mardi 25 janvier 2011

Devinette congolaise : Que va-t-il se passer avec la présidentielle à un tour ?

Par Guy De Boeck

D’abord, il faut tordre le cou à quelques rumeurs ou espoirs irréalistes. I ne faut pas fonder d’espoir sur une quelconque réaction d’indignation de la « communauté internationale ». Comme l’ont constaté les journaux de Kinshasa « Les partenaires (sont) d’accord pour un scrutin à un tour » : la réaction internationale a été de constater que rien d’illégal n’avait eu lieu en RDC. Les partenaires de la RDC ne tiennent pas à s’ingérer dans la légalité constitutionnelle congolaise – matière relevant de la souveraineté d’un Etat. Quelques diplomates occidentaux ont rencontré le Premier ministre pour exprimer leur adhésion au principe d’une présidentielle à un tour. A la seule condition que le scrutin soit transparent, serein, ouvert à tous les courants politiques.
Un acte peut manquer de « fair play » et même de la décence la plus élémentaire, mais cependant être légal. C’est en fait ce que des « partenaires » comme la France ou les Etats-Unis se sont bornés à constater. Et ils l’ont fait en langage diplomatique, lequel en général n’est pas compris au Congo, ou même est compris à l’envers. Que veut dire, en fait, l’attitude presque unanime de « reconnaissance de la légalité de la Révision » accompagné de cette « insistance pour que le scrutin soit transparent, serein, ouvert à tous les courants politiques ». A peu près ceci : « Cher JKK, nous avons vu votre petit coup de Jarnac. Ce sont vos affaires intérieures, donc, pas de commentaire. Maintenant que vous vous êtes assuré un avantage par une tricherie légale, allez-y doucement et ne vous lancez pas dans des tricheries illégale ». Ajoutons-y le non-dit, c'est-à-dire l’arrière pensée : « Nous, puissances impérialistes, avons de toute façon intérêt à ce que les Etats africains soient faibles et instables. Vos petites ambitions vous font jouer notre jeu, bande de naïfs ! »  
De plus, les conditions ne sont plus celles de la transition, où d’une certaine manière la communauté internationale avait son mot à dire au Congo. Et même s’il y avait des protestations et de critiques, cela n’empêcherait pas le pouvoir d’aller son petit bonhomme de chemin.
Il ne faut pas trop attendre non plus, des actions de pétition, comme celle lancée par Vital Kamerhe. Il est exact que 100.000 citoyens peuvent demander au Parlement une révision de la constitution. En l’occurrence, il s’agirait d’une re-révision annulant la première. Mais il ne faut pas se faire d’illusion sur l’accueil qu’une telle proposition recevrait au Parlement. Il est évident que les Parlementaires ne vont pas se déjuger en tournant comme des girouettes à quelques semaines d’intervalle.
Il faut considérer désormais comme l’hypothèse la plus vraisemblable que l’élection présidentielle de 2011 se passera à un seul tour. Cette mesure – et c’est d’ailleurs la cause du débat passionné qui l’entoure – est prise sous des prétextes qui, quand ils ne sont pas des mensonges pur et simples, sont cousus de fil blanc d’une telle épaisseur qu’il pourrait servir de câble de marine, est en fait motivée par une hypothèse : JKK croit (ou son « brain trust » croit à sa place) qu’une élection à un tour favorisera sa réélection. Et tous les hauts cris poussés pour protester sont basés sur la même hypothèse. Toutefois, elle est elle bonne ?
Je crois, sans grand risque de me tromper, que JKK n’aime pas les campagnes électorales. Même s’il a ris de l’assurance par rapport à ses débuts où il avait carrément l’air d’un lapin pris au piège, c’est fondamentalement un timide. La panoplie de talents que lui a fourni la nature ne comprend pas grand-chose de ce qui fait un orateur de meeting politique. Sa voix ne porte pas, il lit platement ses textes. L’humour, le sens de la répartie, le charisme lui font tragiquement défaut. Dans un débat contradictoire, il se fera « moucher » comme une chandelle. Bref, on devine que si on vient lui présenter un plan qui permettrait de réduire très fortement la durée de la campagne, qui doit être pour lui un vrai supplice, il doit tendre une oreille très intéressée et spontanément favorable.
