Mercredi, 28 Mars 2012
Une vue des artistes présents à l'ouverture des assises de Kimbanseke
Le colloque-atelier des 25 et 26 mars tenu à l'Espace vide de Kimbanseke, en marge de la Journée mondiale du théâtre, a abordé le sujet qui se pose avec acuité en RDC.
La rencontre s'est tenue sur le thème « Rôle social du théâtre congolais et sa contribution au développement ». La séance d'ouverture a permis d'emblée au directeur du Centre des recherches d'arts du spectacle africain (Crasa) d'éclairer l'assistance sur le sens donné à ces assises.
Hôte de la rencontre, Me Mwambayi Kalengayi a, en effet, déclaré : « Il y a eu régression de la pratique théâtrale au Congo. On s'impose cet arrêt pour réfléchir un peu sur la question afin de connaître la raison de cet état des choses ».
Ainsi, pendant les deux jours des travaux, le colloque s'est penché à travers cinq groupes de réflexion sur le rôle joué par le théâtre dans la société d'aujourd'hui.
Le Pr Kazadi Okito a, en premier, abordé le sujet avec l'introduction offerte sur la « définition du théâtre, son champ d'application et ses catégories ». Le vif du sujet a alimenté les autres ateliers, notamment celui tenu par Viminde et Annie Biasi Biasi sur le « Théâtre et la société congolaise en mutations ».
Pour sa part, le célèbre Kwedi Mayimputu a développé le thème sur le « Théâtre et le développement national ». À ce propos, Me Mwambayi Kalengayi a indiqué aux « Dépêches de Brazzaville » qu'il était impératif de savoir si « le théâtre pratiqué à ce jour est vraiment adapté à la société congolaise actuelle ».
Du reste, a-t-il ajouté, il demeurait au préalable de se demander que doit faire l'État pour l'homme de théâtre ou, à l'inverse, que doit attendre l'État de l'homme de théâtre ?
« Ce sont toutes ces problématiques qui m'ont incité à l'organisation de ce colloque-atelier qui devrait nous amener à une réflexion de façon à recadrer les choses », a précisé le directeur du Crasa.
Un théâtre de survie
Il est ressorti du constat des participants que le foisonnement des troupes théâtrales ne devrait pas, comme d'aucuns pourraient le penser, être un indice en faveur de cet art. Au contraire, pense, Me Mwambayi, il y a péril en la demeure.
« C'est peut-être une image séduisante à première vue mais à y regarder de près, elle est très fausse. En fait, en observant bien on finit par se rendre compte que cette image apparemment flatteuse traduit une réalité bien plus tragique.
C'est la preuve que la pratique du théâtre est devenue un moyen de survie. Une lutte acharnée dans laquelle se lancent les gens pour survivre », a-t-il fait savoir.
Un art rentable pour tous
En qualité de président du Centre congolais de l'institut international du théâtre et du Théâtre des Intrigants, Valentin Mitendo a exprimé sa désolation car « les salles de spectacle sont presque vides » actuellement, la télévision ayant pris le dessus sur le théâtre.
Il a ainsi invité ses pairs à initier une action secourable. « Il y a une mort certaine de notre métier si on ne réfléchit pas assez sur les mécanismes pour le sauver et l'intégrer dans le quotidien de notre société.
Prenons le cas de ce cadre qui se trouve dans un milieu reculé, quel est le rôle social du théâtre dans ce genre de société ? Il faut réfléchir à la manière de procéder pour offrir un art qui soit rentable pour moi autant qu'à mon pays », a-t-il expliqué, avant de conclure : « C'est toute cette dimension du problème qui a occasionné la tenue du colloque ».
Les résolutions prises à l'issue des travaux « seront à verser dans la politique culturelle du pays », a affirmé Me Mwambayi, poursuivant qu'« elles seront lues dans la salle de spectacle du Collège Boboto lors de célébration de la Journée mondiale du théâtre ce mardi 27 mars ».
Le colloque-atelier a précédé cette journée a été organisé par le Crasa, sous le patronage de la ministre de la Culture et des arts en collaboration avec le fonds de promotion culturelle.
Nioni Masela
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