jeudi 11 juillet 2013

RDC: l’opposition congolaise rejette le projet de concertation nationale initié par le président Kabila

11 July 2013


La plupart des partis politiques de l'opposition congolaise, réunis en conclave à Kinshasa, rejettent le projet de concertation nationale initié par le président Joseph Kabila en RDC.

Le président congolais souhaite réunir les différentes couches de la société congolaise pour rechercher des pistes de solutions aux maux qui rongent le pays et retrouver la cohésion nationale, mais ses adversaires disent non.

Pas de participation aux concertations nationales créées par le président Kabila. Les partis de l’opposition réunis depuis le week-end en conclave sont formels. Pour eux, le chef de l’Etat doit plutôt convoquer un dialogue inclusif au cours duquel tous les sujets en rapport avec la marche et l’avenir du pays doivent être abordés.

Les opposants soutiennent qu’aucun article de la Constitution ne devrait être amendé à ce stade. Pour plus de garanties dans les discussions, ils demandent que le président de la République du Congo/Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, joue le rôle de facilitateur du dialogue.

Le conclave de l’opposition congolaise souhaite qussi que la Monusco et Mme Mary Robinson, l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies dans les Grands Lacs, devront jouer les bons offices dans ce processus.

En outre, l’esprit de la résolution 20-98 du Conseil de sécurité et celui de l’accord-cadre d’Addis-Abeba devront ainsi être respectés.

Pour plus d’efficacité dans ces actions, l’opposition a également décidé de se doter d’un coordonnateur, en attendant la nomination du porte-parole officiel de l’opposition, fonction prévue par la Constitution.

Matshi
Le Potentiel

Génocide rwandais: deux anciens proches de Kagame prêts à témoigner

mardi 09 juillet 2013 

Deux anciens proches du président rwandais Paul Kagame réfugiés en Afrique du sud, dont l'un est réclamé par la justice française qui enquête sur l'attentat en 1994 contre l'avion de Juvenal Habyarimana, se disent prêts à témoigner devant les juges, dans deux entretiens à la radio RFI. 

© REUTERS

L'ancien chef d'état-major rwandais Faustin Kayumba Nyamwasa, qui accuse Paul Kagame d'être responsable de cet attentat, dit être "prêt à leur apporter (aux juges) toutes les preuves dont (il) dispose", dans l'entretien diffusé mardi par Radio France Internationale.

"A l'époque j'étais responsable des renseignements militaires (de la rébellion dirigée par Paul Kagame). C'est impossible que je ne sois pas au courant de qui a mené l'attaque et de ce qui s'est passé", dit-il.

Sur le rôle qu'il aurait joué dans cet attentat qui a déclenché le génocide contre les tutsi, le général rwandais refuse de s'expliquer, disant qu'il va "en parler avec le juge". "Etre accusé, ce n'est pas la même chose qu'être coupable. Je suis accusé mais pas coupable. J'ai la conscience tranquille", dit-il.

RFI a également diffusé un entretien avec l'ex-général Patrick Karegeya, ancien chef du renseignement extérieur du Rwanda, lui aussi réfugié en Afrique du sud, qui se dit aussi prêt à rencontrer les juges français.

"Ces juges ne sont jamais venus vers nous. S'ils le font, nous dirons ce que nous savons", dit-il. "Nous savons d'où les missiles (qui ont abattu l'avion du président Habyarimana) sont partis, qui les a acheminés, qui a tiré", affirme-t-il.

Faustin Kayumba Nyamwasa, qui s'est réfugié en Afrique du sud en février 2010 après avoir été accusé de corruption, est réclamé par la France et l'Espagne pour son rôle présumé dans le déclenchement du génocide au Rwanda.

L'ancien chef d'état-major rwandais fait partie des neuf proches de M. Kagame initialement visés par un mandat d'arrêt international émis en 2006 par l'ancien juge Jean-Louis Bruguière.

Six d'entre eux ont été mis en examen en décembre 2010 pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste" par le juge français Marc Trévidic qui a repris le dossier et qui a levé le mandat d'arrêt les concernant.

Faustin Kayumba Nyamwasa et Patrick Karegeya, ainsi que deux autres anciens dignitaires rwandais exilés et passés à l'opposition, ont été jugés par contumace par un tribunal militaire rwandais pour désertion, diffamation et menace à la sécurité d'Etat et condamnés à de lourdes peines de prison.
 
Source: Belga

RDC: Jean-Pierre Bemba libre en juin 2014 ?

July 11, 2013



Selon plusieurs sources recoupées proches du dossier du sénateur Bemba Gombo, le procès qui oppose le bureau du procureur, les représentants légaux des victimes à l’équipe de la défense devant les juges se clôturera l’année prochaine.

Les audiences de ce mois reprendront les 15, 16 et 17 pour une mise en état du dossier avant les vacances judiciaires qui auront lieu du 19 juillet au 8 aout 2013.

En ce moment là, l’équipe de la défense devra présenter ses derniers témoins, une dizaine dès le 19 Aout 2013 pour apporter des éclaircissements nécessaires aux juges.

Pour rappel, il ne reste que quelques témoins de la défense à comparaître, y compris M. Bemba lui même, dans ce procès qui a débuté au mois de novembre 2010.

Au début de la plaidoirie de la défense en août dernier, les avocats de la défense ont affirmé qu’ils avaient prévu d’appeler 63 personnes ayant une « connaissance concrète » de la période de cinq mois pendant laquelle les soldats de l’accusé avaient été déployés en République centrafricaine (RCA).

Jean-Pierre Bemba témoignera pour sa défense dans le procès qui se tient actuellement devant la Cour pénale internationale (CPI). L’ancien vice-président de la République démocratique du Congo devrait se présenter à la barre après les vacances judiciaires d’été de la Cour.

Il sera le dernier témoin de la défense à comparaitre et d’ores et déjà, son témoignage est perçu par les observateurs avisés du dossier, comme sensationnel et prometteur.

Au mois de septembre 2013, précisément le 19, l’équipe de la défense aura fini avec ses témoins pour céder le flambeau aux juges qui vont également appeler leurs propres témoins indépendants ou non du bureau du procureur, des représentants légaux des victimes ou de la défense pour contrebalancer les précédents témoignages.

Cet exercice s’étalera jusqu’en octobre 2013 pour permettre à la cour de trancher et prononcer ces délibérés au mieux en mars 2014 ou au pire en juin 2014.

CGh mbungani
Source: afriqueredaction

La réponse de Tshisekedi aux fils de Lumumba!

Au moment de l’assassinat de feu Patrice Emery Lumumba, M. Etienne Tshisekedi, encore étudiant à l’Université Lovanium, n’était que vice-ministre à la justice. M. Marcel Lihau était titulaire.


Comment pouvait-on associer l’adjoint à la prise d’une décision aussi grave et exclure le titulaire ?

La commission des assassinats de la Conférence Nationale souveraine avait été saisie de la même plainte. Elle avait entendu toutes les personnalités impliquées de près ou de loin.

Cette commission avait conclu à l’unanimité ceci : « Tshisekedi était trop gamin pour être associe à une décision aussi importante »

Les archives de la CNS ainsi que certaines personnalités entendues su PV encore en vie peuvent en témoigner.

Si à la CNS, l’objectif était de barrer la route a M. Etienne Tshisekedi, candidat premier ministre, aujourd’hui les mêmes ennemis infatigables tentent de lui barrer la route du Palais de la Nation.

Nos frères de l’Afrique de l’Ouest disent : « Le mensonge n’a pas de pied ».

Lire le communiqué de l’UDPS:

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Direct!cd

Dictateurs déchus : bienvenue dans les palais de Mobutu

A Gdabolite, le dictateur zaïrois avait fait bâtir barrage, piste pour le Concorde, centrale... Visite des vestiges d’un pouvoir fou.



Palais de Kinshasa (Gwenn Dubourthoumieu). 


(De Gbadolite, RDC) « Chaque dimanche, Mobutu priait à la chapelle Sainte-Marie-de-Miséricorde, où étaient enterrés sa première femme et ses trois enfants. Ensuite, il invitait tous les fidèles à manger au palais, environ 200 personnes.


Après le repas, il donnait de l’argent à chacun. Il faisait sortir des cartons de billets tout neufs, et chacun se servait. Je n’ai jamais vu un homme qui donnait autant d’argent que Mobutu !
C’était un grand homme d’Etat ! »

Attablé au motel Nzekele, à Gbadolite, au nord-ouest de l’actuelle République démocratique du Congo, Zoro Kenga, ancien maître d’hôtel du palais Kawele, se souvient avec nostalgie de ses années au service de l’ancien dictateur du Zaïre.

« Mobutu a doté Gbadolite de toutes les infrastructures »

Avec ses proches, avec les chefs d’Etat étrangers qui le soutenaient, comme avec les villageois de la région de son enfance, le président milliardaire savait se montrer très généreux. L’actuel maire de la ville, Achille Kwangbo :
« Gbadolite est la plus belle ville de l’Equateur [une province de RDC, ndlr]. Mobutu l’a dotée de toutes les infrastructures. »
Aujourd’hui encore, « la ville de Mobutu est naturellement mobutiste », conclut-il, confirmant qu’ici, le dictateur est resté le maréchal Mobutu Sesse Seko, « celui qui dure ».

En 1967, deux ans après son coup d’Etat, le chef de l’armée congolaise transforme les quelques hameaux près desquels il avait grandi. Au cœur de la brousse apparaissent soudain un barrage, une centrale hydroélectrique, un aéroport doté de la plus longue piste d’Afrique centrale et trois opulents palais.

« C’est vingt dollars pour les étrangers »

 

Quelque 14 ans après le départ du président zaïrois, rien ne subsiste de ses grandes réalisations. Rongés par le climat, dévastés par les pillages, envahis par la brousse, les infrastructures et les palais pharaoniques du Guide suprême ne présentent plus qu’un squelette dépouillé de tout son faste au visiteur.


Il n’en reste plus qu’un squelette (Gwenn Dubourthoumieu) 

Un villageois au surnom évocateur, Monsieur Mobutu, est néanmoins responsable du « site touristique » constitué par les vestiges des palais. Il déplie avec précaution un document froissé, jalousement conservé dans une protection de plastique, et indique les tarifs : « C’est 20 dollars pour les étrangers. »

Après une brève négociation, on remonte l’unique route encore partiellement goudronnée de la région au bord de laquelle se sont installées de nombreuses huttes.

A une quinzaine de kilomètres du centre-ville, sur les collines du Kawele, se dresse la résidence principale du « roi léopard », une vaste demeure en marbre de Carrare près d’être engloutie par son écrin tropical.