Le calcul tactique (le drame, en politique congolaise c’est que la stratégie y est une notion inconnue) se laisse assez aisément deviner. On prend les résultats de 2006 comme base de prévisions, en les modifiant en fonction de ce qui est prévisible. Or, ce qui est prévisible, ce sont avant tout des motifs pour lesquels l’AMP perdrait des voix. Il est certain que l’Est ne donnera plus les « raz-de-marée » joséphistes de 2006. Il y a la guerre qui perdure, il y a le fait que les populations orientales ont subi deux gifles magistrales infligées par Kinshasa : la négation de leur détresse pour pouvoir annoncer que « tout va bien » et l’adhésion du CNDP à l’AMP. Il y a l’abandon du redécoupage provincial qui va déplaire à l’Ituri. Il y a Kamerhe qui a changé de camp. Il y a l’inconnue des résultats que pourrait faire Tshisekedi. On a supputé en 2006 que des votes pour Bemba, dans le Kasaï et à Kinshasa, pouvaient être des votes UDPS « détournés », mais il est difficile de savoir quel va être son résultat effectif. Il y a, à travers tout le pays les « laurentistes déçus ». Je veux désigner par là les gens qui ont voté pour JKK et le PPRD en croyant sincèrement qu’ils étaient les continuateurs de Laurent Kabila et que la guerre, puis le partage obligé du pouvoir, au moment de la transition, les avaient momentanément empêchés de se manifester comme tels. Ils ont maintenant eu cinq ans pour comprendre que l’on ne monte en épingle la grande figure historique de Mzee que pour mieux le trahir.
Tout laisse prévoir une baisse du vote pour JKKK que « l’effet TSK » risquerait de transformer en déroute au second tour. 
Pour compenser cela, JKK ne peut compter que sur la « prime au sortant » et sur le « vote de précaution » pour arriver malgré tout premier au premier tour. La modification de la Constitution permettra à ce résultat de devenir le résultat final et définitif.
Bien sûr, dans les rangs de l’opposition, on a parlé plus que jamais de « candidature unique ». Cela arrangerait particulièrement les affaires du MLC, qui aurait ainsi une raison avouable, honorable et patriotique pour ne pas présenter de candidat. Il y a même eu sur Internet des utopistes bien intentionnés pour suggérer que l’Opposition organise des « primaires » à l’américaine, pour départager les « candidats à la candidature ». Ne rêvons pas. La politique congolaise est une politique dépourvue de programmes et d’idéologies. On ne peut se sacrifier à une idée là où les idées sont absentes. S’il y a un grand accord des formations les plus significatives de l’opposition, ce en pourra etre que sur une candidature Tshisekedi. Et cela, tout simplement parce que Thsitshi n’acceptera jamais d’être le Numéro Deux. Mais il est tout aussi évident que, sans atteindre le nombre de 33 comme en 2006, il y aura d’autres candidatures. D’abord, de vraies candidatures, tout simplement parce que le « moi d’abord » et le « pousse-toi de là que je m’y mette » étant les slogans fondamentaux de cet affrontement entre personnes qu’est une campagne congolaise, il y aura des individualises qui ne se laisseront pas réduire au silence. Ensuite de fausses, suscitées par le pouvoir afin de semer la zizanie dans l’opposition. Bénéficiant de deux effets favorables (la « prime au sortant » et le « vote de précaution ») et ne devant plus craindre « l’effet TSK », JKK a toutes ses chances. CQFD !
Mais est-ce si sûr ?
Il me semble que ce fin raisonnement, que l’on perçoit en filigrane derrière la démarche du pouvoir, ne tient pas compte d’un certain nombre de facteurs.
Et d’abord, il ya une question qu’on ne se pose jamais : combien de Congolais iront voter ?
Il faut se rappeler que pour beaucoup d’électeur se rendre aux urnes représente une performance plus proche du Marathon que d’une promenade de santé. N’évoquons pas même pas le cas extrême de la brousse de l’Est où l’on court jusqu’à des risques mortels en circulant. Il ya a presque toujours à la clé une longue marche, une non moins longue attente debout soit sous un soleil de plomb, soit sous une pluie battante et une journée où l’on n’aura guère le temps de faire quelque chose en vue d’une rare et toujours problématique pitance.
En 2006, les élections avaient le charme discret de la nouveauté, on en attendait monts et merveilles, et, à côté des campagnes électorales proprement dites, il y avait toute une propagande de sensibilisation aux élections  elles-mêmes.  
Il se pourrait que certains électeurs, après avoir voté en 2006 « parce qu’il faut avoir vécu ça au moins une fois dans sa vie » s’abstiennent en 2011 de se rendre dans les isoloirs. A-t-on des raisons de penser que cet éventuel scepticisme devant les élections sévirait davantage dans un camp que dans un autre ? Les abstentionnistes par simple paresse seront avant tout des électeurs peu politisés et peu au fait des enjeux. De telles gens votent le plus souvent « pour le Chef », de façon à ne pas avoir d’ennuis. Ce sont en quelque sorte les champions du « vote de précaution ». Ces voix seraient donc perdues surtout par le camp JKK.
Mais il y a pire. Le camp présidentiel a pris l’initiative de démarrer très tôt la campagne « pas électorale, mais… ». Pratiquement en juin 2010. C’était un pari absurde. En un an et demi, il était fatal que se produiraient au moins quelques événements négatifs qui feraient « couac ». Mais de plus, il ‘a pris sur un ton, non seulement de « culte de la personnalité » totalement débridé et frisant le ridicule, mais aussi d’une arrogance rare. Est-ce vraiment la bonne manière de solliciter les suffrages que d’annoncer orgueilleusement que de toute façon on est sûr d’être élu « dans un fauteuil » ? Or, il y a parmi les « joséphistes » comme partout, des durs et de mous, des militants et des pantouflards. Prendre comme thème de campagne que « JKK sera de toutes façons certainement élu » vise certes sans doute à encourager le « vote de précaution », mais peut aussi être une invitation à rejoindre les rangs des abstentionnistes par paresse.
