samedi 13 juillet 2013

Sénégal : Ramadan oblige, les prostituées haussent leurs tarifs

08/07/2013



Alors que le pays s’achemine vers le mois béni du Ramadan qui débute ce mardi pour certains, les Dakarois se sont bousculés ce weekend dans les boites de nuit plongées dans un surnombre total, pendant ce temps d’autres se sont rabattus sur les prostituées, qui ont ainsi revu à la hausse le prix de la passe.

Dans la capitale sénégalaise, les veilles de Ramadan sont aussi ou plus palpitantes que les fêtes de réveillon. Chacun cherche à jouir au maximum de sa vie (bégué, en langue wolof) avant d’entrer dans 30 jours de privation et d’abstinence.

Les gérants de boite nuit et les travailleuses du sexe ne diront pas le contraire. Après un tour dans beaucoup de boites, nous sommes résolus de venir «tuer» la nuit à Ouakam.

«J’ai fait le tour des boites de nuit dont le Nirvana, le Madison, le Yengoulène,… mais je ne parviens pas à entrer. Tout est bouché. C’est hyper plein et ça déborde de partout», confie Mamadou, croisé par KOACI.COM à 03h10 du matin, devant la porte du «Bon coin», sis au quartier de Ouakam.

«Nous nous sommes rabattus ici, histoire de trouver où fumer un peu l’air. Partout où nous sommes passés, c’est invivable. On ne parvient pas à respirer. C’est collant», s’empresse de lancer sa copine, Maï, habillée «à la dernière ère avant ramadan».

«Même au Bon coin, ça pue. Nous sommes obligés d’arrêter la vente de billets. C’est excessif», rectifie Mor, l’un des videurs, sous le regard ahurissant d’une «meute de prostituées» à qui on a refusé l’accès.

Désolées, elles stoppent un taxi. Destination, Chez Iba, un bar chic situé au quartier Dieuppeul, bien connu et reconnu comme niche de la belle et fraiche chair.

A peine une vingtaine de minutées écoulées, nous nous sommes résolus de les poursuivre, histoire de constater comment les «chats sont gris là-bas». A l’arrivée, vers les coups de 05 heures, Abdou Lô a l’air désolé.

«Depuis 2 heures de temps, je suis là, guettant en vain une prost… Mais il est impossible d’en avoir. Malgré l’augmentation du prix passé de 5000 F CFA à 15.000 F CFA pour les célibataires et de 10.000 F CFA à 20.000 F CFA pour les hommes mariés, il fait faire interminablement la queue», déplore Abdou.

Quelques deux minutes s’écoulèrent, Gora libère sa «proie» et sort tranquillement de l’auberge d’à côté. Ouf de soulagement pour Abdou qui saute sur la fille.

«Je suis fatiguée. Je viens de finir avec mon Nième client pour 03 minutes de plaisir chacun. Je vais maintenant aller consommer à Chez Iba. J’ai envie de prendre une bière bien fraiche», dit Fatim, replongeant Abdou dans le désarroi.

Quelques minutes de conciliabules loin de nos oreilles, elle accède à la requête de M. Lô qui a dégainé 15.000 F CFA, sans compter le prix de la chambre de passe, fixé en ce moment à 10.000 F CFA.

Ndiack Faye

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