mercredi 20 juillet 2011

Guerre en Libye : Edem Kodjo critique l’Afrique


Edouard Edem Kodjo, ancien secrétaire général de la défunte Oua (Organisation de l’Unité africaine, ancêtre de l’Ua) (DR)
(AfriSCOOP Lomé) —Dans le cadre d’une émission ce 17 juillet 2011 sur Tvt (Télévision nationale du Togo), Edouard Edem Kodjo, ancien secrétaire général de la défunte Oua (Organisation de l’Unité africaine, ancêtre de l’Ua) a critiqué « l’incapacité des Africains à trouver des solutions africaines aux problèmes africains », base selon lui de l’ingérence occidentale dans les affaires du continent noir.
« Je ne trouve rien à redire au sujet de la recherche d’écarter du pouvoir le colonel Khadafi qui a déjà passé plus de 40 ans aux commandes de son pays (…) Ce sont plutôt les conditions dans lesquelles la résolution 1973 de l’Onu (qui a autorisé les frappes de l’Otan en Libye) a été votée et mise en application qui interpellent plus d’un Africain (…) », a lâché l’ancien Premier ministre togolais Kodjo en évoquant la guerre en cours dans l’Etat libyen. « Le vote de cette résolution doit nous interpeller en tant qu’Africains parce que trois Etats africains l’ont cautionnée (Afrique du Sud, Nigéria et Gabon) », a poursuivi l’actuel conseiller à la Présidence du Togo.
« Ce n’est pas par hasard que le président Jacob Zuma de l’Afrique du Sud a déclaré par après que les Etats africains qui ont apporté leur aval à la naissance de la résolution 1973 se sont sentis floués par leurs partenaires occidentaux », a-t-il encore expliqué. Par la même occasion, l’ancien président de la Cpp (Convergence patriotique panafricaine, parti politique) a critiqué les Etats africains au sujet des moyens financiers dont ils dotent l’Ua (Union africaine). « 80% de l’actuel budget de l’Ua provient de l’extérieur. Comment voulons-nous nous affirmer à l’échelle internationale dans de pareilles conditions ? Mon Oua n’avait pas une situation financière pareille », a sèchement déclaré le diplomate-écrivain.
Depuis la fin du second semestre 2010, l’ex patron de l’Oua aujourd’hui âgé de 73 ans a lancé sa Fondation, « Pax Africa » (paix africaine). Elle promeut la recherche de la paix dans les différends africains par des « élites africaines. Notre ambition est de nous forger, dans les années à venir, une solide réputation dans ce domaine, à l’image de la Fondation Carter (du nom de l’ancien président Jimmy Carter) qui est incontournable en matière d’observation électorale dans le monde », a fait savoir Edouard Kodjo.

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