lundi 14 mars 2011

Paul Biya renonce à la présidentielle au Cameroun.

La nouvelle est tombée ce matin comme un couperet, les radios sont dans un branle-bas total, les états majors de la presse écrite sont dans un état quasi indescriptible. Les journaux sont déjà dans les kiosques et certains pensent faire des éditions spéciales, malgré la modicité des moyens.
Le pays tout entier est dans un état second. Personne ne s'attendait à tel scénario à quelques mois de l'élection présidentiel qui, il est vrai ne passionnait pas le camerounais moyen, plus occupé à trouver sa pitance quotidienne. Mais dans les maisons, les bureaux, les bars, ce n'est que de cet événement qu'on parle. Dans les états major des Pseudos partis d’opposition du Cameroun, certains s’inquiètent même sérieusement sur leur avenir. «  Si ce type s’en va et la population me choisi, comment je vais faire, je suis moi là tranquillement, il vient me créer les problèmes. Est-ce que je peux être président, je fais ma chose pour nourrir mes enfants et maintenant il choisit de partir » Peut-on entendre dire le leader d’un parti politique dit d’opposition au Cameroun. De cet autre leader que les partisans appelle déjà président, on peut entendre répondre à une question d’un militant, «  eh n’emmène pas vos choses là sur moi, est-ce que je t’ai dit que je suis président, tu peux faire comme ça si l’homme d’autrui blaguait seulement il commence à me guetter ».
 
Les programmes de la radio- télévision d'Etat (CRTV) se sont arrêtés ou modifiés subitement et l'hymne nationale a retenti. Ensuite est apparu, Paul Biya, le visage grave, le crane presque dégarni à son centre,  le vieux lion sans doute usé par le poids de la décision qu'il vient de prendre. Après avoir sommairement  commenté l'actualité politique et économique dans le pays, le prince de Mvomeka'a annonce à la surprise de tous : " J'ai décidé de ne pas me présenter à l'élection présidentiel d'octobre 2011, après avoir servi mon pays pendant trois décennies, j'ai décidé de me retirer". Annonçant par la même occasion la date des élections, d’autant plus qu’on sait qu’elles auront lieu en 2011 mais personne ne savait exactement quand, si ce n’est le prince de Mvomeka’a.
Encore sonnée, la population ne réalise pas encore qu'elle vient d'être libérée de 29 ans de dictature, de maltraitance, de soumission, d'avilissement, d'humiliation et de paupérisation. Les gens se disent que c’est un nouveau coup de bluff du vieux dictateur. N’avait-il pas lui-même simulé sa mort alors qu’il était en voyage privé en Suisse il y a quelques années ? Pour ceux qui suivent l'activité politique, les spéculations vont bon train sur qui succédera l'homme lion à la tête du pays, d'autant plus qu'il n'a pas désigné de successeur au sein de son parti des flammes. Ces flammes qui lentement, mais surement, ont consumé les espoirs de la jeunesse camerounaise. C'est d'ailleurs cette jeunesse, réduite soit à s'expatrier vers l'occident, soit à faire les motos taxi dans les villes délabrées de particulièrement sales du Cameroun qui commence à manifester sa  joie et sans doute son soulagement à travers les rues à travers des coups de klaxon de leur outil de travail et de leur chemin vers la tombe.
On imagine déjà que les pontes du régime dictatorial de Biya sont déjà en concurrence sur qui pillera le plus vite et le plus, les maigres recettes qui restent dans les caisses de l'Etat. Pour le ministre des finances Essimi Menye, c'est l'occasion rêvée pour se défiler, d'autant plus qu'il est soupçonné ces derniers jours de multiples faits de vol, de corruption et de détournement des fonds publics. Le très atypique Issa Tchiroma pense déjà à la reconversion, il s'impatiente de savoir à qui il va faire des salamalecs à longueur de journée dorénavant. « Pourtant il n’est même pas vieux, il n’a que 78 ans, il aurait encore pu rester, comment sont même ces gadamayos ». Mais l'équation reste très complexe. Une incertitude plane désormais sur ce beau triangle d'Afrique centrale. Aucun leader de l'opposition ne faisant l'unanimité auprès des lecteurs, la diaspora camerounaise étant plus active sur internet que sur le terrain, les potentiels successeurs dans le RDPC étant pour la plus part derrière les barreaux, le jeu de pronostics est un véritable casse-tête chinois. Les chancelleries occidentales commencent à être submergées de coup de fil, de personnalités politiques et hommes d’affaires qui viennent demander les visas. Aucun ministre, Aucun chef de service ou directeur dans les ministères n’est plus dans son bureau. Même madame fonning essaie d’obtenir un visa pour les Etats-Unis pour aller rejoindre ses enfants, chacun a pris ou essaie de prendre le soin de cacher les derniers sous qu’il vient de détourner dans tel ou tel autre projet. Les rues sont bientôt envahies par les intrépides, les chômeurs surdiplômés, les femmes, et les enfants jubilent de la victoire du temps sur Paul Biya.
Ceci n’est rien d’autre que de la fiction, Biya ne peut pas renoncer à la grosse Mercedes avec la plaque PRC, il ne peut renoncer au plaisir que procure le fait de faire souffrir 20 millions de personnes de faim, de soif, d’éducation, de liberté, de culture, de soin de santé. Il ne peut résister au plaisir que procure la deshumanisation de 20 millions de personnes, Il ne peut renoncer au plaisir de piller les richesses d’un triangle de 475 000 km carrés. Il ne peut renoncer au plaisir de diriger un peuple amorphe, un peuple docile et malléable à souhait. Biya ne peut renoncer au plaisir de voir les jeunes de son pays se faire dévorer par de voraces requins dans les océans, dans les mers, de voir ses jeunes compatriotes se faire électrocuter dans les barrières de Ceuta et Melilla. Il ne peut renoncer au plaisir de tuer ses compatriotes.
Il ne peut renoncer au plaisir de faire les conseils ministériels à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen. Il ne peut résister au plaisir de passer 8 mois sur dix en Suisse et être président du Cameroun.
 
Par Aurelien lea marla

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