Les conclusions du rapport de la Mission d’observation de l’UE sur les élections en RDC confirment la mascarade électorale du 28 novembre 2011, et laissent présager une inéluctable période d’instabilité profonde en RDC, à cause de l’exacerbation de la crise de la légitimité du pouvoir de «Joseph Kabila » qui a choisi de se maintenir au pouvoir par la force et de gouverner « par défi».
C’est sans surprise que l’APARECO a pris connaissance du contenu du rapport de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE UE) en RDC, publié ce 30 mars 2012.
Les assertions du rapport des observateurs de l’Union européenne dépêchés en RDC pour surveiller le déroulement du scrutin sont sans équivoque: « les résultats publiés par la CENI ne sont pas crédibles à la lumière de nombreuses irrégularités et fraudes constatées lors du processus électoral » (voir le rapport p.6).
Les conclusions de la mission des observateurs européens rejoignent ainsi pertinemment celles du centre Carter et de l’église catholique rendues publiques bien avant.
A titre d’illustration pour plus de clarté, nous relevons ci-dessous quelques constats accablants extraits du rapport de la Mission d’observation de l’UE (Point 1 : pages 5 et 6) qui illustrent parfaitement la gravité et l’intensité de la fraude commise par le pouvoir en place, et qui ont vicié tout le processus électoral en RDC :
1. « La MOE UE (ndlr: Mission d’observation électorale de l’Union européenne) a constaté plusieurs problèmes et irrégularités avec le fichier électoral biométrique qui comportait 32.024.640 inscrits (dont 49,68% de femmes). Aucun audit du fichier n’a eu lieu en dépit de plusieurs demandes d’une partie de l’opposition… »
2. « La MOE UE regrette qu’un manque de transparence ait entouré les opérations de nettoyage du fichier électoral car la CENI n’a pas été en mesure de fournir les rapports de ces opérations. De surcroit, la MOE UE note que les opérations de nettoyage ont été effectuées après la distribution des cartes d’électeurs ; ce qui implique que les cartes d’électeurs résultant des doubles inscriptions étaient encore en circulation lors du scrutin ».
3. « La MOE UE a reçu l’information que le jour du vote, des multiples incidents de fraude et de bourrage d’urnes ainsi que des actes de violence à la suite du mauvais fonctionnement des bureaux de vote, des actes d’intimidation et des attaques des bureaux de vote ont été commis partout dans le pays »
4. «La MOE UE doit soulever la question de vote des « », c’est-à-dire le vote sur simple présentation de la carte d’électeur, que la CENI a autorisé, au tout dernier moment. En effet, près de 3,2 millions d’électeurs ont ainsi voté sur des listes de dérogation omis, soit plus de 17% du total des votants».
Il est important de relever ici que les résultats truqués de la CENI donnent une différence d’environs 3 millions de voix entre « Kabila » et Tshisekedi. Dès lors, comment peut-on prétendre que l’ampleur de la fraude n’a pas pu avoir d’impact sur l’ordre final lorsqu’on avance le chiffre de 3,2 millions de cas de votes irréguliers, sans compter les nombreux cas de bourrage constaté «partout dans le pays»?
5. La Mission relève aussi qu’officiellement les scrutins, étaient fixés au 28 et 29 novembre, mais elle a constaté que dans certains bureaux de vote des opérations de vote se sont poursuivies "jusqu’au 5 décembre 2011". (cf page 5/n°2 & page 7/n°1).
6. Le rapport de la Mission d’observation de l’UE relève (cf page 43) qu’ « en contradiction avec la loi électorale, le bureau de la CENI a demandé à plusieurs CLCR (centres locaux de compilation des résultats) de ne pas afficher immédiatement les résultats de la compilation pour examen public mais de les envoyer avant au siège central en vue d’« un contrôle de cohérence ».
Le rapport reconnait que dans près de 50% des bureaux de vote, "la copie des résultats n’a pas été remise aux témoins" des candidats. (page 42)
L’APARECO note cependant, que malgré la longue description des fraudes et irrégularités de ce désastreux scrutin électoral, les recommandations de la mission des observateurs européens se résument en une série de conseils à priori bien fondée dans un contexte normal d’une véritable démocratie, mais qui s’avèrent complètement inappropriées et parfaitement inutiles dans la situation actuelle de la RDC.
Cette série de recommandations prouve d’une part que la Mission des observateurs européens reconnait des faits graves et des irrégularités flagrantes et d’autre part, on ne sait par quelle magie, elle accepte tacitement l’inimaginable «victoire» de «Joseph Kabila ».
La Mission d’observation de l’UE ne semble pas avoir pris la juste mesure des graves conséquences de l’exacerbation de la crise de la légitimité du pouvoir déjà existante en RDC avant ces élections.
