
Certains medias ont relayé, à Kinshasa, les propos d’un député proche du gouverneur de la province du Nord Kivu accusant Mbusa Nyamwisi d’être complice du désordre qui prévaut actuellement à l’Est de la RDC.
Ce député national élu de Butembo aux dernières est cité comme l’une des personnalités politiques congolaises œuvrant en faveur de cette nouvelle rébellion. Une manière de le présenter comme potentiel
dirigeant de M23.
Nos limiers ont essayé de fouiner pour avoir un peu de lumière sur ces allégations.
A Beni, Butembo et Kampala en Ouganda, des questions ont été posées, par nos limiers. à plusieurs sources dignes de foi même si le principal concerné (Mbusa Nyamwisi) n’avait pu être contacté.
Il ressort de ces investigations qu’à ce stade de l’évolution des choses il est difficile d’établir l’implication de cet ancien Ministre des affaires Etrangères congolais dans l’actuelle insurrection de l’Est faute des preuves.
Ceux qui l’incriminent, se limitent au fait qu’il était de passage à Kampala en Ouganda.
Pourtant, c’est dans cette capitale ougandaise que presque tous les députés de l’Est du Congo (Ituri, Haut Uélé, Nord Kivu) atterrissent venant de Kinshasa avant de se rendre, par route, dans leurs fiefs respectifs en RDC.
Les proches d’Antipas Mbusa ne s’étonnent pas de cet acharnement du pouvoir contre leur leader. Cela ne date pas d’aujourd’hui, a confié une de nos sources.
Mbusa Nyamwisi fait l’objet des cabales montées dans l’entourage proche de Joseph Kabila. Il fait peur aux Kabilistes qui n’hésitent pas un instant de jeter des peaux de bananes sur son parcours politiques.
C’est très normal puisque Joseph Kabila connais combien de fois il a floué Mbusa Nyamwisi dans leurs rapports depuis avant le dialogue inter congolais de Sun City jusqu’aux dernières élections a martelé une dame membre du RCD/K-ML.
Peut être redoute-t-il un éventuel retour de l’ascenseur de la part de Mbusa Nyamwisi a-t-elle conclu. Bosco Ntaganda et Sultani Makenga qui ont commencé la mutinerie de M23 étaient des protégés du pouvoir de Kinshasa.
C’est connu de tous. Pourquoi veut-on nécessairement voir l’ombre de Mbusa derrière cette insurrection ?
La raison est bien simple, pense un proche de Mbusa. Alors, Ministre des affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi avait proposé des pistes pour régler la question du CNDP de Laurent Nkunda sans se faire entendre dans l’entourage de Joseph Kabila.
Malheureusement, tout ce qui a été fait par l’entourage du chef de l’Etat congolais pour gérer la situation de l’Est a échoué lamentablement au point de déboucher sur cette mutinerie (rébellion) que l’on déplore ce jour.
L’entourage de Kabila découvre tardivement que Mbusa avait raison. Cet ancien Ministre des affaires étrangères pensait, déjà à l’époque, qu’il fallait, pour régler définitivement la question du CNDP, envisager d’avoir des relations sincères entre la RDC et le Rwanda, le temps de construire une armée forte capable de défendre les frontières de la RDC.
Il n’a pas été entendu et la suite est bien connue. Les « Mbusa boy’s » de Beni ne voient pas leur leader œuvrer pour la balkanisation du Congo. Ils rappellent que c’est le RCD/K-ML de Mbusa Nyamwisi qui était la première rébellion à tendre la main à Kinshasa avant même la tenue du dialogue inter congolais de Sun City.
C’est pour cela qu’ils le considèrent comme pionnier de la réunification du Congo. Ils ne comprennent pas pourquoi l’entourage de Kabila s’acharne sur leur leader.
Ce n’est pas lui qui peut cracher sur ce pourquoi il avait consacré tout son combat politique de plusieurs années.
Nul n’ignore que le pouvoir de Kinshasa a tout fait pour dresser certains politiciens du Nord Kivu contre la personne de Mbusa dans l’objectif de l’étouffer politiquement dans cette partie de la RDC.
Pour y arriver, tous les coups sont permis. Hélas, Mbusa a survécu politiquement à tous les coups montés contre lui par l’entourage de Kabila. Il en a donné la preuve en se faisant élire haut la main dans un territoire où toutes les grosses pointures du PPRD avaient broyé du noir, pense-t-on à Butembo.
Pourquoi fait-il peur?
Ancien président de l’Assemblée Générale de la rébellion du RCD/Goma et ancien chef rebelle du RCD/K-ML, Mbusa doit avoir des entrées dans les sphères politiques du Rwanda et de l’Ouganda, deux pays associés à l’histoire de dernières rebellions congolaises.
Natif de l’Est du Congo, Mbusa Nyamwisi est sensé avoir une bonne lecture de la situation qui prévaut dans cette partie de la RDC qu’il connait très bien pour l’avoir dirigée pendant la rébellion.
Il a été Ministre des Affaires Etrangères du Congo et donc eu le temps d’enrichir son carnet d’adresses. Dans son Nord Kivu natal pullule des groupes mayi-mayi qui n’ont besoin que d’un «donneur d’ordre » pour agir dans un sens comme dans un autre. Tout ceci fait peur aux Kabilistes.
Les tenants du pouvoir à Kinshasa se rappellent que c’est une insurrection de banyamulenge (des tutsi congolais) soutenue par le Rwanda qui s’était transformée en rébellion de l’AFDL et porté Kabila père au pouvoir.
Le pourvoir actuel qui en est la prolongation ne peut que craindre la répétition de l’histoire avec cette autre insurrection des tutsi congolais, le M23.
En attendant d’avoir d’autres faits probants, le doute profite à l’accusé. Trêve donc à la spéculation. Wait and see.
Joska Kaninda Nkole
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire