samedi 16 octobre 2010

Les congolais disent NON à la présence de «Joseph Kabila» et Paul Kagamé au 13ème sommet de l’organisation Internationale de la Francophonie à Montreux en Suisse du 22 au 24 Octobre 2010.

APARECO - SUISSE
Président territorial APARECO - SUISSE
Email: makangu@hotmail.com / Website : www.aparecordc.org

Lettre ouverte de l’APARECO-Suisse :
Les congolais disent NON à la présence de «Joseph
Kabila» et Paul Kagamé au 13ème sommet de
l’organisation Internationale de la Francophonie à
Montreux en Suisse du 22 au 24 Octobre 2010.

A l’attention de :
Monsieur le secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie,
Madame la Présidente de la Confédération Helvétique,
Madame la ministre des affaires étrangères de la Confédération Helvétique,
Zurich, le 15 Octobre 2010

Mesdames, Monsieur
A l’occasion du 13ème sommet de l’organisation Internationale de la Francophonie qui se
tiendra à Montreux en Suisse du 22 au 24 octobre 2010, l’Alliance des Patriotes pour la Refondation
du Congo (APARECO) section Suisse, plate forme politique contre le processus
d’occupation, de la balkanisation, du pillage, de la dictature, de la barbarie et des viols en
République Démocratique du Congo, lance un appel solennel pour vous sensibiliser sur le
rapport du Haut-commissariat aux Droits de l’homme de l’ONU (HCDH) concernant les
exactions commises en République Démocratique du Congo entre 1993 et 2003 publié depuis
le 1er octobre 2010.

Plusieurs témoignages, enquêtes et preuves des organisations internationales et privées
avaient déjà été apportés à l’opinion internationale, principalement ceux de l’ancienne procureure
du TPI, Carla Del Ponte, de l’ancienne Commissaire européenne à l’aide Humanitaire,
Emma Bonino, de l’ancien Rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme en
République Démocratique du Congo, Aldo Ajello, de l’ancien secrétaire général de l’ONU,
Boutros Boutros Ghali, de Monsieur Honoré Ngbanda, Président National de l’APARECO
dans son livre « Crimes organisés en Afrique centrale »Editions Duboiris 2004, des écrivains
investigateurs, Charles Onana dans « Ces tueurs tutsi au coeur de la tragédie congolaise » et
Pierre Péan dans « Noires fureurs, blancs menteurs ».

Pendant dix ans, la République Démocratique du Congo n’a pas seulement connu « les violations
les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire » selon
ledit rapport, mais la plus horrible barbarie qu’ait connue l’humanité en plein 21ème siècle et
cela au vu et au su de la communauté internationale.

Monsieur le secrétaire général,
L’Organisation Internationale de la Francophonie stipule dans sa charte que son rôle primordial
est: « l’instauration et le développement de la démocratie, la prévention, la gestion
et le règlement des conflits ». A ce jour, ces objectifs de l’Organisation Internationale de la
Francophonie sont restés lettres mortes en ce qui concerne la République Démocratique du
Congo. L’organisation que vous dirigez, et la presse francophone en général sont restées
silencieuses face à la tragédie du peuple congolais par un embargo total, alors que durant la
guerre dite de libération, pendant six mois, toute la presse francophone internationale a
relaté minute par minute l’avancée de la coalition des troupes qui ont envahies le Congo.

Madame la Présidente de la Confédération Helvétique,
Madame la ministre des affaires étrangères de la confédération Helvétique,
En tant que femme plurielle, fille, épouse, mère et grand-mère ; pendant dix ans, la femme
congolaise en général et celle de l’Est de la République Démocratique du Congo en particulier
a été utilisée comme arme de guerre. Elle a subi toutes les exactions et humiliations
inhumaines. Brûlée sur un bûcher ou dans sa case comme un animal, violée par ces barbares
du 21ème siècle devant le mari et les enfants et ensuite forcée par son bourreau à être
violée par ses propres enfants. Des organes génitaux coupés ou mutilés pour qu’elle n’ait
plus de progéniture.

Voilà, Madame la Présidente, Madame la ministre, ce qu’à vécu la femme congolaise et
continue encore de vivre dans l’indifférence totale de la communauté internationale.
Comment pouvons-nous interpréter que la presse en général et les femmes députés eurpéennes se mobilisent pour « Sauvons Sakineh » afin d’assister au procès d’une femme iranienne
qui a été condamnée par lapidation ? Comment pouvons- nous interpréter que
même le chat qu’une femme anglaise a jeté dans une poubelle à Londres a droit à la justice
et que toute la presse en fasse des gorges chaudes quand dans le même temps la femme
congolaise est violée et brûlée vive sans qu’il n’y aie plus de réactions à travers le monde ?

