mardi 15 avril 2014

RD Congo: le chef rebelle Morgan tué lors de son transfert vers Bunia

le 14-04-2014

 
Les forces armées congolaises (FARDC) à Kibumba, le 26 octobre 2013.REUTERS/Kenny Katombe

En République démocratique du Congo, Paul Sadala alias « Morgan », chef milicien originaire de l'Ituri dans le nord-est du pays et dans la Province orientale, est mort. Leader d'une centaine de combattants, il s'était rendu il y a deux jours aux forces armées congolaises.

Il a été tué par les FARDC au moment de son transfert vers Bunia. Les circonstances de son décès restent très floues.

« Morgan » était le chef des Maï-Maï Simba, qui sèment la terreur dans la région de l'Ituri. Samedi 12 avril, il s'était rendu aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans son village de Badengaido, à 300 kilomètres au sud-ouest de Bunia. 

Et ce lundi, deux jours plus tard, on apprend sa mort de sources concordantes. Son corps a été transporté par hélicoptère de la mission de l’ONU en RDC (Monusco) jusqu'à la morgue de Bunia.

Selon Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement congolais, Morgan a été tué parce qu'il aurait cherché, avec 42 de ses hommes, à fausser compagnie aux éléments FARDC chargés de les escorter. 

Les miliciens auraient tiré sur les militaires congolais, tuant deux soldats. Les FARDC auraient répliqué, tuant à leur tour deux miliciens et blessant mortellement Morgan. 

Ce dernier, toujours selon le porte-parole du gouvernement de Kinshasa, est décédé dans l'hélicoptère qui le transportait vers Bunia. Cette version est réfutée par la Monusco, qui assure que Morgan était déjà mort lorsque les Congolais l'ont amené au pied de l'appareil onusien.

Qu'en est-il des 42 miliciens qui accompagnaient leur chef dans cette opération de reddition ?

Dès hier, une source fiable assurait qu'ils avaient tous été éliminés dans la même opération. La Monusco dit ne pas savoir exactement où se trouvent ces miliciens qui voulaient se rendre aux autorités de l'Ituri.

Les circonstances de la mort de Morgan restent donc confuses. 

Pourquoi aurait-il soudain cherché à s'enfuir alors qu'il avait choisi de se rendre pour bénéficier d'une amnistie ? 

Pouvait-il être armé lors de son transfert ? Quid de ses hommes : morts ou vivants ? 

Selon Charles Bambara, le directeur de l'Information publique, la Monusco a décidé d'ouvrir immédiatement une enquête. Une équipe va être envoyée sur place pour tenter de savoir ce que sont devenus ces 42 hommes et comprendre ce qui s'est réellement passé lors de la prise en charge et du transfert de ces combattants maï-maï.

Du braconnier au chef rebelle

Morgan, de son vrai nom Paul Sadala, est un ancien braconnier qui écumait le célèbre le parc Epulu où vivent les okapis, une espèce d’antilope protégée et particulière à la RDC. Il s’est ensuite mué en Maï-Maï, reprenant l’appellation symbolique des Simba qui avaient jadis caractérisé les rebelles lumumbistes.

Mais pour beaucoup, il était resté un brigand, un truand qui n’hésitait pas à tuer ses semblables pour les dépouiller. On dit de lui qu’il était sans pitié.

Des ONG ainsi que d’autres sources ont également accusé des responsables militaires d’avoir recouru aux services de Morgan pour le contrôle des exploitations minières dans la province orientale dans le Nord-Kivu. 

Samedi, avec 42 membres de sa bande, l’homme s’est rendu aux FARDC, une réédition qui s’est terminée de façon tragique.

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