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Manifestation contre la grâce royale à Rabat, le 2 août 2013. REUTERS/Stringer
Après plusieurs jours de
manifestations dans le royaume, le roi Mohamed VI a annulé la grâce
accordée au pédophile espagnol Daniel Galvan.
Le roi du Maroc Mohammed VI a décidé d'annuler la grâce
accordée à Daniel Galvan, un pédophile espagnol multirécidiviste dont la
récente libération a entraîné un vaste mouvement d'indignation dans le
royaume, a annoncé dimanche soir le Palais royal dans un communiqué.
Le souverain a décidé de procéder à l'annulation de la grâce
précédemment accordée au dénommé Daniel Galvan Fina, indique le texte
publié par l'agence officielle MAP, évoquant une décision à caractère
exceptionnel motivée par la gravité des crimes commis et le respect du
droit des victimes.
Alors que, selon plusieurs médias, l'ancien détenu a
déjà quitté le Maroc, il est précisé que le ministre marocain de la
Justice, Mustapha Ramid, devra examiner avec son homologue espagnol les
suites à donner à l'annulation de cette grâce.
Galvan Vina, 63 ans,
avait été condamné en 2011 à trente ans de prison pour des viols de onze
mineurs.
Plusieurs milliers de personnes avaient exprimé leur colère devant le
Parlement de Rabat contre cette grâce royale, bravant la répression
policière. D'autres rassemblements ont eu lieu dans le nord (Tétouan,
Tanger), ou encore à Agadir (sud-ouest).
Enquête
Face à ce tollé, le roi du Maroc a ordonné, samedi soir, l'ouverture
d'une enquête approfondie (...) visant à déterminer, selon un communiqué
du Palais royal, «les responsabilités et les défaillances qui ont pu conduire à cette regrettable libération» et d' «identifier le ou les responsables de cette négligence.»
D'après le texte officiel, «le
roi Mohammed VI n'avait jamais été informé, de quelque manière que ce
soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels
l'intéressé a été condamné.»
«Il est évident que jamais le souverain n'aurait consenti» à ce que
ce prisonnier puisse être libéré, au regard de l'atrocité des crimes
monstrueux commis», était-il signalé.
Dimanche soir, et malgré cette première annonce, de nouvelles
manifestations de protestation étaient prévues à Meknès (centre) ainsi
qu'à Kenitra (nord-ouest), où le ressortissant espagnol purgeait sa
peine.
Les sit-in programmés depuis plusieurs jours à Casablanca et
Rabat, mardi et mercredi prochain, ont quant à eux été maintenus.
En Espagne, l'opposition socialiste a dénoncé un fait d'une extrême
gravité et exigé des explications de Madrid sur cette affaire.
Le
pédophile libéré faisait partie d'une liste de 48 prisonniers espagnols
graciés, d'après des médias officiels, au nom de l'excellence des
relations bilatérales entre le Maroc et l'Espagne, dans le sillage d'une
visite du roi Juan Carlos dans le royaume voisin.
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