Patrice Emery Lumumba : Un visage, un nom, une voix qui manquent à l’Afrique noire (PH : DR)(AfriSCOOP Analyse) — Patrice Emery Lumumba fait incontestablement partie des Africains qui ont marqué de leur nom les mouvements d’indépendance en Afrique d’une manière générale. 50 ans jour pour jour après la disparition du leader du Mnc (Mouvement national congolais), ses visions sont toujours d’actualité…
Chaque fois que claudiquent les luttes démocratiques sur le continent noir, les lectures politiques de P. Emery Lumumba et de Thomas Sankara reviennent dans la bouche des Africains. M. Lumumba a rendu l’âme voici cinq décennies. Thomas Sankara a cassé la pipe il y a près de 24 ans. La disparition de ces deux Africains a été planifiée dans les bureaux des services secrets occidentaux. Même les Américains ont mis leurs mains dans la préparation de ces plans d’élimination physique. Les terres natales respectives d’Emery et Thomas n’ont pas encore connu le développement qu’ils ont tant rêvé !! Plus concrètement, c’est dire que les visions lumumbistes et sankaristes relatives à la place de l’Afrique dans le jeu des puissances occidentales n’ont toujours pas été matérialisées.
L’actualité récente et lointaine de l’Afrique nous le démontre bien. C’est un peu le cas de l’approche panafricaniste lue par beaucoup d’Africains dans la position de Laurent Gbagbo vis-à-vis de l’Occident dans la crise ivoirienne. C’est aussi le cas de la lecture que fait souvent l’actuel exécutif botswanais, Ian Khama, des grands différends sur le continent le plus pauvre du monde. Qu’ils sont rares les chefs d’Etat en poste sur le continent noir qui peuvent dire leurs quatre vérités à leurs homologues occidentaux. A l’image du discours-réponse de Patrice Lumumba au roi Baudoin de la Belgique, le 30 juin 1960. Le Premier ministre congolais avait eu le culot de signifier au souverain belge que « l’indépendance de son pays n’est pas un cadeau », mais le couronnement d’une longue et douloureuse lutte !!! Ceux qui se mettent dans la peau de défenseurs de l’Afrique ne sont pas généralement des exemples, ou s’adonnent tout juste à de la comédie politique. C’est le cas de Me Abdoulaye Wade du Sénégal qui, chaque mois, donne de petits coups de couteau à la démocratie sénégalaise. Ou encore du Guide de la « Révolution libyenne », Mouammar Khadafi : ses propos sont aussi versatiles que ses mimiques quotidiens.
1961-2011 : la Rdc n’a pas connu de grandes mutations
L’indolence des leaders politiques africains vis-à-vis des velléités (supposées comme réelles) de « diktat » de l’Occident a servi et continue de servir de lit à la survivance du sous-développement d’un grand nombre d’Etats d’Afrique. Le constat est plus criard en Afrique sub-saharienne où le développement semble figé depuis 1960. La commémoration du « cinquantenaire des indépendances africaines » tout au long de l’année 2010 l’a suffisamment démontré.
Cinq décennies après l’assassinat de M. Lumumba, sa terre natale demeure l’un des pays les plus pauvres du monde !! En dépit de ses innombrables ressources minières et énergétiques. L’exemple le plus criard de nos jours est l’exploitation non contrôlée du coltan (matière première indispensable à la fabrication de téléphones portables dans le monde). Comme pour narguer indirectement la mémoire de l’émérite Emery, les députés du Pprd (parti du président Joseph Kabila) ont modifié ce week-end les règles de la présidentielle. Dorénavant, elle aura lieu le temps d’un seul tour !!! En dépit des multiples cris poussés à ce sujet par la société civile et les opposants congolais. Une fois encore, l’Histoire saura mettre en lumière ses valeureux acteurs, ou jeter dans sa poubelle les chevaliers de l’apocalypse. En Rdc comme dans le reste du monde.
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