mercredi 27 février 2013

L’opposition rwandaise accuse Kagame de vouloir « se maintenir indéfiniment au pouvoir »

Mardi 26 février 2013

Deux partis rwandais de l’opposition en exil, non reconnus par Kigali, accusent le président Paul Kagame de chercher à « se maintenir indéfiniment au pouvoir au Rwanda » au terme en 2017 de son mandat constitutionnel de 7 ans reçu du peuple rwandais à l’élection présidentielle d’août 2010 avec plus de 93% de voix.

Au terme d’une réunion en Afrique du Sud, les Forces démocratiques unifiées (FDU) de la présidente Victoire Ingabire - condamnée à 8 ans de prison en octobre 2012 « pour conspiration terroriste et négation du génocide de 1994 contre la minorité tutsi » - et le Congrès national rwandais (RNC) ont dénoncé lundi 26 février en Afrique du Sud les « actuelles manœuvres du président Kagame en vue d'amender la Constitution afin de lui permettre de se présenter à un troisième mandat ».

Dans un communiqué conjoint rendu public au lendemain de leur réunion, ils ont fustigé l’intention inavouée du chef de l'Etat rwandais de « vouloir amender la Constitution afin d'en supprimer l'interdiction de briguer un troisième mandat à la tête du pays ».

Le RNC a été créé par d'ex-compagnons d'armes - désormais exilés – du président Kagame, dont l'ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, le général Faustin Kayumba Nyamwasa qui vit en exil en Afrique du Sud où il a échappé en 2010 à une tentative d'assassinat.

Selon la presse rwandaise citée par l’AFP, le président Kagame a encouragé son parti à réfléchir à la « transition politique » en 2017, en assurant à la fois « changement » et « stabilité ».

Dispositions constitutionnelles

Aux termes de la Constitution du Rwanda, le Président est élu pour un mandat de 7 ans au suffrage universel direct et nomme le Premier ministre ainsi que le Conseil des ministres.

Par ailleurs, « la révision (de la Constitution) doit être adoptée à la majorité des ¾ des membres composant chaque chambre (pour certaines matières, elle doit ensuite être approuvée par référendum) ».

Le 5 mai 1995, l'Assemblée nationale transitoire a adopté une nouvelle Constitution qui incluait des dispositions de la constitution du 18 juin 1991 et des éléments issus des Accords d'Arusha ainsi que du protocole de novembre 1994 introduisant le multipartisme.

Le 26 mai 2003 un référendum a établi une nouvelle constitution du Rwanda permettant de sortir le pays de la période de transition post-génocidaire.

Le Rwanda est une République démocratique à régime présidentiel, où le Président est à la fois chef de l'Etat et chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre les deux chambres du Parlement (système bicaméral), Sénat et Chambre des députés, et le gouvernement, rappelle-t-on.

Les premières élections présidentielles et législatives après la guerre avaient été organisées respectivement en août et septembre 2003.

Angelo Mobateli
Le Potentiel

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