Trois lions de marbre blanc, dont l’un gît renversé au fond d’une fontaine, gardent l’entrée encadrée de somptueuses colonnes de marbre rose. Une fois à l’intérieur, on circule au milieu des débris – plâtre, verre cassé et morceaux de verre.

« Mobutu voleur ! A bas le pilleur ! »

 

En 1997, la rébellion de l’ancien lumumbiste Laurent Désiré Kabila, après d’infructueuses négociations sous l’égide de Nelson Mandela, prend le pouvoir. Le peuple, affamé par trente-deux ans de règne autocrate et de gestion prédatrice, crie vengeance, brûlant l’effigie du maréchal en scandant « Mobutu voleur ! A bas le pilleur ! » dans les rues de Kinshasa.

Comme chaque fois que son autorité vacille dans la capitale, Mobutu vient se réfugier à Gbadolite. Il tente de trouver du réconfort auprès des villageois qui bénéficient de ses largesses pour leur fidélité.

Le « roi léopard », malade, arpente les salles de sa tanière de Gbadolite « pour laisser faire le peuple ».

C’est en tout cas ce qu’il affirme devant la caméra de Thierry Michel, dans le documentaire « Mobutu, roi du Zaïre ». Acculé, il finit par fuir le pays pendant que certains de ses ministres sont lynchés.

Le même jour, les pillages des palais commencent, à Kinshasa, la capitale, et à Gbadolite. 

Rien de ce qui pouvait être emporté n’a résisté aux pillages. Mobilier de bois précieux, tapisseries et tableaux ont été transportés par les soldats de l’Alliance de forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Kabila et des armées ougandaises et rwandaises qui le soutenaient. Dallages et installations électriques ont été arrachés par le peuple pour être revendus.


L’intérieur en marbre et le plafond moulé (Gwenn Dubourthoumieu) 

L’escalier en colimaçon de style italien qui mène au bureau du maréchal a tenu le coup.

Dans la chambre à coucher, ouverte sur une vaste terrasse et une piscine aux multiples bassins, on distingue encore l’emplacement de la couche royale : une croix profonde taillée dans le marbre d’où un lit télécommandé s’élevait afin que le président jouisse de la vue.

Le palais Bambu, surnommé « Versailles de la jungle »

Sur une colline voisine se dresse le palais chinois, sans doute le plus insolite au milieu de cette brousse africaine : un ensemble de pagodes chinoises aux poutres ornées d’estampes, avec leurs jardins de nénuphars et leurs fontaines.

Mobutu, esthète et amateur d’art, incontestablement marqué par ses visites en Chine, avait fait construire cette demeure et celle du site présidentiel de Nsele près de Kinshasa, quasi identique, à l’aide d’ouvriers chinois.

Mais l’édifice le plus extravagant reste le palais officiel du maréchal président. Au milieu de 700 hectares de plantation luxuriante, le palais Bambu vaudra à Gbadolite le surnom de « Versailles de la jungle ». Les bâtiments aux vertigineuses hauteurs de plafond portent encore l’ossature sans pampilles de lustres monumentaux.

Zoro Kenga raconte :
« Le Maréchal Mobutu ne mangeait jamais seul : il était toujours accompagné d’au moins 100 personnes, parfois jusqu’à 1 000 !
On préparait 100 bouteilles de champagne, 50 bouteille de whisky, du vin et de la bière ; beaucoup de bouteilles ! Le Maréchal aimait le champagne Laurent-Perrier.
Quand il n’en avait pas de champagne, on mélangeait la Primus [la bière locale, ndlr] avec le Sprite : ça donnait le goût du champagne... A l’intendance, on ne nous contrôlait pas, on ne faisait que sortir les produits... »

A Gdabolite, tout s’est arrêté en 1997

Aujourd’hui, des militaires et leur famille ont installé makalas (réchauds au charbon de bois) et campements au milieu des anciennes salles de bal. L’Etat congolais ne s’est pas encore relevé des dettes accumulées au cours de cette période de gabegie financière.

Un chef militaire de Gbadolite, qui préfère taire son nom, confie que le salaire octroyé par l’Etat à ses hommes ne suffit pas :
« Ils touchent une solde de 35 000 francs congolais par mois [moins de 40 dollars, ndlr]. Ici, où la vie est très chère car tout est importé de Centrafrique, ça permet tout juste d’acheter un sac de farine ».
Près des anciens palais que les familles des militaires ont investi, les femmes font pousser du manioc et du maïs.


Jeux à l’abandon dans le palais de Kinshasa (Gwenn Dubourthoumieu). 

Au village, tout semble s’être aussi arrêté en 1997. Les immeubles qui étaient en cours de construction sont toujours flanqués de leurs échafaudages et de leurs grues. Ils servent désormais de salles de classe improvisées.

Beaucoup d’atouts pour les investisseurs

  Les locaux de l’usine Coca-Cola et l’immeuble de la Banque centrale du Zaïre, désertés, sont autant de vestiges de l’époque où le Centre de développement agricole et industriel (CDAI), la société du président, employait près de 6 000 personnes. Le maire de la ville :
« Je suis en contact avec le Conseil économique de Belgique et l’Agence wallone d’exportation et d’investissement à l’étranger afin de faire revivre les infrastructures économiques de Gbadolite : scierie, palmeraie, usine d’huile de palme, limonaderie, plantations de café, de caoutchouc, de cacao et plusieurs grandes fermes d’élevages.
Nous avons beaucoup d’atouts pour attirer des investisseurs étrangers, notamment une source d’électricité stable grâce au barrage de Mobayi Mbongo construit par Mobutu, et des terres très fertiles. »
En attendant, la polulation de Gbadolite, 150 000 habitants, est retournée à une agriculture de subsistance et les avions des casques bleus ont remplacé le Concorde que le maréchal avait l’habitude d’affréter pour ses déplacements vers Paris.

Caroline Six | Journaliste 

Le petit-fils Mandela, le roi des AbaThembu et le "zoulou" Zuma


le 10/07/2013 
 
De quoi Jacob Zuma se mêle-t-il ?

A la suite de Desmond Tutu, qui a appelé la famille Mandela à la raison, après sa macabre dispute de la semaine dernière sur l’emplacement des tombes des trois enfants morts de Mandela, le président sud-africain est intervenu, lui aussi. A ses risques et périls.

Il n’a pas seulement appelé le 5 juillet les Mandela à faire la paix « de manière amicale et le plus tôt possible ». Il a aussi pris parti pour le petit-fils de Nelson Mandela, le député Congrès national africain (ANC) Mandla Mandela, 39 ans, désormais au cœur d’une controverse sordide.

Une « piste de danse » sur les tombes

A la suite d’une plainte en justice du reste de sa famille, les tombes des trois enfants de Nelson Mandela, que Mandla Mandela avait fait déplacer en 2011, ont retrouvé le 4 juillet leur place initiale à Qunu, un village du Cap oriental où Mandela souhaite être inhumé.

Du coup, ses projets de construction d’un grand hôtel avec centre de conférences à Mvezo, le village natal de Nelson Mandela, paraissent compromis.

Furieux, Mandla Mandela a déballé le linge sale en public, le 4 juillet, traitant plusieurs membres de sa famille d’enfants illégitimes, quitte à s’attirer l’opprobre international et les foudres de ses aînés xhosas.

Le voilà menacé d’être démis de ses fonctions de chef traditionnel par Buyelekhaya Dalindyebo, 49 ans, roi des AbaThembu, le clan dont dépend la famille Mandela.


Buyelekhaya Dalindyebo, le 9 juillet 2013 à Pretoria (Ben Curtis/AP/SIPA)

Ce roi, comme les autres chefs traditionnels en Afrique du Sud, dispose d’un statut et d’un confortable salaire de fonctionnaire, et participe à la nomination des 23 membres de la Maison nationale des chefs traditionnels (NHTC), une instance qui conseille le pouvoir sur le droit coutumier, reconnu en Afrique du Sud.

Or, Dalindyebo accuse Mandla Mandela de vouloir faire des tombes de ses parents « une piste de danse ».

Zuma traité de « garçon zoulou insensé »

Dalindyebo, personnage truculent, est lui-même controversé : il avait demandé en 2009 au Parlement la sécession de sa tribu et de ses terres du reste de l’Afrique du Sud, à la suite d’une dispute avec Jacob Zuma.
Récemment, il a annoncé son intention de rejoindre l’opposition et a déclaré :
« Je cesserai de fumer de l’herbe le jour où Jacob Zuma cessera d’être corrompu. »
Jacob Zuma a manœuvré pour démettre ce roi fantasque. D’autant que Dalindyebo se bat en appel devant la justice, depuis 2005, contre une condamnation à quinze ans de prison pour meurtre, agression et incendie criminel.

Or, un sommet extraordinaire de chefs traditionnels, qui s’est tenu les 6 et 7 juillet dans la région natale de Nelson Mandela, en a décidé autrement. Le chef Dalindyebo a bien été maintenu dans ses fonctions, et les critiques ont fusé à l’encontre de Jacob Zuma.

Le Président a été traité de « dictateur », de « parasite » et de « garçon zoulou insensé ». L’après-Mandela, manifestement, a déjà commencé.

Sabine Cessou
journaliste

Rwanda : Paul KAGAME Chute et Fin !

11/07/2013

Un thriller réalisé par KAYUMBA et KAREGEYA



En exil en Afrique du Sud, deux anciens proches du président rwandais, Paul Kagame, ont décidé de délier leurs langues pour dénoncer tout le mal que ce dernier cause non seulement au Rwanda mais aussi à toute la région des Grands Lacs.

Patrick Karegeya, alors chef de service de renseignements extérieurs, et Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état major de l’Armée rwandaise, disent détenir les preuves de l’implication directe de l’homme fort de Kigali dans la déstabilisation de la région. Ils n’attendent plus que la justice se mette en branle pour déballer l’homme fort de Kigali.

Désormais, il est prouvé que le problème dans la région des Grands Lacs, c’est Kagame.

Le chercher ailleurs, reviendrait à se tromper de cible. Deux anciens proches du président rwandais en exil en Afrique du Sud, ont juré de rompre le silence face au drame de la région des Grands Lacs.

La position qu’ils ont occupée dans la hiérarchie du système de défense et de sécurité du Rwanda donne de bonnes raisons de prendre au sérieux leur déclaration. C’est au micro de Radio France internationale (RFI) qu’ils ont décidé de se défouler d’un mal qui les ronge depuis que Paul Kagamé les avait forcés à l’exil en les menaçant de mort.

Le premier, Faustin Kayumba Nyamwasa, a exercé comme chef d’Etat-major de l’armée rwandaise de 1994 à 2002. Le second, Patrick Karegeya, fut le chef de service de renseignements extérieurs du Rwanda avant son divorce avec l’homme fort de Kigali.

