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Alors que le premier ministre égyptien discute Constitution avec le « comité des sages » créé au lendemain des grandes manifestations en Égypte, la mobilisation ne faiblit pas au Caire et dans tout le pays. Après avoir, mardi 8 février, atteint un niveau jamais vu depuis le début des événements, elle s’est poursuivie mercredi notamment devant les sièges du parlement et du gouvernement au Caire, non loin de la place Tahrir, devenue le symbole de la contestation populaire.
« Il n’y a pas de négociations, c’est un leurre. La révolution appartient au peuple égyptien, déclarait l’écrivain égyptien Alaa El Aswany, proche de la mouvance conduite par l’ancien diplomate égyptien Mohamed El Baradei. L’Égypte dispose de personnes compétentes et intègres capables d’assurer une transition vers la démocratie et le changement de la Constitution. »
Le pouvoir joue le pourrissement du mouvement de protestation, sans succès jusqu’à présent. Mais il n’a rien cédé depuis que Hosni Moubarak a lui-même annoncé qu’il ne se représenterait pas à la prochaine élection présidentielle et que son fils n’avait aucune ambition politique.
De plus en plus d’Égyptiens rejoignent la contestation
« Il n’y a pas d’essoufflement de la mobilisation. Je pense que le régime est mort moralement, politiquement, il est fini. Mais la machine de la dictature reste », remarque Alaa El Aswany. L’opposition, elle, a changé de stratégie : « Notre action ne se portera pas uniquement place Tahrir. Désormais, nous allons manifester devant le Parlement et les ministères », poursuit l’écrivain. Avec l’objectif de paralyser l’État.
Mais le tempo du pouvoir n’est pas celui de la rue. Il n’est pas prêt à céder quoi que ce soit. Exemple : la levée de l’état d’urgence, en vigueur en Égypte depuis vingt-sept ans, renouvelée pour deux ans en mai 2010, est l’une des revendications des manifestants. « Pour le pouvoir, ce n’est pas négociable, pas avant la fin des élections », estime un observateur occidental.
Le sort de Moubarak se joue entre les caciques de l'armée
Un départ anticipé du président est de plus en plus évoqué. Selon une rumeur persistante, Alaa et Gamal Moubarak, ses deux fils, négocieraient un départ de leur père, à la condition qu’il n’y ait pas de poursuites judiciaires contre lui. Et ce diplomate de conclure : « Un départ de Moubarak sonnerait la victoire de Tahrir. »
| Agnès ROTIVEL, au Caire |

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