vendredi 17 décembre 2010

Côte d'Ivoire: Jean Ping à Abidjan pour une médiation entre Gbagbo et Ouattara

Des soldats de l'ONU en patrouille dans les rues d'Abidjan, le 17 décembre 2010.
Des soldats de l'ONU en patrouille dans les rues d'Abidjan, le 17 décembre 2010.
REUTERS/Luc Gnago








Par RFI
Jean Ping, président la Commission de l’Union africaine est arrivé, ce vendredi 17 décembre, à Abidjan pour tenter une nouvelle médiation. La capitale économique de Côte d'Ivoire est quadrillée par les forces de sécurité fidèles au président sortant Laurent Gbagbo, au lendemain des violences qui ont fait entre 11 et 30 morts selon les sources.Les partisans d'Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale, n’avaient pas repris, ce vendredi matin, leur marche vers la télévision nationale, comme promis la veille par le Premier ministre de ce dernier, Guillaume Soro.

NOTRE DOSSIER SPÉCIAL
Présidentielle en Côte d'Ivoire
Présidentielle en Côte d'Ivoire
Jean Ping était en milieu de journée au palais présidentiel où il devait s'entretenir avec Laurent Gbgbo. Il est accompagné du président de la commission de la Cédéao, James Viktor Gbeho. Les deux hommes sont porteurs d'un message du président en exercice de la Cédéao, le chef de l'Etat Nigérian Goodluck Jonathan.
Après la rencontre avec Laurent Gbagbo, ils devaient se rendre à l'hôtel du Golf, pour rencontrer Alassane Ouattara. On ignore la teneur des messages que doivent adresser les deux responsables africains, mais on sait qu'ils vont lancer un appel au calme.
La Cédéao et l'Union africaine sont particulièrement inquiets d'une reprise des violences en Côte d'Ivoire qui pourraient affecter la stabilité de toute la région. La Cedeao et l'Union africaine ont toutes deux reconnu Alassane Ouattara comme vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre et on fait preuve jusqu'à présent d'une certaine fermeté à l'égard de Laurent Gbagbo.
Les pressions internationales s’intensifient

Hors du continent africain, les 27 membres de l’Union européenne se font également plus pressants. Dans une déclaration adoptée à l'issue du sommet de Bruxelles ce vendredi, ils appellent « tous les dirigeants ivoiriens, tant civils que militaires, qui ne l'ont pas encore fait, à se placer sous l'autorité du président démocratiquement élu, Alassane Ouattara ». L’UE réaffirme aussi sa « détermination à prendre des mesures ciblées contre ceux qui voudraient continuer à empêcher le respect de la volonté exprimée par le peuple ivoirien ».

Depuis Bruxelles également, le président français Nicolas Sarkozy a appelé Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir avant la fin de la semaine.

Nicolas Sarkozy
C'est à lui de choisir quelle est l'image qu'il veut laisser dans l'histoire. S'il veut laisser l'image d'un homme de paix, il est encore temps mais le temps presse et il doit partir.
 

17/12/2010 par Mounia Daoudi


Calme précaire à Abidjan
La situation est calme, ce vendredi en milieu de journée, à Abidjan. La capitale économique ivoirienne est  une ville morte. Aucun commerce n’a ouvert ses portes. Les forces de sécurité fidèles à Laurent Gbagbo sont présentes partout. Elles ont placé des barrages sur les deux ponts enjambant la lagune qui sépare la ville en deux. Dans certains quartiers, les riverains contrôlent l’accès. Treichville, dans le centre, où il y a eu plusieurs morts hier, était vide à la mi-journée, même ambiance à Koumassi, un quartier voisin. Le seul signe d’activité des supporters d’Alassane Ouattara, ce vendredi matin, était signalé de l’autre côté de Lagune, dans le quartier populaire d'Adjamé, où des jeunes ont dressé des barricades et brûlé des pneus. Mais ils ont rapidement été dispersés par la gendarmerie qui n’a pas hésité à tirer en l’air. Quoi qu'il en soit, la grosse manifestation prévue pour prendre la télévision nationale et la primature n’a pas eu lieu ce vendredi matin.

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