Leur témoignage est à la fois poignant et révélateur de grandes manœuvres du président rwandais pour régner en maître dans la région des Grands Lacs.

En effet, depuis le génocide de 1994, précédé par la mort de l’ex-président rwandais Habyarimana, Paul Kagame a toujours nourri, affirme Patrick Karegeya, d’avoir le contrôle de la partie Est de la RDC qui a hébergé les ex-militaires Interahamwe.

Lorsque RFI lui pose la question de savoir s’il y a eu de bonnes raisons de mener la première guerre du Congo, déclenchée en 1996 avec l’AFDL, Patrick Karegeya répond dans des termes clairs :

« Il y avait des raisons parfaitement légitimes de la mener. A cause de ce qui se passait de l’autre côté de la frontière, dans les camps, la réorganisation (Ndlr : des ex-FAR-Interahamwe) ; soit on réglait le problème, soit ils allaient s’occuper de nous.

Celle-là était légitime. Mobutu les soutenait ».

Quant à la deuxième guerre du Congo, menée en 1998 avec le RCD, Patrick Karegeya rappelle son opposition à cette initiative qui, selon lui, n’a résolu aucun problème. Le divorce est parti de là.

« En ce qui concerne la deuxième guerre, il nous suffisait de parler, nous n’avions pas nécessairement besoin de nous battre », révèle-t-il.

L’ancien chef des renseignements rwandais ne s’arrête pas là. Au contraire, il enfonce le clou.

Il rapporte que toutes les rebellions qui ont défilé dans l’Est de la RDC, depuis l’AFDL jusqu’à la toute récente, en l’occurrence le M23, ont été l’œuvre de Kagame.

Toutes ces créations tenaient, souligne-t-il, à un seul objectif : la déstabilisation des Grands Lacs pour avoir le contrôle de la partie Est de la RDC. « Et comme vous le voyez, nous n’avons obtenu aucun résultat.

Nous en sommes toujours au même point. RCD, CNDP, M23. Il y aura probablement aussi un M27… Ça n’aide pas le Congo. Ça n’aide pas le Rwanda. Ça n’apporte que des souffrances dans la région ».
Nkunda, Ntaganda, … : des créatures de Kigali

Ayant été choisi par des puissances politico-financières occidentales comme gendarme des Grands Lacs, Paul Kagame n’a pas tardé à entretenir un vaste réseau criminel dans la région. Avec comme prétexte apparent la présence des Interahamwe et autres FDLR.

Les guerres tribales de l’Ituri, les tensions récurrentes dans la province du Nord-Kivu, tout a été planifié par le nouveau régime de Kigali après la chute d’Habyarimana. Pendant ce temps, des discours ont été développés et des attitudes fabriquées pour justifier l’œuvre macabre de Paul Kagame.

Ce que rappellent les ex-acolytes du président rwandais c’est que Paul Kagame aura été au centre de tout, dictateur né et formé à l’école de la violence et de la manipulation.

Ntaganda, Nkunda et autres, affirme Karegeya, n’ont été que des marionnettes créées par l’homme fort de Kigali pour exécuter son plan machiavélique. Aussi a-t-il fait passer tous ces chefs de guerre de nationalité rwandaise pour des officiers congolais et ont travaillé sous le drapeau congolais.

Patrick Karegeya ne porte pas de gants quant à la vraie nationalité de Bosco Ntaganda :

« Oui, bien sûr qu’il est rwandais. Il était dans l’armée rwandaise, on l’a choisi, envoyé auprès de Lubanga et on l’a approvisionné en armes ».

Il estime que la personne la mieux placée pour répondre des crimes commis par Ntaganda dans l’Est est bel et bien le président Paul Kagame. « Donc, quand il (Ndlr : Ntaganda) cause tous ces problèmes, le coupable, ça ne devrait pas être Ntaganda, mais Kagame. Ntaganda a juste été déployé.

Donc, ces événements sont de la responsabilité de son commandant. (…) Parce que c’est lui qui l’a choisi au Rwanda et l’a envoyé dans l’Est du Congo. Alors pourquoi s’occuper des symptômes et pas de la maladie ? ».

Bien plus, Patrick Karegeya révèle que « la plupart de ceux qui ont dirigé la rébellion en RDC venaient du Rwanda de toute façon. Ntaganda n’est pas un cas particulier. Nkunda, Ntaganda, ils ont été formés au Rwanda, mais ne se sont pas battus là. Ils étaient déployés, c’est tout ».

Si les déclarations de Patrick Karegeya font tomber le voile sur la nette implication du régime de Kigali dans le drame qui ronge depuis plus d’une décennie la partie Est de la RDC, elles jettent cependant l’opprobre sur tout un pays et son peuple.

Comment en RDC des langues pouvaient se taire face à tout ce que Kagame fomentait comme plans dans l’Est de la RDC ?

Par naïveté, malheureusement, des Congolais de souche ont, depuis l’AFDL jusqu’à tout récemment avec le M23, accompagné Kagame dans son entreprise destructrice de l’Etat et de la nation congolaise. Ils ont aidé le conquistador new look à mettre à feu et à sang l’Est de la RDC.

Bilan : 8 millions de Congolais morts sans compter les pillages systématiques, les dégâts matériels et environnementaux inestimables.

Aujourd’hui que deux de ses proches témoignent, y a-t-il encore des raisons pour les Congolais et la communauté internationale de garder silence, un silence qui serait coupable ? D’autant que les dénonciateurs réclament d’être entendus par un tribunal.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union européenne, notamment ont du pain sur la planche.

Ils ont là l’occasion de montrer leur amitié envers la RDC et le peuple congolais en se saisissant d’office de ces « allégations » pour que justice soit faite.

Surtout que dans l’opinion congolaise, il est retenu qu’ils avaient volontairement fermé les yeux sur les crimes que ne cesse de commettre Paul Kagame dans l’Est de la RDC.



INTERVIEW DE FAUSTIN KAYUMBA NYAMWASA

L'ancien chef d’état-major rwandais Kayumba Nyamwasa réitère ses accusations envers Paul Kagame. Il se dit prêt à répondre aux questions de la justice française sur l’attentat contre l’avion de l’ancien président Juvénal Habyarimana. Il avait été inculpé dans le cadre de cette affaire par la justice française en 2006, suite au rapport du juge Jean-Louis Brugière.

Le général Kayumba vit aujourd’hui en exil en Afrique du Sud. Il avait fui le pays en février 2010 et il est accusé par les autorités rwandaises d’être responsable d’attaques à la grenade à Kigali à quelques mois de l’élection présidentielle.

En juin 2010, il avait échappé à une tentative d’assassinat. Et lors d’une des audiences dans le procès des présumés responsables de cette tentative d’assassinat, il avait accusé le président Paul Kagame d’être responsable de l’attentat contre l’avion de l’ancien président rwandais en avril 1994.

RFI: Général Kayumba Nyamwasa, vous avez accusé le président Kagame d’être responsable de l’attaque qui a coûté la vie à Juvénal Habyarimana. De quel type de preuves disposez-vous ?


Kayumba Nyamwasa : J’étais en position de savoir qui est responsable de l’attaque. Je ne me cache pas. Le rapport sur l’attentat (ndlr : le rapport Bruguière) a été publié quand j’étais en Inde. Je n’ai pas fui et suis resté à mon poste.

Et les Français, s’ils le souhaitaient, auraient pu venir me parler. Et même maintenant, je suis toujours prêt à leur parler. Ce que je sais sera une affaire entre la justice et moi. Je suis prêt à leur apporter toutes les preuves dont je dispose.

A l’époque, j’étais responsable des renseignements militaires. C’est impossible que je ne sois pas au courant de qui a mené l’attaque et de ce qui s’est passé.

Mais étiez-vous vous-même impliqué dans cette attaque ?

Cela, je vais en parler avec le juge. Mais quand j’ai dit ce que j’ai dit, c’est simplement parce que je savais qu’un jour, j’aurai la possibilité de dire toute la vérité.

Donc vous êtes prêt à témoigner en France, par exemple ?

Sans aucun doute, évidemment, oui. Je serai amené à le faire un jour.

Même si vous êtes accusé d’y avoir participé ? Vous irez répondre à ces accusations ?


Être accusé, ce n’est pas la même chose que d’être coupable. Je suis accusé, mais pas coupable. J’ai la conscience tranquille.

En 2008, un juge espagnol a lancé des mandats d’arrêt contre quarante officiers supérieurs rwandais pour des crimes commis après 1994 et en particulier pour l’assassinat de religieux et de travailleurs humanitaires qui travaillaient au Rwanda à l’époque. Et vous en faites partie. Etes-vous prêt à répondre également de ses accusations ?


Oui, bien sûr. Mais d’abord, vous devrez lire le rapport du juge espagnol. Si vous regardez la liste de ses officiers, Kagame ne fait pas partie des quarante, mais son nom est cité dans le rapport. Il est simplement protégé par son immunité.

Ce que je peux vous dire sur cette liste, c’est que la majorité d’entre eux ne sont pas coupables. Et je pense que quand le régime de Kagame ne sera plus en place, toute la vérité sera dite. Mais en ce qui me concerne, oui, je suis prêt à rencontrer le juge espagnol. Je lui donnerais les preuves dont je dispose et je laverai mon nom.

Vous et le président Kagame, vous avez lutté côte à côte, vous avez été proches, quand est-ce que vos relations ont commencé à devenir difficiles ?

Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain, ça a pris peut-être cinq ou six ans. Parce que j’ai peu à peu réalisé que tout ce pourquoi nous nous étions battus était en train d’être détourné. Au lieu de construire une démocratie, de travailler à la réconciliation, nous n’étions en train de travailler que pour le bénéfice d’un seul.

Et je lui en ai un peu parlé, lui ai fait part de mon mécontentement. Et je n’étais pas le seul. Certains de mes collègues ont fait pareil. Mais ça n’a jamais marché. Ces remarques étaient perçues comme une remise en cause du régime. On a fini par être considérés comme des rebelles, des ennemis du pays. On a été traité de tous les noms. C’est la raison pour laquelle je vis en exil aujourd'hui.

Est-ce qu’à un moment, au sein du Front patriotique rwandais (FPR), la prise de décision était collégiale ou est-ce qu’elle a toujours été le fait d’un seul ?

A l’origine, pendant la lutte, nous parlions ouvertement. On pouvait être d’accord, pas d’accord. Pas seulement d’ailleurs le président Kagame et moi. Nous avions un comité exécutif au FPR. J’ai été membre de ce comité, j’étais aussi membre du haut commandant et puis j’ai fini par devenir chef d’état-major.

Je peux vous dire comment ça se passait parce que j’ai participé à presque toutes les réunions. Mais dans les années 1998, 1999 ou même 2000, tout a changé. Il n’était plus permis de discuter les décisions. Ne pas être d’accord revenait à faire dissension. Ce qui s’est passé, ce que ce qui était une organisation est devenu un one-man show. Et je me suis dit que je n’étais plus à ma place.

Donc quand vous avez été nommé ambassadeur en Inde en 2004, ce n’était pas le début de vos ennuis avec le président Kagame ?


Non c’était plutôt l’un des pics de tension. Parce que quand j’ai été envoyé en Inde, notre relation de travail s’était complètement dégradée. Depuis 2000, j’ai fait savoir que j’étais mécontent de la situation et particulièrement concernant la mise à l’écart du président Pasteur Bizimungu et puis finalement son emprisonnement.

Donc quand ils m’ont envoyé en Inde, c’est simplement parce que le président Kagame voulait me mettre hors jeu, peut-être qu’il ne supportait même plus de me voir. Je me suis dit que c’était un mal pour un bien. J’ai pris ces cinq années en Inde comme un moyen de disparaître de sa vue et même peut-être de lui sortir de la tête.

Mais il y avait beaucoup de personnes envoyées en prison à l’époque. Pourquoi avoir choisi de plaider la cause de Pasteur Bizimungu auprès du président Kagame ?


Pasteur Bizimungu n’a jamais commis aucun crime. Il était en désaccord avec Kagame. Il a été forcé de démissionner. Il a essayé de créer un parti politique d’opposition, ce n’est pas un crime, ça. Je pensais que Pasteur Bizimungu devrait avoir le droit de créer son parti, de devenir le ténor de l’opposition et que s’il gagnait l’élection et bien, qu’il en soit ainsi.

Mais vu le contexte de l’époque, il n’avait aucune chance de gagner l’élection, donc il n’y avait aucune raison pour eux de le jeter en prison. Mais ils ont monté un dossier contre lui avec des accusations fantasques : avoir créé une milice, avoir l’idéologie génocidaire, des choses comme ça. Mais moi, je savais que tout ça avait été monté de toutes pièces. Et je m’y suis opposé.

Ce n’est pas parce que quelqu’un crée un parti politique, qu’il n’est pas d’accord avec nous, qu’il faut le jeter en prison. Ce n’est pas la bonne manière de faire. Nous nous sommes battus pour ramener la liberté dans le pays, la liberté d’expression, la liberté de réunion et si Bizimungu voulait exercer cette liberté, pourquoi l’emprisonner ?

Alors pourquoi ne pas avoir protesté publiquement ?

Vous savez, j’étais membre de ce gouvernement et j’étais dans l’armée. Je ne vois pas vraiment comment j’aurais pu manifester ouvertement mon mécontentement. Je pense que la loi et les réglementations voulaient que ces choses soient discutées à huis clos avec les autorités et c’est ce que j’ai fait.

Pourquoi avez-vous quitté le Rwanda en février 2010 ?


J’ai quitté le Rwanda parce que la situation a empiré. J’ai reçu des informations indiquant que ma sécurité était menacée. Je savais que par le passé, il y avait eu des tentatives de m’éliminer. Ceux qui avaient été mandatés pour le faire avaient refusé. En 2010, on m’a convoqué pour une réunion d’explication.

L’objectif était de m’accuser de plusieurs choses concernant mon comportement. On m’a demandé de présenter mes excuses à Paul Kagame. J’ai répondu que je n’avais commis aucun crime. Que tout ce dont on m’accusait était faux. Et j’ai refusé de le faire.

Beaucoup de gens l’ont fait par le passé et le font encore aujourd’hui au Rwanda, que ce soit dans le cas de mon ami, le général Karenzi, qui a été mis en prison pour une affaire qui n’a jamais été jugée. On lui a demandé de présenter ses excuses. D’après ce que j’ai compris, il a écrit une lettre. Je peux aussi vous citer aussi le cas du général Muhire.

Lui aussi a fait de la prison, n’est jamais passé devant la justice et a dû écrire une lettre pour demander pardon. Je pourrais vous en citer plein d’autres. Pour moi, c’était inconcevable de demander pardon pour un crime que je n’avais pas commis.

Et je savais aussi que le président Kagame voulait que j’écrive cette lettre pour pouvoir m’incriminer par la suite. Qu’il allait l’utiliser au sein du FPR, peut-être la transmettre à des diplomates et même peut-être la rendre publique. Ces lettres sont utilisées pour prendre les gens en otage. Et je ne voulais pas devenir l’otage du régime.

En février 2010, il y a eu des attaques à la grenade sur le sol rwandais. Et vous avez été accusé par Kigali d’être responsable de ces attaques…


Si j’avais été mêlé à ces attaques, j’aurais été arrêté à Kigali. Mais je n’ai été accusé que plus tard, quand j’étais déjà ici en Afrique du Sud. C’est bien la preuve que je ne suis pas impliqué. Et puis les gens qui ont été arrêtés au Rwanda pour avoir lancé ces grenades ne m’ont jamais accusé.

Je n’aurais pas transporté des grenades depuis l’Inde pour les lancer à Kigali. C’est un mensonge. Et Kagame le sait.

En fait, il y a des informations qui circulent comme quoi ce sont les services de renseignement militaires qui ont lancé des grenades à cette époque-là, avec l’intention d’arrêter Victoire Ingabire en l’accusant elle de les avoir lancés. Mais quand je suis parti, ils ont préféré m’accuser moi.

Donc vous êtes parti en exil. Vous êtes arrivé ici en Afrique du Sud. Et en juin 2010, on a attenté à votre vie. Connaissez-vous les responsables ?

Je n’ai aucun doute sur celui qui est derrière cette attaque. C’est le président Kagame, parce que, avant même qu’il ne le fasse, il l’a dit au Parlement. S’il doit utiliser un marteau pour tuer une mouche, il va le faire.

Et il faisait référence à Patrick Karegeya (ndrl : ancien chef des renseignements extérieurs aujourd’hui en exil en Afrique du Sud) et moi. Il a dit ça en mai, et en juin, on m’a tiré dessus.

Quand il s’est rendu en Ouganda par la suite, il a dit ouvertement que je méritais ce qui m'était arrivé. Cette affaire est devant la justice. Je ne veux pas spéculer. Mais toutes les preuves qui ont été présentées à la cour indiquent que ces gens ont été mandatés par d’autres pour me tuer.

Et ceux qui ont attenté à ma vie n’ont jamais eu de travail ici et pourtant ils ont les meilleurs avocats du pays. Qui paie la note ? Voilà, c’est mon point de vue et il est partagé par beaucoup de monde. Le président Kagamé ne l’a d’ailleurs jamais démenti.

Beaucoup disent : ces gens-là parlent parce qu’ils sont en exil, mais quand ils faisaient partie du gouvernement, ils ne critiquaient pas le président Kagame.


Vous pouvez tolérer certaines choses parce que vous espérez un changement. Mais maintenant, au Rwanda, il n’y aura pas de changement. Il n’y a plus d’espace pour ça. Cette dictature ne s’est pas développée en un jour. Cela a pris deux décennies.

Il est temps que l’on parle pour qu’on puisse y mettre un terme. Parce que sinon, il y aura de nouvelles violences pour changer le régime. C’est pourquoi nous utilisons des moyens pacifiques, et je dis bien pacifiques, pour mobiliser les gens et pour les appeler à résister à la dictature pacifiquement.

Donc vous n’êtes pas en train de comploter pour renverser le régime du président Kagame ?


Non, nous ne faisons que mobiliser les gens pour qu’ils rejettent cette dictature, qu’ils résistent. C’est pour cela que nous parlons ouvertement, que je parle avec vous aujourd’hui.

Pendant la guerre, pourquoi ne pas avoir essayé de prendre Kigali, pourquoi avoir tourné autour ?

C’était un choix stratégique et tactique. Quand vous affrontez un ennemi, vous devez regarder ses points faibles pour remporter la victoire sans avoir trop de casse et sans épuiser vos ressources.

Et à cette époque, encercler Kigali était le meilleur moyen de démoraliser l’ennemi, de couper ses lignes de ravitaillement, Parce que les troupes gouvernementales étaient mieux armées que nous. Si on les avait attaquées frontalement, on aurait eu plus de pertes.

Donc ce n’était pas pour une question de communication ? Laisser le génocide se dérouler à Kigali où il y avait des caméras de télévision, ça ne faisait pas partie de votre plan ?


Le génocide a eu lieu partout. Pas seulement à Kigali. Et il y a eu apparemment plus de victimes dans les villages que dans les villes. Dans les villes, certains ont pu se réfugier auprès de l’ONU. Même si l’ONU en a abandonné certains. Certains ont pu se cacher dans les hôtels. D’autres ont ralliés les positions des unités du FPR. Mais dans les villages, les gens étaient sans défense.

[Interview - Sonia Rolley, RFI]

L’INTERVIEW DE PATRICK KAREGEYA

Ancien chef des services de renseignement extérieur du Rwanda, Patrick Karegeya a fui le pays en 2007 et vit aujourd’hui en exil en Afrique du Sud. Comme le général Faustin Kayumba Nyamwasa, il accuse le président Kagame d’être responsable de l’attentat qui en avril 1994 a coûté la vie à Juvénal Kabyarimana.

Tous deux se disent prêts à rencontrer le juge français en charge de l’enquête, Marc Trévidic.

Depuis quand connaissez-vous le président Kagame ?

Cela fait très longtemps. On était ensemble à l’école. Il devait être deux classes au-dessus de moi. Donc cela fait plus de trente ans.

Et vous avez travaillé ensemble dans l’armée ougandaise…


Oui, nous avons travaillé dans le même département, celui des renseignements militaires.

Quand avez-vous décidé de prendre les armes ?

Je crois que tout a commencé en 1987. Fred Rwigyema était toujours vivant et il y avait aussi d’autres officiers plus âgés que nous. Ils organisaient les réunions, décidaient qui parmi les officiers devaient y participer. Donc oui, nous participions aux réunions, puis nous retournions sur le terrain pour voir ce qui se passait. Et nous leur faisions notre rapport.

Quand est-ce que le président Kagame a pris le contrôle des opérations ? Et pourquoi lui ?

Pourquoi lui ? Parce que tous ceux qui étaient au-dessus de lui sont morts. Donc ça lui revenait de commander. Quand tout a commencé, il n’était pas là.

Mais quand il est revenu, Fred est mort et les autres aussi, donc c’est lui qui a pris le commandement parce qu’il était en tête de liste. On a tous pensé qu’il était souhaitable qu’il prenne la tête des opérations et c’est ce qu’il a fait.

