Gaz lacrymogène au Caire le 25 janvier 2011. (AFP Mohammed Abed)
L'essentiel - Des heurts opposent manifestants et policiers, au Caire et à Suez et 500 personnes ont été arrêtées aujourd'hui. Hier, quatre personnes sont mortes dans les affrontements. Un journaliste du Guardian rapporte avoir été arrêté et battu. Un nouvel appel à manifester a été lancé ce matin. Les autorités ont indiqué qu'elles ne permettraient aucun rassemblement. Twitter est bloqué dans le pays, depuis mardi après-midi. Les appels à écouter le peuple égyptien se multplient à l'étranger.500 personnes arrêtées. Au moins 500 personnes ont été arrêtées, indiquent les services de sécurité égyptiens. 90 ont été arrêtées aux environs de la place Tahrir. 121 autres sont membres des Frères musulmans, organisation islamiste officiellement interdite mais tolérée dans les faits.
Au lendemain d'une journée de manifestations sans précédent depuis 30 ans et après un nouvel appel à manifester ce matin, les autorités ont annoncé ce matin qu'elles ne toléreraient aucun rassemblement de protestation.
Heurts entre manifestants et policiers. Des affrontements opposent des policiers et des manifestants dans le centre du Caire, ainsi qu'à Suez, à l'est de la capitale égyptienne, rapporte l'AFP et des témoins joints par l'agence.
A Suez, environ 2.000 personnes ont manifesté pour la deuxième journée consécutive. Au Caire, les affrontements ont eu lieu dans le centre-ville, près de la Cour suprême. La police a tiré des gaz lacrymogènes face aux manifestants qui jetaient des pierres, a constaté un journaliste de l'AFP.
Lu sur le fil Twitter de @monasosh:
Un journaliste du Guardian arrêté et battu hier soir. Jack Shenker, reporter du quotidien britannique The Guardian présent au Caire, raconte comment il a été arrêté, à proximité de la place Tahrir, et battu par, selon lui, des membres des services de sécurité de l'Etat. Ses tentatives pour expliquer qu'il était journaliste étranger ont été accueillies «par davantage de coups», rapporte-t-il.
Emmené dans des quartiers sécurisés du gouvernement en périphérie de la ville, il raconte les mauvais traitements subis par lui et les autres personnes embarquées en même temps. Il a pu enregistrer ce moment sur son dictaphone (à lire et à écouter sur le site du Guardian).
La place Tahrir évacuée par les forces de l'ordre ce matin. Occupée par les manifestants depuis hier, la place Tahrir, dans le centre du Caire, a été évacuée par la police au petit matin. Voici une vidéo tournée par The daily news Egypt, quotidien anglophone indépendant d'Egypte.
Source: YouTube/TheDailyNewsEgypt
Nouvel appel à manifester. Le groupe de militants pro-démocratie, le «Mouvement du 6 avril», à l'initiative des manifestations de mardi qui ont fait trois morts, a appelé à un deuxième jour de mobilisation, mercredi en Egypte.
Le groupe a appelé les Egyptiens, sur sa page Facebook, à se rassembler sur la grande place Tahrir du Caire, là où 10.000 personnes, selon des chiffres officiels, avaient déjà manifesté mardi, en scandant «le peuple veut le départ du régime».
«Tout le monde doit se rendre sur la place Tahrir pour s'en emparer de nouveau», a écrit le groupe sur sa page.
«Aucun rassemblement de protestation ne sera permis». Le ministère égyptien de l'Intérieur a réagi en indiquant qu'il ne permettrait aucune nouvelle manifestation. «Aucun acte de provocation, rassemblement de protestation, marche ou manifestation ne sera permis», écrit-il dans un communiqué.
«Des mesures légales seront prises contre quiconque» serait en infraction, poursuit le communiqué, en soulignant que tout contrevenant serait déféré devant la justice.
Un quatrième manifestant décède. Un homme blessé mardi à Suez est décédé mercredi des suites de ses blessures, portant à trois le nombre des manifestants tués lors des rassemblements anti-régime. Cet homme de 45 ans est mort après avoir été blessé au ventre par une balle en caoutchouc, indique une source médicale.
Twitter bloqué. Twitter est bloqué en Egypte depuis mardi après-midi. Le site de micro-blogging le confirme sur son propre fil. «Nous pensons que les échanges d'informations et de points de vue sont bénéfiques aux sociétés et aident les gouvernements à ne pas se couper des populations», ajoutent des représentants de Twitter dans un twitt.
«D'après nos contacts sur place, des Egyptiens parviennent encore à utiliser Twitter par SMS et par des applications tiers», a toutefois précisé une porte-parole de Herdict.org.
Comme en Tunisie, l'idée des manifestations en Egypte a été fortement relayée à travers les réseaux sociaux en particulier auprès des jeunes. Sur Facebook, plus de 90.000 personnes s'étaient déclarées prêtes à manifester.
Appels internationaux à écouter le peuple. Les appels se sont multipliés de l'étranger demandant à l'Egypte d'engager des réformes. Le gouvernement égyptien devrait être «sensible» aux aspirations de son peuple, a jugé mardi la présidence américaine, en encourageant Le Caire à «mener des réformes politiques, économiques et sociales».
La ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a déploré hier les morts lors de ces manifestations et rappelé que la France était favorable à «plus de démocratie dans tous les Etats».
Martine Aubry a apporté son soutien aux Egyptiens qui manifestent. «Moi je ne dis pas "Moubarak dégage!", je dis "nous soutenons tous les peuples qui se battent"», a lancé la n°1 du parti socialiste sur Europe 1.
Du ménage à l'Internationale socialiste? La socialiste indique que le PS va demander «une revue» des partis membres de l'Internationale socialiste. Le RCD, l'ex-parti de Ben Ali, en a été exclus, mais seulement quatre jours après la chute du dictateur. Le député socialiste Pierre Moscovici se prononce, lui, pour un «ménage», soulignant que le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo n'y avait «plus sa place», et le parti de l'Egyptien Hosni Moubarak, «probablement pas non plus».
Les événements d'hier. Les forces de l'ordre ont dispersé dans la nuit de mardi à mercredi, avec de nombreux tirs de gaz lacrymogènes, les milliers de manifestants encore présents sur la place, située dans le centre de la capitale et proche de nombreux bâtiments officiels.
Tirs de gaz lacrymogènes par la police au Caire, dans la nuit de mardi à mercredi. (Asmaa Waguih / Reuters)
Outre Le Caire -où les manifestations ont réuni au total quelque 15.000 personnes selon les chiffres officiels- des défilés ont été organisés dans différentes villes de province, notamment à Alexandrie et Suez, malgré un dispositif policier massif.
Deux manifestants sont décédés à Suez (nord de l'Egypte) après des heurts avec la police, et au Caire un policier a succombé après avoir été frappé par des manifestants, selon de sources médicales et de sécurité.
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