vendredi 17 décembre 2010

Affaire “certification du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire” : Choï lâché par son staff juridique

Notre voie-vendredi 17 dcembre 2010,
Affaire “certification du scrutin présidentiel en Côte d’Ivoire” : Choï lâché par son staff juridique


Depuis la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle par la CEI, puis par le Conseil constitutionnel, la bataille juridique fait rage.

Si les partisans du président sortant Laurent Gbagbo sont d’accord avec les dispositions constitutionnelles du pays, faisant du Conseil constitutionnel, le juge de l’élection présidentielle, ceux d’Alassane Dramane Ouattara continuent de s’accrocher à la décision de la CEI et à la certification du représentant du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire. “La CEI procède aux opérations de collecte et à la proclamation des résultats provisoires du scrutin, au niveau national et en présence des représentants des candidats”, stipule l’article 59 nouveau du code électoral.

“Le résultat définitif de l’élection du président de la république est proclamé par le Conseil constitutionnel, après examen des réclamations éventuelles et publié selon la procédure, dans les 7 jours de la réception des procès verbaux”, nous dit in fine l’article 94 de la Constitution ivoirienne. Enfin, en vertu de l’accord de Pretoria, le représentant spécial de l’ONU certifie le scrutin.

En clair, et au regard de la législation ivoirienne, la CEI organise et proclame les résultats provisoires ; le représentant du Secrétaire général de l’ONU certifie et enfin, le Conseil Constitutionnel (qui a le dernier mot), valide. Ainsi dit, monsieur Choï qui a un rôle de simple observateur et qui ne tire son pouvoir d’aucune disposition législative ivoirienne serait mal placé pour s’arroger le dernier mot du scrutin en Côte d’Ivoire. Pareil pour la communauté dite internationale qui ne cesse de multiplier menaces de tout genre sur les autorités ivoiriennes.

Tout peuple étant souverain, aucune loi externe ne peut être au-dessus de la loi fondamentale d’un autre Etat, nous renseignent le droit international et la clause de la Charte des Nations Unies. Mais alors, d’où tient-il son pouvoir de décision ? Parlant du représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU. En effet, dans son cahier des charges en Côte d’Ivoire, monsieur Choï, d’origine coréenne, donc ne parlant pas parfaitement la langue française, travaille en collaboration avec plusieurs fonctionnaires internationaux dont des nationaux ivoiriens. Et pour mieux apprécier les opérations électorales en Côte d’Ivoire, celui-ci bénéficie des conseils d’un cabinet juridique composé de deux nationaux et trois expatriés.

Ce cabinet étudie les textes de loi du pays hôte pour en confronter avec les opérations électorales, en vue de leur certification. M. Choï a à ses côtés également, un conseiller juridique principal d’origine française (M. Thierry Kaiser), le chef du bureau de la certification, Mme Ndekandji, d’origine béninoise, et le chef du bureau de l’assistance électorale, le sénégalais Becaye Seck.

Selon une source proche du cabinet juridique, dont nous taisons le nom pour des mesures de sécurité, monsieur Choï aurait été influencé par le chef du bureau de l’assistance électorale et son conseiller juridique principal, et a décidé de façon unilatérale de certifier le scrutin ivoirien sans s’en référer à son cabinet juridique.

Pour ces juristes qui disent être frustrés par le représentant du secrétaire général des nations unies en Côte d’Ivoire, l’attitude de leur patron est de nature à exposer les autres ressortissants de la sous-région présents en Côte d’Ivoire. Notre même source indique, qu’un coup de la Licorne serait en préparation au cas où des ambassadeurs et autres organisations internationales seraient menacés. “Ils vont prétexter de la protection des civils pour attaquer”, nous informe-t-elle. Nous y reviendrons.

Les autorités politiques et militaires ivoiriennes, certainement au parfum, auraient déjà pris toutes les dispositions pour éviter à la Côte d’Ivoire une guerre civile, voire un génocide. “Allez au travail, je suis tranquille”, avait martelé le président ivoirien, Laurent Gbagbo, il y a quelque jour.

Enfin si la sérénité du Chef de l’Etat ivoirien dépasse les limites du vraisemblable, le leader des jeunes patriotes, devenu ministre, lui n’entend pas cela de cette même oreille. “Je suis 100% ministre et 100 % leader de la jeunesse”, a-t-il lancé hier après sa passation de service au 5eme étage de la Fonction publique au plateau. Comme nous l’écrivions dans notre parution dernière, les prochains jours nous réservent bien de surprises. Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, le comprennent bien. Qui vivra verra.

Philippe Kouhon

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