L’APARECO constate avec dépit que l’Union européenne qui engage pourtant l’argent des contribuables européens dans ces scrutins inutiles en RDC, s’obstine comme en 2006 à occulter le vrai problème de fond qui a fait que les élections de 2011 se soient avérées pires que celles de 2006 .
Qui pis est, elle ferme pudiquement les yeux et les oreilles sur le climat postélectoral très lourd qui annonce avec certitude des lendemains troubles et instables en République démocratique du Congo.
L’APARECO constate également qu’en plus du manque de crédibilité du dernier scrutin, le récent rapport publié par l’ONU est venu confirmer une fois de plus qu’en matière des droits de l’homme, « Joseph Kabila » est resté égal à lui-même : il s’est livré sans retenue aux intimidations, aux arrestations arbitraires et aux assassinats de masse.
Les entraves à la liberté d’expression ont été multipliées. Un constat qui a été aussi clairement confirmé par le rapport de la mission des observateurs de l’Union européenne.
Au vue de tous ces faits qui ont choqué et scandalisé plus d’un congolais, l’APARECO se fait le devoir d’exprimer ici les interrogations que suscite le traitement de la situation politique de la RDC par la communauté internationale :
Où est donc le Conseil de Sécurité de l’ONU qui a «soutenu et défendu la démocratie » avec acharnement en Côte d’Ivoire, là où les cas de fraude se sont avérés de loin moins scandaleux et moins importants en ampleur qu’en RDC ?
Où est donc passé l’OTAN qui a traqué Kadhafi en Libye pendant des semaines « pour aider et protéger les populations », alors que la RDC a déjà dépassé le seuil de 8 millions de morts?
Où est la CPI qui a lancé un mandat d’arrêt international contre Omar Béchir pendant que l’International Rescue Comittee (IRC) a estimé que près de 1500 congolais meurent par jour rien qu’à l’Est de la RDC, et qu’en moyenne 1152 femmes y sont violées par jour d’après une récente étude américaine ?
Où est la logique de la Francophonie qui s’apprête à honorer « Kabila » à Kinshasa malgré les nombreux rapports dénonçant les graves violations de la démocratie et des droits de l’homme en RDC, alors qu’elle vient de se précipiter d’exclure avec fracas le Mali dans le but de « contribuer au retour à la paix et à la démocratie » ?
Où sont-ils tous aujourd’hui alors que celui qui se fait appeler «Joseph Kabila» tue, pille et triche en toute impunité en RDC ?
L’APARECO, face à cette situation, met une fois de plus en garde l’ONU et tous ceux qui persistent dans cette politique de l’autruche en RDC. Elle les prévient que le peuple congolais a désormais compris dans sa large majorité, que la République démocratique du Congo est occupée par des troupes en provenance de pays voisins dont particulièrement le Rwanda ; et il est désormais convaincu que le «proconsul» de Paul Kagame, « Joseph Kabila » pour ne pas le nommer, qui se trouve aujourd’hui à la tête des institutions de la République démocratique du Congo, n’abandonnera jamais le pouvoir par les voies dites démocratiques qui lui servent plutôt de strapontin, grâce aux fraudes massives et à la répression sanglante, pour couvrir et légitimer son imposture .
L’APARECO rappelle que la première mission de « Joseph Kabila », comme nous avons eu à le démontrer régulièrement dans nos écrits (cf www.apareco-rdc.com), est d’empêcher par tous les moyens que les congolais puissent organiser leur armée et leur administration pour stopper le processus en cours de l’annexion au Rwanda de la partie Est de la RDC, à travers le déplacement forcé de près de 2 millions de Congolais qui sont progressivement remplacés par des populations en provenance du Rwanda.
L’agence Fides du Vatican et d’autres ONG tel que « Refugees International » ont dénoncé ces opérations sans aucune réaction de la communauté internationale.
Devant tout ce qui précède, l’APARECO demande solennellement à l’ONU et à l’Union Européenne dont la mission d’observation vient de reconnaître officiellement des faits qui confirment l’illégalité et l’irrégularité des élections en RDC, de tirer toutes les conséquences logiques de cette situation en vue de faire respecter la volonté du peuple congolais qui a rejeté publiquement et massivement l’imposteur « Joseph Kabila ».
Car on ne peut prétendre œuvrer pour la démocratie lorsque la volonté du souverain primaire est bafouée et violée cyniquement par un imposteur. Autrement, l’APARECO tiendra pour responsable cette même communauté internationale pour des lourdes conséquences de son attitude qui risqueront de plonger demain la RDC dans une profonde instabilité politique.
Car, le peuple congolais qui a pris conscience du déni de justice dont il est l’objet de la part de la communauté internationale, agira désormais en conséquence !
Paris, le 2 Avril 2012
Candide OKEKE
Directrice de cabinet du président national de l’APARECO
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