samedi 11 décembre 2010

Cinq chantiers: saupoudrage à Kinshasa, souffrance à l’Est de la RDC

Les 5 Chantiers de Joseph Kabila
















Les images diffusées par les télévisions kinoises sur la réalisation de cinq chantiers de la République contrastent avec les réalités vécues par les congolais de l’Est du pays et particulièrement des districts de l’Ituri et du Haut Uélé dans la province Orientale.
L’équipe du Journal Le Millénaire vient d’effectuer une tournée dans l’Ituri et dans le Haut Uélé.  A Mahagi, Bunia, Dungu, Faradje, Aru, Ariwara et Azayi, notre équipe s’est rendu compte des conditions de vie déplorables que vivent les populations de l’arrière pays.
















L’état de routes y  est très défectueux.  L’accès  à certains villages n’est possible que par velos et motos l’état des routes ne permettant pas la circulation des voitures et camions.  En Ituri par exemple pour partir de Bunia  à Aru, il faut passer par l’Ouganda. Aucune route carrossable ne relie Aru à Mahagi, Bunia  à Dungu, Dungu à Faradje… Les hommes riches empruntent des avions petits porteurs. Les pauvres populations se contentent de la marche à pied ou de l’usage des vélos et motos.  Le tronçon Ariwara-Azayi,  long de 75 kilomètres, nécessite six heures de voyage par moto pour le franchir. C’est toute la mesure de l’état défectueux de cette route. Certaines contrées n’ont pas accès à l’eau potable. Les rares agglomérations, comme la ville de Bunia, qui ont des stations de la Regideso (la société de distribution d’eau de la RDC) se butent au problème de la qualité de l’eau et de son insuffisance. L’électricité relève de l’utopie dans plusieurs villages de l’Est du Congo où les habitants ont du mal à accéder aux soins de santé.  Dans ces villages aux maisons en pailles et en pisés, la vie ressemble à celle de l’époque de l’antiquité : pas de radio, pas de télévision et pas de réseau téléphonique.  L’or, le diamant et le bois exploite dans ces régions n’ont pas laisse d’impacts en terme de développement du milieu.















Les témoignages des villageois attestent que rien n’a été fait sur leurs routes pendant ces cinq ans du premier mandat électoral de Joseph Kabila. Les rares travaux qui ont été réalisés notamment sur le tronçon Bunia-Mahagi ont été l’œuvre des ONG et de la Monusco. L’Etat congolais n’a jamais rien entretenu. Des usagers des camions embourbés sur les différentes routes empruntées par notre équipe ne s’empêchaient pas d’ironiser. Vive les cinq chantiers, criaient-ils, à chaque occasion qu’il leur était demandé de descendre du véhicule pour le pousser en vue de le tirer des trous ou des boues.




















Visiblement, rien n’a été fait pour les congolais de l’arrière pays pendant ce premier mandat électoral de Joseph Kabila. Les images diffusées par les télévisions congolaises s’agissant de la réalisation des cinq chantiers ne traduisent pas la réalité vécue par nos populations. Il va sans dire que le pouvoir en place en RDC n’aura pas un morceau facile pour expliquer aux populations de l’Est de la RDC les raisons de la non.

Source: Le Millénaire

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire