.
"Quand mon mari était président, il avait ses idées. Moi, en tant que
femme, j'ai les miennes. Et les femmes ont aussi des idées pour sauver
le pays. Sauver un pays, c'est comme gérer un ménage. Quand un ménage
est en difficulté, ce sont les femmes qui se préoccupent et s'occupent
davantage des enfants. Elles ont leur instinct maternel et la compassion
pour cela. Les femmes ont mal quand les enfants ne vont pas à l'école.
L'éducation est, je le rappelle, ce qui nous fera ressembler aux pays
développés", a-t-elle poursuivi.
"Moi, mon principal problème aujourd'hui, c'est la pauvreté des
Malgaches, mes compatriotes. L'insécurité, l'insécurité alimentaire dans
les ménages malgaches alors que notre pays est un pays agricole. Mon
problème, c'est notre progéniture qui ne va plus à l'école", a relevé
l'ex-première dame du pays.
C'est grâce au succès de Tiko que Marc Ravalomanana avait construit
sa fortune et lancé sa carrière politique. Autrefois l'une des plus
importantes et fructueuses entreprises de Madagascar, la plupart des
actifs ont été détruits et pillés par des émeutiers lors d'une
manifestation populaire en janvier 2009. Tiko doit en outre 61 millions
d'euros au fisc malgache.
Marc Ravalomanana, renversé en mars 2009 par l'actuel président de la
Transition Andry Rajoelina, vit toujours en exil en Afrique du sud. Il a
tenté à plusieurs reprises de revenir dans la Grande Ile, mais en vain.
L'élection de sa femme à la tête du pays faciliterait évidemment son
retour.
Après qu'il a promis de ne pas se présenter, son parti a désigné sa
femme --rentrée au pays en mars pour être au chevet de sa mère malade--
pour le représenter.
Mais cette candidature de Mme Ravalomanana, tout comme celle d'Andry
Rajoelina et de l'ancien président Didier Ratsiraka, est contestée par
la communauté internationale, qui menace de ne pas reconnaître le
résultat des élections.
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