RDC: la mission de l'ONU alarmée par des exactions présumées du M23
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La Mission de l'ONU pour la stabilisation en République
démocratique du Congo (Monusco) s'est déclarée samedi "gravement
alarmée" par des exactions présumées imputées à la rébellion du M23,
active dans la province riche et instable du Nord-Kivu, dans l'Est du
pays.
La Monusco est "gravement alarmée par les récentes
allégations de meurtre, de recrutement forcé et de détention illégale de
civils par le Mouvement du 23 mars (M23)", indique-t-elle dans un
communiqué.
Elle dit avoir été notamment informée du "recrutement
forcé de dix individus par des combattants du M23, le 22 juillet 2013 à
Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo". "Trois d'entre eux auraient
été tués par ces combattants au cours de leur tentative de fuite", selon
la Monusco.
La mission onusienne évoque aussi des "allégations
crédibles de pillage d'une vingtaine de maisons par des éléments du M23 à
Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru", le 24 juillet.
"Depuis
ces pillages, des éléments du M23 auraient procédé à l'enlèvement d'au
moins une quarantaine d'hommes accusés d'avoir participé à des exactions
à Kiwanja, et d'avoir brûlé des paillottes et des points de paiement
utilisés par les combattants du M23", indique encore le communiqué.
Jeudi,
la rébellion a arrêté "une cinquantaine de jeunes de l'ethnie Nande"
qui avaient "brûlé des boutiques de la communauté rwandophone", selon le
lieutenant-colonel Vianney Kazarama, porte-parole militaire du M23.
La plupart des combattants du M23 sont des Tutsi et des Hutu issus de cette communauté rwandophone congolaise.
Le
14 juillet, après environ deux mois de trêve, les combats ont repris
entre l'armée et le M23 près de Goma, la capitale provinciale que les
rebelles avaient occupée fin novembre. Selon l'ONU, ces récents
affrontements ont fait 5.000 déplacés.
"Le M23 a empêché l'accès
humanitaire de certaines villes et zones dévastées par les combats,
notamment Mutaho", accuse encore la Monusco, ceci alors que de nombreux
déplacés "ont besoin d'assistance humanitaire (...)".
Le M23 est
actif depuis mais 2012 dans l'Est de la RDC. Ses éléments ont été
intégrés dans l'armée congolaise à la faveur d'un accord de paix signé
en 2009. Ils se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord
n'avait jamais été pleinement respecté.
Le groupe armé a été
accusé par l'ONU et plusieurs ONG de graves exactions, notamment dans un
rapport publié lundi par Human Rights Watch. Il est accusé de
recrutements forcés de civils - dont des enfants - d'exécutions
sommaires, de viols, de pillages... ce que la rébellion a toujours
réfuté.
Kinshasa et l'ONU ont accusé le Rwanda et l'Ouganda de
soutenir le M23, ce que ces deux pays voisins de la RDC ont toujours
démenti.
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