Monsieur le secrétaire général,
Madame la Présidente de la Confédération Helvétique,
Madame la ministre des affaires étrangères de la Confédération Helvétique,

La République Démocratique du Congo, 2ème pays francophone par sa population a perdu
injustement en dix ans, six millions de sa population. C’est l’équivalent de 3,3 % de
200.000.000 des personnes qui parle le français dans le monde, c’est toute la population de
la Suisse qui est éradiquée, c’est 10 % de la population française. Leur « crime » est d’avoir
toujours été un peuple hospitalier qui a régulièrement accueilli sur son sol des réfugiés
(Tutsi et Hutu) rwandais, ougandais, burundais, angolais, soudanais…

Les pays d’où sont venus la horde des barbares qui a mis notre pays à feu et à sang, les responsables,
les commanditaires, les bourreaux de six millions de congolais et des centaines
de milliers de Hutus au moins durant la période allant de 1993 à 2003, ont bien été identifiés
dans le rapport publié le 1er octobre 2010 par le Haut-commissariat aux droits de
l’homme de l’ONU.

En 1996 , sous le couvert d’une fausse « révolte des Banyamulenge » , qui cachait en réalité
le début d’un véritable processus d’occupation et de balkanisation de la RDC téléguidé à
partir de Kigali et Washington, la guerre dite de « Libération de la RDC » a eu pour conséquence
d’imposer l’anglais et le swahili comme langue des conquérants au détriment des
trois autres langues nationales du Congo, à savoir le Lingala, le Kikongo , le Tshiluba et du
français notre langue officielle. C’est ainsi qu’en 1997 l’anglais fit son apparition par
exemple sur les billets de banque de la RDC.

Cette guerre menée insidieusement contre la République démocratique du Congo apparaît
donc clairement être menée aussi contre l’influence de la francophonie dans la région. « Joseph
Kabila » qui est d’origine rwandaise et de culture anglophone est arrivé en RDC dans
les bagages de l’AFDL. Il a été un soldat de l’APR (Armée patriotique rwandaise) sous les
ordres du Général James Kabarebe, et par la suite il a été Commandant des opérations militaires
de Bukavu à Kisangani.

Ses actes montrent chaque jour qu’il marche docilement sur les pas de son mentor le président
rwandais Paul Kagamé, ancien responsable de l’APR. Or, ce dernier à déjà montré au
monde le véritable fond de sa pensée en ce qui concerne la francophonie.
N’est-ce pas dès lors, choquant que ces deux présidents, bourreaux de millions de francophones
de la région des Grands Lacs, et qui ont largement donné les signes de leur manque
de considération pour la langue et la culture francophone, puissent assister du 22 au 24
octobre 2010 au 13ème sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie à
Montreux en Suisse ?

Monsieur le secrétaire général,
Madame la Présidente de la Confédération Helvétique,
Madame la ministre des affaires étrangères de la Confédération Helvétique,

La guerre dite de « libération » de 1996 -1997 et les élections truquées de 2006 que la
communauté internationale et la presse internationale ont pourtant salué, n’ont fait
qu’accélérer la descente aux enfers du peuple congolais qui vit un véritable cauchemar aujourd’hui.
C’est pourquoi, au nom des six millions de victimes congolaises, de deux cent milles Hutu et
plus d’un million de réfugiés congolais, nous, membres de l’APARECO Suisse vous demandons:

1. De ne pas accueillir ces deux Présidents lors du 13 ème sommet de l’Organisation
Internationale de la Francophonie, ni de leur dérouler le tapis rouge sur le sol Helvétique.
2. La justice reste l’arme des victimes ; c’est pourquoi nous vous demandons de vous
impliquer pour qu’un tribunal spécial international voie le jour pour la République
Démocratique du Congo à l’instar des tribunaux pour l’ex Yougoslavie, le Rwanda, La
Sierra Leone, Le Liban et bientôt pour le Dafour au Sud Soudan.
3. D’annuler le 14ème sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie qui
se tiendra en 2012 à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, qui n’a de
démocratie que de nom, alors qu’en réalité, c’est une dictature qui tue et persécute
ses propres filles et fils, à travers récemment les massacres et les multiples arrestations
arbitraires des Bundu Dia Kongo au Bas-Congo, des résistants « Enyele » dans la
province de l’Equateur, des journalistes de Radio Okapi, de l’activiste des droits de
l’homme et Président de l’ONG la « Voix des Sans-Voix » Floribert Chebeya et de son
chauffeur toujours porté disparu, plus récemment encore du citoyen congolais Armand
Tungulu, sans compter les viols collectifs dans le Nord-Kivu entre le 30 juillet et
le 2 août 2010 , tout ceci dans un pays qui a fait de l’impunité un art de gouverner.

Le peuple congolais ne demande qu’une seule chose. Que justice soit faite et que les
coupables répondent de leurs actes.

Veuillez agréer, Monsieur le secrétaire général, Madame la Présidente, Madame la
ministre des affaires étrangères, l’expression de nos sentiments distingués.

Jean-Marie Makangu Ndombasi
Président territorial / APARECO-SUISSE

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