Donc il n’y avait aucune contestation à l’époque ?

Non, aucune. Ce serait compliqué pour des militaires de contester ce type de décision, ce n’est pas comme en politique. Et n’oubliez pas que nous étions en guerre, il n’y avait pas de place pour la politique ou des considérations démocratiques. Et puis ce n’est pas comme s’il prenait la tête du mouvement. Il y avait le Front patriotique rwandais et l’Armée patriotique rwandaise.

Il a pris le contrôle de l’APR et du reste plus tard. Mais ça, ça s’est fait petit à petit, au fil des années, pendant la rébellion. Puis on a pris le pouvoir. Et ce n’est qu’en 1998 qu’il a pris la tête du FPR. Il a réussi à se défaire de tout le monde et même de son patron de l’époque, Bizimungu, qui était président.

Et on doit tous plaider coupable parce que ça s’est passé sous nos yeux. Mais comme on était en guerre, personne n’a eu le courage de dire quoi que ce soit ou de convoquer une réunion pour ça. Donc les civils ont été pratiquement tous éjectés du mouvement. C’est devenu une institution militaire qui n’a conservé du FPR que le nom.

Mais on a toujours l’impression qu’il était en charge de tout, même à l’époque où Pasteur Bizimungu était président. Est-ce que tout ça n’était pas du décorum ?

Non, pas exactement. Il était à la tête de l’armée et tout dépendait de l’armée. Evidemment, tous ceux qui venaient avec un problème politique, ils étaient accusés d’abord de mettre en péril les efforts de guerre, puis de ne pas être suffisamment patriotes.

Et très peu de gens finalement avait le courage de dire « il y a l’action militaire et il y a la politique ». Donc il a véritablement pris le contrôle de tout sans que personne n’ose dire quoi que ce soit ou même n’ose contredire ce qu’il disait. Il est devenu l’homme fort comme on dit.

Pourquoi ne contestiez-vous pas ces décisions ? Est-ce que vous ne considériez pas qu’il était le meilleur pour faire ce travail ?

Meilleur ou non, il était déjà en place. Donc on se contentait d’essayer d’arranger les choses, de le convaincre de ne pas faire certaines des choses terribles qu’il avait en tête. C’est pour ça qu’on a fait partie des dégâts collatéraux.

On a essayé de lui dire que ce n’était pas bien, que ce n’était pas la bonne manière de faire les choses. Mais parce qu’il avait tous les pouvoirs, il a commencé à voir toutes les critiques ou même simplement les suggestions comme une remise en cause personnelle.

C’est devenu évident qu’à un moment, il n’y avait plus de différence entre lui et l’Etat. Comme vous dites en France : « l’Etat, c’est moi ». Et maintenant qu’il a tous les pouvoirs, il se comporte en monarque absolu. Et personne ne peut contester ses décisions.

Vous accusez aujourd’hui le président Kagame d’être derrière l’attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana. Avez-vous des preuves de son implication ?

Si nous n’en avions pas, nous ne dirions pas ça. Evidemment, nous en avons. Nous ne spéculons pas. Nous ne sommes pas comme ceux qui essaient d’enquêter, qui disent que le missile venait de Kanombé (ndlr : camp militaire des FAR, l’armée rwandais de l’époque).

Nous savons d’où les missiles sont partis, qui les a acheminés, qui a tiré. Nous ne spéculons pas. On parle de quelque chose que l’on connait.

Mais pourquoi ne le rendez-vous pas public ? Pourquoi les garder pour vous ?


Nous ne les gardons pas pour nous. Il n’y a pas eu d’enquête digne de ce nom. On ne veut pas livrer tout cela aux médias. Souvenez-vous que tout ceci aura des conséquences pour des gens. Les gens qui ont perdu leurs vies avaient une famille, des amis.

Si je vous le dis, évidemment, vous allez le publier et ça ne va pas aider les victimes. Donc, on s’est toujours dit que ça devait se faire dans le cadre d’une enquête judiciaire, qu’on puisse dire dans ce cadre-là ce que l’on sait.

Le juge Trévidic ne vous a jamais contacté ?


Non, ces juges ne sont jamais venus vers nous. S’ils le font, nous le dirons ce que nous savons. Mais on ne peut pas leur forcer la main. S’ils souhaitent nous entendre, ils viendront. Et puis n’oubliez pas que ce sont des Français et que les victimes sont rwandaises.

Donc on estime aussi que ce serait mieux si des Rwandais faisaient aussi ce travail… Mais ça, évidemment, ça ne pourra se faire qu’après le départ de Kagame. Nous n’espérons pas qu’il y ait une enquête judiciaire rwandaise pour le moment. Les Français ont pris la liberté de le faire, mais aucun d’eux n’est venu nous voir.

Est-ce que vous êtes impliqué dans cette attaque ?

Non, mais ça ne veut pas dire que je ne sais pas ce qui s’est passé.

Et vous n’occupiez pas un poste qui vous permettait d’empêcher cet attentat ?


L’empêcher ? Non, je ne m’y serais pas opposé. Il l’a décidé. Et je n’aurais jamais pu dire : ne le faites pas. Il était sûr de sa décision. Mais savoir, ça, oui, on sait.

Mais pourquoi abattre cet avion ?


Il croit que tous les opposants doivent mourir… Et à cette époque, parce que c’était Habyarimana, c’était un moyen de prendre le pouvoir. Habyarimana venait de signer un accord de partage du pouvoir, même s’il essayait de gagner du temps, ce n’était pas une raison pour le tuer.

Il fallait suivre le processus et s’assurer qu’il aille jusqu’au bout. Beaucoup de gens disaient qu’il essayait de gagner du temps, je ne cherche pas à le défendre. Mais même s’il a commis des erreurs, il ne méritait pas de mourir.

Vous avez été chef des renseignements extérieurs pendant dix ans et, en 2004, vous avez été démis de vos fonctions. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?

C’est le résultat d’une série de désaccords avec le président Kagame sur sa lecture du pays en termes de gouvernance, de droits de l’homme, à propos également de la situation au Congo… Ça a duré assez longtemps.

A un moment, j’ai réalisé qu’on n’allait nulle part. Je lui ai demandé de me laisser faire ma vie, il a refusé. Trois ans après, il a fini par me jeter en prison. Pas une, mais deux fois. Donc il s’agissait de désaccords politiques, rien de personnel.

Rien de personnel ? Mais vous étiez amis…

Bien sûr que nous étions amis, mais je faisais partie du gouvernement. Je n’étais pas là pour l’encenser. En tant que chef des renseignements, je pense que ce que je pouvais faire de mieux, c’était de lui dire la vérité, que la vérité soit amère ou non. Mais le fait qu’il ne puisse pas l’accepter et qu’il le retienne contre moi, je crois que ce qui se passe aujourd’hui me donne raison.

Quelles abominables vérités lui disiez-vous par exemple ?

Les habituelles, je lui disais que ce que nous faisions n’était pas bien en terme de justice, de démocratie, de liberté de la presse. Il y avait la seconde guerre du Congo. On a parlé de tout ça et on ne tombait jamais d’accord. Mais parce que ça n’avait pas lieu en public, personne ne réalisait qu’il y avait une sorte de guerre froide entre lui et moi.

Donc il y a eu pendant des années des dissensions au sein du Front Patriotique Rwandais ?


Oui, mais cela se passait entre les militaires. Les civils n’en savaient rien. Et il n’y avait pas que moi. D’autres aussi étaient mécontents. Certains en ont fait les frais. D’autres ont décidé de se taire pour toujours. C’est une question de choix.

Si vous en parliez publiquement, ils vous pendaient haut et court. Certains sont morts, d’autres ont été jetés en prison, d’autres comme nous se sont retrouvés en exil. Et ça va continuer tant qu’il reste sur cette ligne.

Vous disiez que vous vous êtes opposés à la seconde guerre du Congo. Donc vous étiez favorable à la première ?

Oui, définitivement. Il y avait des raisons parfaitement légitimes de la mener. A cause de ce qui se passait de l’autre côté de la frontière, dans les camps, la réorganisation (ndlr : des ex-FAR-Interahamwe), soit on réglait le problème, soit ils allaient s’occuper de nous. Celle-là était légitime. Mobutu les soutenait.

En ce qui concerne la deuxième guerre, il nous suffisait de parler, nous n’avions pas nécessairement besoin de nous battre. Et comme vous le voyez, nous n’avons obtenu aucun résultat.

Nous en sommes toujours au même point. RCD, CNDP, M23. Il y aura probablement aussi un M27… Ca n’aide pas le Congo. Ca n’aide pas le Rwanda. Ca n’apporte que des souffrances dans la région.

Bosco Ntaganda qui était l’un des chefs du CNDP est devant la Cour pénale internationale. Est-ce que vous allez témoigner devant la cour ?


Je ne sais pas pourquoi je devrais le faire. Mais si la cour estime qu’elle peut apprendre quelque chose de moi, je coopérerai avec elle. Mais je crois que la CPI ne juge pas la bonne personne. Elle devrait traduire en justice Kagame et pas Ntaganda.

Pourquoi ?

Parce que c’est lui qui l’a choisi au Rwanda et l’a envoyé dans l’est du Congo. Alors pourquoi s’occuper des symptômes et pas de la maladie ?

Donc vous affirmez que Bosco Ntaganda est rwandais et pas congolais ?

Oui, bien sûr qu’il est rwandais. Il était dans l’armée rwandaise, on l’a choisi, envoyé auprès de Lubanga et on l’a approvisionné en armes. Donc quand il cause tous ces problèmes, le coupable, ça ne devrait pas être Ntaganda, mais Kagame. Ntaganda a juste été déployé. Donc ces événements sont de la responsabilité de son commandant.

De quel corps d’armée était-il issue ? Où était-il basé ?


Ce n’est pas comme si on en avait plusieurs. Il était des forces de défense rwandaise. Il était sous-officier. La plupart de ceux qui ont dirigé la rébellion venaient du Rwanda de toute façon. Ntaganda n’est pas un cas particulier. Nkunda, Ntaganda, ils ont été formés au Rwanda, mais ne se sont pas battus là. C’est pourquoi je dis qu’ils ne s’occupent pas des bonnes personnes. Ils étaient déployés, c’est tout

Bosco Ntaganda s’est enfui au Rwanda et a trouvé refuge à l’ambassade des Etats-Unis. Est-ce que c’était avec l’aide du gouvernement rwandais ?

Non, il voulait sauver sa peau. S’il s’était rendu au gouvernement rwandais, ça aurait été une toute autre histoire. Je ne pense pas qu’ils l’auraient remis à la Cour pénale internationale.

Pourquoi avez-vous fui le pays en 2007 ?


J’avais déjà testé la prison deux fois. Et j’ai été maintenu à l’isolement. Deux fois en deux ans. Quand je suis sorti, j’ai été amené au ministère de la Défense, j’ai été malmené par des officiers, or certains sont en prison aujourd’hui, d’autres ont des problèmes. Mais bon, le fait important, c’est qu’ils m’ont dit que Kagame allait s’occuper de moi définitivement. Ça en inquiétait tout de même certains.

Ils m’ont dit que si je tenais à la vie, il fallait que je parte. Je n’avais pas de raison d’en douter. Donc je suis parti. Et en fait, c’était bien vrai. C’est qu’il a essayé de faire ici. C’est pour ça qu’on a tiré sur mon collègue (ndlr : le général Faustin Kayumba Nyamwasa). J’ai eu de la chance de m’en sortir sans aucune égratignure.

[Interview - Sonia Rolley, RFI]
© KongoTimes

RDC : « Joseph KABILA » n’est plus considéré comme Chef de l’Etat

11/07/2013


Joseph KABILA - President sortant de la RDC.

Joseph Kabila brille par l'absentéisme aux grands sommets mondiaux qui parlent de la République Démocratique du Congo. Ceci n'est un secret pour personne.

On ne compte plus ses absences dans les grandes rencontres des Nations-Unies, sommets sur l'écologie, climat et forêt...

La voix du Congo dans le monde est étouffée par les absences répétées. Joseph Kabila sera aussi absent à l’investiture de l’oncle Phillipe II de Belgique, également au sommet Hollande-Afrique en décembre 2013.

C’est LEON LOBICH KENGO WA DONDO, qui conduira la forte délégation Congolaise au sommet Hollande-Afrique dans 7 mois. Malgré ses tentatives des dribles, saupoudrages…

J. Kabila n’est plus considéré comme Chef de l’Etat, la communauté internationale attend la remise – reprise au prochain dialogue sous les hospices de Mary Robinson et Martin Kobler.

Les langues commencent à se délier après les absences répétées de J. Kabila aux différentes rencontres des Chefs d’Etat.

Pour certains J. Kabila n’est plus considéré sur le plan international comme Chef de l’Etat de la République Démocratique du Congo depuis le dernier sommet d’Addis-Abeba le 25 mai 2013.

Joseph Kabila sera aussi absent à l’investiture de l’oncle Phillipe II de Belgique, également au sommet Hollande-Afrique en décembre 2013.

Cas de Joseph Kabila : Quand la communauté internationale sanctionne....

Le cas du président congolais Joseph Kabila est un exemple malheureux d’une haute personnalité sanctionnée par la communauté internationale.

En effet, pas plus tard qu’au mois de juin, alors que Joseph Kabila se préparait à se rendre à Maputo, il a reçu de cette dernière un télégramme lui signifiant de ne pas aller au sommet de la SADC prévu dans la capitale mozambicaine. Joseph Kabila est déclaré « persona non grata » à Maputo.

Avant cet incident, Washington a rejeté l’accréditation de Jean Claude Masangu comme ambassadeur du Congo aux Etats-Unis.

Joseph Kabila a mérité ces sanctions car il a tenu tête au SG de l’ONU, Ban Ki-Moon, qui a préconisé un dialogue franc et sincère incluant toutes les forces vives de la Nation pour résoudre la crise de légitimité en RDC.

[Yves kongolo]
© KongoTimes

La seule solution pour que Kabila quitte le Congo

5 janvier 2011



Il y a quelques temps, j’ai eu l’occasion de dîner avec un diplomate occidental et au cours de nos échanges, il me sortira une phrase sidérante au sujet de la situation en RDC :

" C’est un miracle que le président Kabila et ses sbires soient encore au pouvoir car il suffirait que le tiers des Kinois se déverse dans la rue pour que ce régime tombe à la manière de la révolution iranienne de décembre 1979."

L’angélisme, le stoïcisme du peuple congolais face à l’absence d’un leader charismatique capable de réveiller et canaliser l’énergie populaire constituent des atouts majeurs du président Kabila."

Un Internaute Congolais

NE MUANDA NSEMI: Le jour l'opposition mange avec le peuple, et la nuit a...

Le barrage Inga relancé en République Démocratique du Congo


Les précédentes éditions du barrage Inga au Congo fonctionnent aujourd'hui à 20% de leur capacité
Laissé dans un état déplorable, le barrage Inga en République Démocratique du Congo refait aujourd'hui parler de lui. 

De nombreux bailleurs de fonds essaient de monter un projet Inga 3 qui prendrait le pas sur les deux précédentes éditions. 

Le projet pourrait selon les experts fournir autant d'électricité que celle utilisée par toute l'Afrique Subsaharienne. 

Les deux précédentes éditions du barrage Inga (Inga1 et Inga2), construites dès 1965 par des entrepreneurs belges sont aujourd'hui dans un état discutable.

Situées à 250 kilomètres de Kinshasa sur un des plus grands fleuves du monde, le Congo, les installations ne fonctionnent plus qu'à 20% de leurs capacités (350 et 1420 mégawatts respectivement).

Pourtant, sa capacité de production serait bien supérieure selon un rapport d'experts, qui estime qu'elle équivaudrait à la production en électricité de l'actuelle Afrique Subsaharienne avec 40.000 MW.

Aussi, il n'a pas fallu longtemps pour que les bailleurs de fonds multilatéraux montent un projet Inga3 faisant fi des problèmes financiers ou politiques qui secouent le pays.

12 milliards de dollars de revenus

Le projet en intéresse plus d'un et trois entreprises sont d'ores et déjà sur la braise. La China Three Gorges Corporation, Daewoo-Posco SNC (canado-coréen) ou encore Eurofinsa-ACS.

Par ailleurs, la Banque mondiale ainsi que la Banque africaine de développement (BAD) et quelques bailleurs ont établi à 150 millions de dollars (116 millions d'euros) le coût de l'entreprise qui devrait rapporter 12 milliards de dollars, soit le revenu annuel du pays.

"Le pétrole exploité en Afrique part pour l'essentiel à l'étranger. C'est le premier projet énergétique de cette envergure qui desservira uniquement ce continent" a expliqué Hela Cheikhrouhou, directrice du département de l'énergie, de l'environnement et du changement climatique de la BAD.

Un projet congolais... pour l'Afrique du Sud
Si (...)

Yahoo! Actualités

Il est encore temps de reporter la présidentielle malienne

le
Des Maliens reçoivent leur carte d'électeur à Senou, le 29 juin 2013 / REUTERS
Des Maliens reçoivent leur carte d'électeur à Senou, le 29 juin 2013 / REUTERS

Les insuffisances du processus électoral sont trop nombreuses pour que le scrutin ait lieu dans trois semaines.

Des élections bâclées. C'est le risque si le Mali s’obstine à maintenait le premier tour du scrutin présidentiel le 28 juillet 2013.

Le site d'information Mali Actualités souligne à ce propos qu'un pouvoir politique élu sur fond de contestation due aux insuffisances dans la mise en place du scrutin aurait du mal à asseoir son autorité et le pays repartirait dans une période d’instabilité.

Mamadou Diamoutani, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) interrogé par Mali Actualités, a pointé ces insuffisances et annoncé «[qu’]il serait extrêmement difficile d’organiser le premier tour de l’élection présidentielle le 28 juillet … [parce qu’il y a] encore beaucoup de défis à relever».

Le candidat Tiébilé Dramé a également saisi la Cour constitutionnelle pour qu’elle reporte la date du vote.

Trop de lacunes

 

Un report du scrutin semble ainsi tout indiqué pour éviter la précipitation et des manquements au processus électoral, soutient Mali Actualités.

D’après le site, quelques semaines supplémentaires serviraient à renforcer la situation sécuritaire grâce au déploiement des forces de la Minusma dans les régions les plus sensibles et notamment à Kidal.

Ce délai devrait également permettre d’établir avec exactitude les listes électorales et de garantir aux nombreux Maliens déplacés un moyen de voter.

En effet, les listes actuelles, établies dans le cadre d’un recensement sans vocation électorale, n’incluent pas les personnes qui ont atteint la majorité depuis (environ 400.000), ni les populations déplacées.

De plus, la distribution de 7 millions de cartes d’électeur biométriques sur tout le territoire semble irréalisable.

Ajournement nécessaire

 

Enfin, un ajournement de deux ou trois mois permettrait d’adopter un calendrier plus adapté: une campagne électorale en plein ramadan dans un Etat dont la population est à 90% musulmane n’est pas appropriée.

De cette manière, le suffrage présidentiel serait couplé au scrutin législatif, prévu pour septembre 2013 (ce qui réduirait par ailleurs le coût des élections).

Seulement, pour Mali Actualités, reporter les élections comporte aussi des risques, et notamment une fortification des putschistes de 2012 ou encore une tentative d’influence du gouvernement de transition sur le processus électoral.

Mais ces risques semblent minimes au regard des défaillances qui guettent l’élection du 28 juillet. Pour que la société civile malienne retrouve sa stabilité, le processus démocratique doit être sans faille.

 Mali Actualités

Des généraux nommés au sein de Fardc par Joseph Kabila après la mise en retraite des hommes en uniforme avancés en grade

"le processus de rajeunissement des effectifs est bel et bien en marche".




Le vice-premier ministre et ministre de la Défense nationale, Alexandre Luba Ntambo, a indiqué que le processus du rajeunissement de l’armée est désormais en marche.

Ceci, indique-t-il, après la mise en retraite des hommes en uniforme avancés en grade, le dimanche 7 juillet dernier par le chef de l’Etat, Joseph Kabila.

Par la même occasion, signale radiookapi, le commandant suprême des Forces armées de la RDC (Fardc) a avancé en grade plusieurs autres hommes en uniforme dont certains à titre posthume.

Ces mesures, souligne Luba Ntambo, inaugurent le processus de rajeunissement de l’armée afin de l’adapter aux normes des armées modernes. « Une première vague de militaires a été mise en retraite dans le cadre d’un des principes directeurs de la réforme qui est le rajeunissement de l’armée », a ajouté le ministre.

Alexandre Luba Ntambo a indiqué que la RDC dispose désormais d’une armée atypique dans laquelle des personnes trop âgées ne peuvent plus assumer certaines fonctions.

Il a estimé que le rajeunissement de l’armée, vise également à accélérer la réforme du secteur de la défense et de la sécurité comme l’a recommandé le président américain Barack Obama lors de son récent séjour en Tanzanie.

Le président américain a appelé, il y a une semaine, son homologue de la RDC, Joseph Kabila à réformer les forces armées du pays (FARDC), estimant qu’il « devait faire mieux et plus en ce qui concerne les capacités de la RDC en matière de sécurité ».

EST NOMME GENERAL D’ARMEE DES FARDC :

1.ETUMBA LUNGILA DIDIER

EST NOMME LIEUTENANT GENERAL DES FARDC :
1.AHUMULI BAHIGBA DIEUDO

SONT NOMMES AU GRADE DE GENRAL-MAJOR OU VICE-AMIRAL DES FARDC :

1.MBUAYAMA NSIONA ROMBAUT
2.NDIMA KONGBA CONSTANT
3.MUSHALE TSHIBAMBA LEON
4.BANZE LUBUNZI DIEUDONNE
5.KABULO DAMAS
6.KIFWA KAMBILI JEAN-CLAUDE
7.MBALA MUSENSE CELESTIN
8.MUKUNTO KIYANA TIM
9.CIKWEJ NAWEJ SYLVAIN
10.KASEREKA SINDANI ETIENNE
11.MAYANGA WA KISHUMBA JEANVIER
12.RWUBASHIRA ROBERT
13.BAHUMA AMBAMBA JEAN-LUCIEN
14.KIBONGE MULOMBA GEDEON
15.KIJEKE MALIK
16.MASUNZU PACIFIQUE

SONT NOMMES AU GRADE DE GENERAL DE BRIGADE OU CONTRE-AMIRAL AU SEIN DES FARDC

1.MBUMBE GBEMA SIMON
2.MUTOMBO KATALAY TIENDE JOSEPH
3.ILEBA PANZU ISMAEL
4.NGONGA MULAMBA NTET BASILE
5.LOMBE BANGWANGU EMMANUEL
6.MANTU TEZULWA KAMASUKWE ANDRE
7.KUYANGI EMEDI ALBERT
8.BONGWANGELA JEAN-PIERRE
9.MBIATO KONZOLI AIME
10.MULENGE WA MUBESA DIEUDONNE
11.BONTAMBA BONGONGO ALI-PEPE
12.KASHALE MUKAYA DANIEL
13.LUYAMBI MADILU ROBERT
14.ILUNGA DIKITA PAUL
15.ILUNGA KAPAMBU CONSTANTIN
16.KAHUMBU YANKOLE ISIDORE
17.KASONGA TSHIBANGU LEON RICHARD
18.LUBOYA KASHAMA JHONY
19.NGOIE LUSHIBA SIMPLICE
20.ILUNGA KAMPETE HUGUE CONSTANT
21.IJILA YAV JEAN-LUC
22.NGUZ’YAV VALENTIN
23.YAV KABEJ JEAN-CLAUDE
24.YAV PHILEMON
25.TSHIWEWE CHONGEZA CHRIST
26.MANDEVU BRUNO
27.KISEBWE WA MUSEBWE ISAAC
28.BANZA KABULO JOSEPH
29.KAKUDI BOBO GAETAN
30.FITUMBE KIBWILI RICHARD
31.ILUNGA KAPETA PLACIDE
32.NYEMBO ABDALLAH BETU
33.SALUMU MBILIKA CONSTANTIN
34.MOLISHO BOMEZA FRANCK
35.MASUDI ASA ESPERANT
36.NGINDU AKILI MUNDOS CHARLES
37.RUGAHI SENGABO DAVID
38.MBUSUBINDU ETIENNE
39.KAYIZI INNOCENT
40.KIRANGA MUTARA SMITH
41.KASEREKA MATABISI JAMES
42.MUCHANDO WISEYE EUSTACHE
43.BONANE BUHORO WILLY
44.KAMANZI FRANCOIS
45.YAMBUYA BARUTI DIEUDONNE
46.BONYOMA DIAKI YA BOYA
47.DZARINGA LOTSHIMA ROBERT
48.BOMBELE LOHOLA CAMILE
49.BOKOTA BOTUMBE RAPHAEL
50.MUTUPEKE KIAMASA DIEUDONNE
51.SIKABWE FALL
52.MUSHIMBA ANTOINE DAVID
53.KAYIMBI KAZAKE DELPHIN
54.BWANGE SAFARI GUSTAVE
55.MBILIZI NYEMO JOSEPH
56.PADIRI MUHIZI JONAS
57.NAKABAKA BAUDOUIN
58.ASUMANI ISSA KUMBA
59.RURIOMBERE RWANGA ERIC
60.MUHONGO WA KULUKWENDA
61.MALILA ALIPATA KOMO FISTON
62.MBUYI TSHIVUADI MARIE-JOSEE
63.MABONDANI SHORA MICHEL
64.MBANGU MASHITA MARCEL
65.NGUZ SALUSEKE ERODE
66.KALONDA FWAMBA KAF
67.TAMBUKA URBAIN
68.MUNIAKAZI SENGI ESAIE
69.KABUNDI MUNIANZIZA INNOCENT

ORD. N°13/089 DU 7 JUILLET PORTANT NOMMINATION DANS LA CATEGORIE DES OFFICIERS GENERAUX AU SEIN DES FARDC

EST NOMME AU GRADE DE GENERAL D’ARMEE DES FARDC :
1.OLENGA TETE FRANCOIS

SONT NOMMES AU GRADE DE LIEUTENANT-GENERAL DES FARDC :

1.KALUME NUMBI DENIS
2.LUKAMA MUSIKAMI MARCELLIN
3.MASAMBA MUSUMBU RIGOBERT

SONT NOMMES AU GRADE DE GENERAL-MAJOR OU VICE AMIRAL DES FARDC :

1.MAYALA KIAMA VAINQUEUR
2.KIABU KANIKI EMMANUEL
3.BIVEKETE PINGA SOLO JEAN
4.MOYA DONGO TONGO JEAN-PIERRE
5.NABIOLA PROSPER
6.NYEMBO YABUZILU TUTILA DELPHIN
7.KONDE ISAMBWA JOSEPH
8.CHILUNGU NEMBESO OTOKO JEAN-NOEL

SONT NOMMES AU GRADE DE GENERAL DE BRIGADE OU CONTRE AMIRAL DES FARDC :

1.NGANGWELE MUTALI JEAN-PAUL
2.KABANDA KURENGA GILBERT
3.BOLENGE OKUNGA DIEUDONNE
4.FUNGULA KATUTU JAMES
5.BOLINGO LESERENDU
6.BONIOKO MPIANKUMU ALBERT
7.MOZIA ZIMA ZAMBA SYLVAIN
8.SASA MICHELINE
9.DIASUKA DIAKIANA MAURICE
10.LINGUMA MATA LINGUMA JEAN-MARIE
11.EKUBA MONDO MARCEL
12.YONDO MPANDE MOYOKO CLAUDE
13.MOLONDO LOMPONDO JEAN-PIERRE
14.BASEGAYI KAMANGALA BERTIN
15.MUIPATAYI NKASHAMA DJO
16.NUMBI NGOY ENOCH
17.SAMUAKA MBANGU JACOB
18.NGOY ALIMA MUTIMA PROSPER
19.KAKUDI ILUNGA LOUIS
20.MULIMBI NYEMBO ZACCHARIE
21.MAYANGA MBWENA RENAUT
22.SHABANI LUSHUNA CHARLES
23.TABU MAYUTO ETIENNE
24.AMISI OKITO EDMOND
25.KAMBALE MALUMBA JEROME
26.ZOKERE MOZOLI FIRMIN
27.AGURU MAMBA MAURICE
28.UKABA ROGER
29.BALOKO TANGALA GUILLAUME
30.LIKONGO ELAME WOSSO ERNEST
31.KASIKILA ISANDA NOEL
32.AMISI NSHOMBO JEAN DE DIEU
33.ALUNDA MAUKIA GEORGES
34.MULAND YAV JOSEPH
35.NDUWA TSHINGAMBU JEAN DE DIEU
36.KABEYA KONGOLO
37.BOFALE WEFONGE GUY-ROGER

MMC/FAS

RDC - Pacte républicain !

Kinshasa, le 11/07/2013


Sortira-t-il quelque chose de bon à Limete ? La question vaut tout son pesant d’or.

Cette commune pittoresque présente une singularité émouvante. Elle a été longtemps reconnue comme le symbole de la résistance pacifique et démocratique, en ce qu’elle avait produit deux opposants de taille au régime dictatoriale de Mobutu. 

Le Sphinx de Limete, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, 10ème rue, sur Pétunias, et le Patriarche Antoine Gizenga, 12ème rue, sont là des figures emblématiques dont les traces, dans les annales politiques de la République, restent indélébiles. 

Limete, et toujours Limete, a sorti deux Premiers Ministres. Etienne Tshisekedi, à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) et peu après la CNS, durant le deuxième République, et Antoine Gizenga, lors du premier quinquennat de Joseph Kabila, en 2006. 

Limete a été aussi le siège de l’Union Sacrée de l’Opposition, durant la transition mobutienne. Lieu où l’opposition affûtait des stratégies pour renverser les plans de caciques du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR, Parti-Etat).

Revoici encore Limete accueillir, aujourd’hui, le conclave de l’opposition dont les travaux vont devoir prendre fin ce jour. Ses membres y sont pour produire un document devant contenir leur déclaration commune, face aux enjeux de l’heure, avec en toile de fond, la question des concertations nationales et celle de la révision constitutionnelle. 

Y aura-t-il quelque chose de bon pour faire avancer la République ? 

La question revient à la surface. Mais, si les opposants y sont, c’est d’abord pour sceller un pacte républicain. Pacte, pour l’unité de l’opposition, et aussi pour œuvrer en faveur de la République ; l’opposition étant un miroir pour le pouvoir, en ce qu’elle a pour rôle de recadrer si pas recentrer les actions du pouvoir. 

Aujourd’hui, donc, ce sont les résolutions et autres recommandations qui sont attendues, au terme d’un travail laborieux abattu dans les commissions instituées pour ce faire. Ensuite, c’est pour promouvoir les valeurs. Vital Kamerhe l’a souligné dans son discours introductif. 

Or, cela apparaît comme le nœud gordien. Faute de moyens, les opposants congolais sont à la merci du plus offrant pour les amener à trahir l’esprit d’équipe. Souvent, ils sont à la recherche du repositionnement, engagés dans des agendas cachés, exposés à la corruption, bref, soumis à la grande tentation de se dédire à tout bout de champ. 

Ce conclave devra permettre ainsi de lever le coin du voile, pour assainir les mœurs. Enfin, et c’est-ce que tout le monde attend, le conclave devra sortir des stratégies qui définissent : la manière de se doter des moyens financiers, de se comporter lors des élections dont le chronogramme ne va tarder à être publié par Malumalu, de baliser la voie pour un avenir responsable. 

Sinon, que tous les efforts doivent concourir à la cohésion de l’opposition, pour envisager par la suite la cohésion nationale. C’est le sens du pacte républicain.

