VENDREDI, 26 AOÛT 2011

Le 30 novembre 1973, le président Mobutu Sese Seko prononça devant le Conseil législatif national (le parlement), à la Cité du parti dans la zone (commune) de la N'Sele, un discours de politique générale qui marqua le début de l'effondrement économique du pays.
Y était-il poussé ou motivé par sa propre mégalomanie aux faîtes de sa gloire, la gloire d'un enfant parti de rien, issu d'une famille pauvre qui a réussi?
N'en déplaise, mais le fait est que ce discours constitue à jamais une erreur politique et économique de très mauvais aloi, inspiré par les courants marxistes dominants la pensée politique à cette époque.
Dans le contexte politique entièrement enveloppé par les affrontements idéologiques Est-ouest, le président-fondateur du MPR puisait aussi bien dans l'un ou l'autre camp pourvu que cela s'habille à la forme d'idée politique qu'il voulait fournir comme le reflet des aspirations populaires. D 'ailleurs, il était à l'abri de toute contestation et contradiction.
C'est ainsi que dans un environnement politique dominé par sa pensée politique unique qu'il avait réuni le parlement pour lui annoncer les grandes décisions qu'il avait prises pour mettre fin à l'exploitation du pays par la Belgique. Parce que le Zaïre (Congo) continuait, à son avis, à faire un effort d'après guerre toujours en faveur de son ancienne métropole.
Le président Mobutu était convaincu de poser un acte économique historique, il avait moyennement apprécié les conséquences à court, moyen et long termes. Mais prudent, il appuya sa décision sur les prescrits de la constitution de l'époque qui lui aménageait des pouvoirs spéciaux. Cette constitution disait en effet, dans son article 14 bis, que le sol et le sous-sol zaïrois ainsi que leurs produits -naturels appartenaient à l'Etat.
Et la Loi foncière que Mobutu a promulguée le 20 juillet 1973, trois mois avant le discours du 30 novembre de la même année, stipulait que «le sol est la propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible de l'Etat. La propriété de l'Etat c'est donc la terre de nos ancêtres et cette terre appartient aux zaïroises et zaïrois seuls».
COUP D'ARRET A LA PRODUCTION
De toute évidence, en insistant sur ce point, le président ne faisait que fédérer l'opinion nationale à son idée, un détail important dans le processus de l'acceptation de cette décision impopulaire. Et coup de tonnerre, il martela que partout au monde, l'agriculture est une affaire des nationaux de chaque pays (encore une phrase pour sceller l'adhésion populaire).
C'est pourquoi, à partir d'aujourd'hui, les plantations, les élevages, les fermes, les carrières reviennent aux zaïrois. Toutes les concessions mises en valeur avec le financement du Crédit au Colonat doivent être considérées comme appartenant d'office aux zaïrois. Pour toutes les autres, qui ont été mises en valeur par l'effort des personnes physiques ou morales étrangères, une indemnisation équitable sera payée aux anciens propriétaires, et ce, dans un délai de 10 ans.
Les plantations et les maisons abandonnées deviennent à partir de ce jour, propriétés de l'Etat. En clair, cela veut dire que les plantations de café, de thé, de tabac, de sisal, d'hévéa, de cacao, de palmiers, de quinquina, de pyrèthres, d'anarcadiers ; les élevages de vaches, de porcs, de moutons, de poules, de pigeons, de canards, de lapins ; la pisciculture, les carrières de pierres ou de marbres et les briqueteries, seront exploités exclusivement par des zaïrois.
Contrairement aux ressources du sous- sol, qui ne se réforment pas quand on les exploite, le bois constituant pour le pays une très grande richesse, son exploitation sera sévèrement contrôlée. L'exportation du bois zaïrois sous forme de grumes est désormais interdite, sauf sur autorisation spéciale accordée uniquement aux zaïrois.