Ghislain Lubula
La Prosperité  

Rwanda : Tous les Hutus sont des génocidaires, selon Paul Kagame

11. juil 2013

L’homme fort du Rwanda Paul Kagame, était le 30 juin 2013 invité par le ministère de la jeunesse et des sports pour parler aux jeunes lors de l’événement « Youth Connekt Dialogue ».

Cette rencontre avec la jeunesse post-génocide avait pour but de parler de l’avenir, de la réconciliation et du rôle de la jeunesse dans la construction d’un nouveau Rwanda. Cependant, le général Kagame, connu pour ses discours tranchants, s’est adonné à des dénigrements, accusations, calomnies et menaces envers notamment les Hutus, les occidentaux, l’opposition et le chef d’Etat tanzanien Kikwete.



Que Paul Kagame s’en prenne à ses opposants et à la communauté internationale dans ses discours, cela n’a rien d’anormal, c’est même devenu le quod plerumque fit chez cet ancien chef de guerre qui fêtait ce 04 juillet le 19ème anniversaire de « la libération » ou plutôt la conquête du pays après 4 ans de combat acharné.

Ainsi, ce dernier ne cesse-t-il de traiter ses opposants, même ses anciens amis passés dans la dissidence, de « bons à rien (ibigarasha) ». Ce qui, malgré cela, a choqué plus d’un, c’est le choix du Président d’élargir son cercle de cible aux chefs d’Etats, à « ceux qui ont une autre couleur de peau que nous et qui se croient supérieurs » , et aux Hutus dans leur ensemble.

Les Hutus doivent demander pardon pour le génocide perpétré en leur nom

« Même si tu n’as pas tué pour demander pardon, lèves-toi et demander pardon pour ceux qui ont tué en ton nom. (…) » a interpellé Paul Kagame plus de 800 jeunes qui étaient venus l’écouter , en continuant : « Pourquoi tu vas te taire alors qu’il y a une personne qui a tué en ton nom ? ».

Dans son discours, Paul Kagame a comparé le génocide rwandais à l’holocauste, et a mis l’accent sur le fait que les Allemands dans leur ensemble n’avaient pas été trempés dans l’holocauste alors que dans le cas du Rwanda « il semble que ça soit ce qui s’est passé » .

«(…)Il y a eu quelque chose ressemblant à une mobilisation générale dans la population. (…)Même parmi les quelques peu qui ont eu le courage de cacher les victimes, il y en a qui finissaient par les livrer », a-t-il souligné.

D’après Paul Kagame, les dirigeants qui ont mis au point les tueries avaient tout calculé, car ces derniers pensaient qu’en impliquant tous les Hutus, les conséquences tomberaient aussi sur toute l’ethnie hutue qui constituait plus de 85% de la population ; et ainsi que dans ce cas il serait pratiquement impossible de punir tout ce monde.

« Ils (NDLR : les planificateurs du génocide) pensaient que même le bon Dieu ne saurait pas juger ni punir tout le monde » a formulé le général Paul Kagame.

« Ne pas demander pardon pour un génocide commis en ton nom, c’est l’approuver »

Cherchant à culpabiliser tous les Hutu à cause de leur appartenance ethnique, le Président est allé même plus loin. Pour lui, ceux qui ont peur ou honte de demander pardon pour le génocide commis en leur nom, apportent un soutien indirect aux tueurs.

« Quand on a peur dans les actes et les paroles, de reconnaître les forfaits faits en son nom, on fait les affaires de celui qui les a fait, et on en tire bénéfice, ça ne doit pas se passer comme ça », a lancé le président Kagame et a vivement conseillé les Hutus à demander pardon « Jeunesse ici présente, cette mission qu’on se donne ici n’est pas une mince affaire, mais c’est nécessaire » devant ces jeunes dont nombreux n’ont même pas connu le génocide de 1994, car ils étaient, soit pas encore nés, soit en bas âge.

Ce qui a choqué le plus ceux qui ont suivi ce discours, est que l’endoctrinement auquel il s’est livré a donné quelques résultats.

Preuve, certains des jeunes hutus présents, se sont levés et ont demandé pardon pour le génocide perpétré en leur nom.

« Mon ethnie a fait une abomination, en mon nom propre, je demande pardon pour ça », a exprimé Kanyange Christine, une jeune hutue présente.

« J’étais parmi les dirigeants responsables du drame qui s’est abattu sur le pays, c’est pourquoi je demanderai pardon aux Rwandais, je vous promets même monsieur le président de la République que j’aiderai les gens avec qui on partageait les responsabilités et qui vivent encore dans le pays, à faire le pas dans ce sens (NDLR : à demander pardon eux aussi) » a ensuite déclaré Boniface Rucagu, longtemps parlementaire sous le régime du feu Juvénal Habyarimana.

Un jeune hutu qui s’appelle Rurangwa Denys s’est même agenouillé pour demander pardon pour un génocide fait au nom des Hutu.

Jambo ASBL condamne les propos de Paul Kagame

L’association Jambo ASBL, dont le but est de contribuer à l’instauration et à la pérennisation d’un état de droit dans la Région des Grands Lacs, a condamné avec vigueur les propos du Président Kagame visant à stigmatiser les Hutu en affirmant « qu’ils sont tous responsables du génocide rwandais« .

Dans un communiqué rendu public ce 6 juillet, Jambo y souligne que les propos du Président rwandais Paul Kagame demandant aux jeunes hutus de demander pardon aux victimes du génocide tutsi et ce au nom de toute l’ethnie hutue sont plus que « inquiétants », surtout venant du plus haut responsable du pays.

« Ces propos procèdent d’une logique qui vise à frustrer des individus du simple fait de leur origine ethnique. Qui plus est, dans le contexte rwandais, ce genre d’enseignements a pour résultat d’exacerber la haine et la méfiance ethnique, dès lors qu’il catégorise la population rwandaise en deux parties : ceux qui doivent perpétuellement demander pardon, les Hutu et ceux qui pardonnent et tolèrent, les Tutsi » annonce la communique de Jambo ASBL, qui condamne « cette tentative d’accusation et de condamnation collective qui ne peut engendrer que la stigmatisation, la haine ainsi que la division entre Rwandais ».

L’association rappelé dans son communique que, « Nul Hutu, nul Tutsi ne doit être blâmé pour des crimes qu’il n’a pas commis »; et que nul non plus « ne doit demander pardon pour les crimes des autres ».

Ainsi Jambo ASBL lance un appel à tous les jeunes rwandais, « d’une part à lutter contre ce genre d’idéologies destinées à soumettre à jamais une ethnie à une autre et d’autre part, à interroger incessamment l’histoire et ainsi éviter les erreurs du passé , et rester focaliser sur ce qui est juste pour l’avenir du Rwanda ».

Les menaces au président tanzanien

Dans son long discours, Paul Kagame s’en est encore pris au président tanzanien Jakaya Kikwete, qu’il avait dans son premier discours du 10 juin traité d’ »Inculte et négationniste« .

« Je vais t’attendre quelque part et te frapper » a lancé Paul Kagame au président tanzanien.

Le Général Paul Kagame, n’a manifestement pas encore digéré la proposition faite lors de l’ouverture du 21eme sommet de l’Union africaine le 26 mai dernier à Addis-Abeba par le Président tanzanien Jakaya Kikwete, au Rwanda d’engager le dialogue avec l’opposition armée ( les Forces Démocratiques de la Libération du Rwanda, FDRL) et l’opposition non armé, en vue d’une résolution durable de la crise dans l’est de la RDC.

Le Rwanda est le pays au monde où l’espace politique est le plus ouvert

« Le Rwanda est le pays où l’espace politique est plus ouvert au monde parce que la tolérance envers ceux qui ont assassinés 1 million de personne est une tolérance que tu ne verras jamais ailleurs dans ce monde. Quand on donne de l’espace aux assassins que peut-on espérer de plus comme espace politique? » a déclaré Paul Kagame.

Les méthodes utilisées par les organisations pour mesurer l’espace politique ne peuvent s’appliquer au Rwanda, selon Kagame.

« J’ai lu dans les journaux qu’il y a red party, green party, … mais qu’est-ce qu’ils ont ? » a-t-il dit en expliquant ensuite qu’il a interpellé ceux qui empêchaient aux partis politiques de s’enregistrer pour faire la politique.

« Pourquoi les empêchez-vous ? Les ai-je demandés.

En les empêchant vous leur donnez la valeur qu’ils n’ont pas » a déclaré l’homme fort du Rwanda aux jeunes avant de mettre en garde les partis qui veulent se faire enregistrer au Rwanda: « S’ils (les partis politiques : NDRL) essayent de bousculer qui que ça soit, ils ne sauront pas ce qui les a frappé.» a- il ajouté en continuant « (…) il y a 10 partis politiques enregistrés. Ceci n’est pas assez selon leurs normes ».

La frénésie proliférée par le discours de Kagame ne désemplit pas

Une semaine après le discours de Paul Kagame, la frénésie proliférée par ce discours ne désemplit pas.

Sur les sites rwandais d’information, les radios et sur les forums, l’indignation est totale. L’on se demande sans cesse ce qui a pu prendre Paul Kagame pour tenir un discours aussi incendiaire.

Un rescapé tutsi a déclaré à Jambonews qu’en écoutant le discours de Kagame, » pendant un moment il a cru entendre Mugesera ou Kambanda » (1).

Les medias proches de l’opposition et plus critiques envers le régime de Kigali, préfèrent imputer ce discours de Paul Kagame à la démence. C’est le cas de vertasinfos.fr. « La démence de Paul Kagame n’est pas seulement en parole c’est aussi en actes, il vient par exemple de remettre Nkunda à la tête de M23 », pouvons lire sur vertasinfos.fr dans l’un de ses articles.

« La haine de Paul Kagame pour les Hutu n’a jamais été un secret pour personne » poste un commentateur sur un forum de la diaspora rwandaise en Belgique. « On savait Paul Kagame dément, mais pas jusqu’au point d’annoncer ses intentions criminelles en public » s’indigne un autre.

L’abbé Thomas Nahimana préfère interpréter le discours de Paul Kagame sous un autre angle : « Paul Kagame n’était pas venu s’adresser aux Hutu, d’ailleurs il n’a rien à dire aux Hutu à part qu’ils ne sont que des chiens, que leur rôle doit être que d’aboyer.

Paul Kagame était venu s’adresser aux Tutsi, pour les rappeler qu’ils sont victimes et doivent compter sur lui» pouvons lire dans un article posté sur le site leprohete.fr.

(1) Personnalités connues pour avoir tenu des propos incendiaires avant ou pendant le génocide de 1994

Jean Mitari
Jambonews.net