NE RIEN LAISSER AUX BELGES PAR DEFI
Dans le domaine minier, toute concession accordée à un investisseur doit donner droit à une participation de 50% à l'Etat zaïrois. Mobutu insista sur le cas de la FORMINIERE, une société à charte du groupe de 1906 comme l'Union Minière (GECAMINES). Les parts sociales de l'Etat zaïrois, encore colonie, lui conféraient le droit de vote de 55,50% aux assemblées générales.
Le 25 juillet 1960, poursuivit Mobutu, la Forminière créa à cent pour cent une société une filiale de droit belge dénommée INTERFOR : la participation du Zaïre restait donc de 55,50%. Le 16 ami 1968, Interfor fut remplacé par Indufor, toujours à 100%. Depuis 1960, poursuivra Mobutu, «nous négocions avec cette société pour qu'elle ramène au Zaïre la part qui nous revient de son portefeuille, qui vaut 55,50% de la société.
13 ans après l'indépendance, cette société continue à narguer l'Etat zaïrois. C'est pourquoi, nous avons décidé de récupérer toutes ses participations au Zaïre, tant des sociétés soeurs que filiales. C'est ainsi que deviennent à 100% zaïroises, les sociétés FORESCOM, la MIBA, le BCK/Manganèse et la SCAM et d'autres. A partir d'aujourd'hui, je mets fin à l'existence de toutes les sociétés à charte».
Comme si cela ne suffisait pas, Mobutu zaïrianisa aussi le commerce et les entreprises. Le commerce tant intérieur qu'extérieur a connu une zaïrianisation progressive, mais rapide dans les deux secteurs. Des instructions précises ont été données au commissaire d'Etat au Commerce (ministre du Commerce) pour traduire dans les faits cette politique du Conseil exécutif national. Les effets corrosifs de cette nationalisation à outrance sont à ces jours permanents. Les acquéreurs des biens zaïrianisés n'ayant pas parvenu à viabiliser ces unités de production.
Lesquelles contribuaient à la constitution du Produit intérieur brut, généraient des emplois permanents et rémunérateurs et sédentarisaient les populations. Et les pillages de 1991 et 1993 sont venus terrasser un malade alité depuis une vingtaine d'années.

LF

Le 30 novembre 1973, le président Mobutu Sese Seko prononça devant le Conseil législatif national (le parlement), à la Cité du parti dans la zone (commune) de la N'Sele, un discours de politique générale qui marqua le début de l'effondrement économique du pays.
Y était-il poussé ou motivé par sa propre mégalomanie aux faîtes de sa gloire, la gloire d'un enfant parti de rien, issu d'une famille pauvre qui a réussi?
N'en déplaise, mais le fait est que ce discours constitue à jamais une erreur politique et économique de très mauvais aloi, inspiré par les courants marxistes dominants la pensée politique à cette époque.
Dans le contexte politique entièrement enveloppé par les affrontements idéologiques Est-ouest, le président-fondateur du MPR puisait aussi bien dans l'un ou l'autre camp pourvu que cela s'habille à la forme d'idée politique qu'il voulait fournir comme le reflet des aspirations populaires. D 'ailleurs, il était à l'abri de toute contestation et contradiction.
C'est ainsi que dans un environnement politique dominé par sa pensée politique unique qu'il avait réuni le parlement pour lui annoncer les grandes décisions qu'il avait prises pour mettre fin à l'exploitation du pays par la Belgique. Parce que le Zaïre (Congo) continuait, à son avis, à faire un effort d'après guerre toujours en faveur de son ancienne métropole.
Le président Mobutu était convaincu de poser un acte économique historique, il avait moyennement apprécié les conséquences à court, moyen et long termes. Mais prudent, il appuya sa décision sur les prescrits de la constitution de l'époque qui lui aménageait des pouvoirs spéciaux. Cette constitution disait en effet, dans son article 14 bis, que le sol et le sous-sol zaïrois ainsi que leurs produits -naturels appartenaient à l'Etat.
Et la Loi foncière que Mobutu a promulguée le 20 juillet 1973, trois mois avant le discours du 30 novembre de la même année, stipulait que «le sol est la propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible de l'Etat. La propriété de l'Etat c'est donc la terre de nos ancêtres et cette terre appartient aux zaïroises et zaïrois seuls».
COUP D'ARRET A LA PRODUCTION
De toute évidence, en insistant sur ce point, le président ne faisait que fédérer l'opinion nationale à son idée, un détail important dans le processus de l'acceptation de cette décision impopulaire. Et coup de tonnerre, il martela que partout au monde, l'agriculture est une affaire des nationaux de chaque pays (encore une phrase pour sceller l'adhésion populaire).
C'est pourquoi, à partir d'aujourd'hui, les plantations, les élevages, les fermes, les carrières reviennent aux zaïrois. Toutes les concessions mises en valeur avec le financement du Crédit au Colonat doivent être considérées comme appartenant d'office aux zaïrois. Pour toutes les autres, qui ont été mises en valeur par l'effort des personnes physiques ou morales étrangères, une indemnisation équitable sera payée aux anciens propriétaires, et ce, dans un délai de 10 ans.
Les plantations et les maisons abandonnées deviennent à partir de ce jour, propriétés de l'Etat. En clair, cela veut dire que les plantations de café, de thé, de tabac, de sisal, d'hévéa, de cacao, de palmiers, de quinquina, de pyrèthres, d'anarcadiers ; les élevages de vaches, de porcs, de moutons, de poules, de pigeons, de canards, de lapins ; la pisciculture, les carrières de pierres ou de marbres et les briqueteries, seront exploités exclusivement par des zaïrois.
Contrairement aux ressources du sous- sol, qui ne se réforment pas quand on les exploite, le bois constituant pour le pays une très grande richesse, son exploitation sera sévèrement contrôlée. L'exportation du bois zaïrois sous forme de grumes est désormais interdite, sauf sur autorisation spéciale accordée uniquement aux zaïrois.
NE RIEN LAISSER AUX BELGES PAR DEFI
Dans le domaine minier, toute concession accordée à un investisseur doit donner droit à une participation de 50% à l'Etat zaïrois. Mobutu insista sur le cas de la FORMINIERE, une société à charte du groupe de 1906 comme l'Union Minière (GECAMINES). Les parts sociales de l'Etat zaïrois, encore colonie, lui conféraient le droit de vote de 55,50% aux assemblées générales.
Le 25 juillet 1960, poursuivit Mobutu, la Forminière créa à cent pour cent une société une filiale de droit belge dénommée INTERFOR : la participation du Zaïre restait donc de 55,50%. Le 16 ami 1968, Interfor fut remplacé par Indufor, toujours à 100%. Depuis 1960, poursuivra Mobutu, «nous négocions avec cette société pour qu'elle ramène au Zaïre la part qui nous revient de son portefeuille, qui vaut 55,50% de la société.
13 ans après l'indépendance, cette société continue à narguer l'Etat zaïrois. C'est pourquoi, nous avons décidé de récupérer toutes ses participations au Zaïre, tant des sociétés soeurs que filiales. C'est ainsi que deviennent à 100% zaïroises, les sociétés FORESCOM, la MIBA, le BCK/Manganèse et la SCAM et d'autres. A partir d'aujourd'hui, je mets fin à l'existence de toutes les sociétés à charte».
Comme si cela ne suffisait pas, Mobutu zaïrianisa aussi le commerce et les entreprises. Le commerce tant intérieur qu'extérieur a connu une zaïrianisation progressive, mais rapide dans les deux secteurs. Des instructions précises ont été données au commissaire d'Etat au Commerce (ministre du Commerce) pour traduire dans les faits cette politique du Conseil exécutif national. Les effets corrosifs de cette nationalisation à outrance sont à ces jours permanents. Les acquéreurs des biens zaïrianisés n'ayant pas parvenu à viabiliser ces unités de production.
Lesquelles contribuaient à la constitution du Produit intérieur brut, généraient des emplois permanents et rémunérateurs et sédentarisaient les populations. Et les pillages de 1991 et 1993 sont venus terrasser un malade alité depuis une vingtaine d'années.

LF
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