On a pour habitude de considérer « la Majorité » comme un monolithe, alors qu’elle est composite et faite d’alliances emboitées. Dans la majorité gouvernementale à côté d’unen nébuleuse de mini-partis et d’élus « indépendants » aux allures d’électrons libres, il y a deux partis organisés extérieurs à l’AMP : le PALU et l’Udemo. Le premier avait fait savoir qu’il ne présenterait personne à la Présidence et se concentrerait sur les législatives. Le second avait annoncé ne candidature Nzanga Mobutu, mais bien avant la révision constitutionnelle et pourrait se laisser aller à faire de même. Mais il est évident que deux partis ayant été au gouvernement et faisant campagne seulement pour les législatives auront beau avoir promis de laisser le chams libre à JKK pour la présidentielle, ils devront l’attaquer. Comment, en effet défendraient-ils leur action au gouvernement sinon en expliquant – comme le font d’ailleurs tous les politiciens du monde – que ce qui n’a pas marché était « la faute des autres » c'est-à-dire avant tout du PPRD, de l’AMP et de Kabila. C’est d’autant plus inévitable que leurs concurrents AMP – même aux législatives – n’ont pas assez de mots, ni d’assez grands, pour proclamer leur fidélité indéfectible et inconditionnelle à leur « Autorité Morale ». Supposer que des électeurs convaincus de voter PALU aux législative parce que « tout ce qui est mal est de la faute à Kabila », vont cependant, le même jour, voter JKK à la présidentielle, est tout de même un peu aventureux. Et cela érode encore un peu plus l’électorat du Président actuel. Tout n’est donc pas gagné d’avance.
Néanmoins, même si les jeux ne sont pas autant faits d’avance que l’on pourrait l’imaginer, l’hypothèse qui a les meilleures chances de se réaliser, est la réélection de JKK. N’oublions pas que, si la révision constitutionnelle était un « coup » légal, il lui reste des ressources moins morales du fait d’avoir une CENI dominée par ses partisans.
On ne parle guère des autres adaptations du mode de scrutin dont on avait parlé, pourtant, depuis bien plus longtemps – notamment depuis les textes sortis par le PPRD à Kisangani – et qui concernent la  Loi électorale. Le prestige de la fonction de Président et la nécessité de réviser la Constitution, donc de convoquer les Chambres en Congrès ont polarisé l’attention sur les Présidentielles. De plus, on a conservé l’habitude détestable de tenir Présidentielle et Législatives en même temps. Cela mène a négliger l’importance des Législatives. Pourtant, ‘originalité de la Constitution adoptée par la RDC, c'est-à-dire un décalque de la V° République française, est que le pouvoir y est bicéphale, car le Président le partage avec le Gouvernement, et tout particulièrement avec le Premier Ministre.  
Et, à Kisangani, il y eut des propositions concernant une réforme du système électoral et prônant le scrutin majoritaire, mais elles concernaient les législatives, non la présidentielle. En fait, on parlait depuis plusieurs mois, du coté de la Majorité, de modifier le mode de scrutin (législatif) lorsque soudain a surgi de nulle part la demande de modification présidentielle qui a été adoptée en quatre coups de cuiller à pot.
Or, les « rhinocéros » du PPRD, si on peut ne pas les trouver sympathiques, ont le mérite d’être conséquents avec leur logique particulière. De plus, cette logique qui est la leur les amène à être dans le droit fil de la Constitution de la V° RF, telle qu’elle fut rédigée et adoptée en 1958.  
Les « rhinocéros sont partisans d’une « démocratie présidentielle verrouillée » où, tout en conservant tous les attributs de la démocratie parlementaire, et notamment la présence d’une opposition au sein des assemblées, il soit extrêmement difficile (idéalement : impossible) à celles-ci d’entraver ou de gêner réellement l’action du Président et de la Majorité. Ce n’est pas une dictature personnelle, mais c’est certainement le pouvoir quasi-absolu d’une classe politique. Cela correspond à peu près à la situation française de 1958, où le régime parlementaire laissait, aux yeux des possédants, beaucoup trop de latitude à la Gauche et faisait craindre un « basculement » vers une démocratie réelle, bien entendu qualifiée dans le langage dominant de « subversion communiste ». Contre cela, on verrouillait les institutions politiques au profit des « bons Français » regroupés autour de la figure emblématique du Général. Et, dans ce but, on votait au scrutin majoritaire qui amplifiait la marée gaulliste aux dimensions d’un raz-de-marée. Le projet initial, c’était de le « bicéphalisme » ne serait que de façade et que, dans la pratique, Président, Gouvernement et Majorité dans les Assemblées seraient toujours de la même « couleur » - et en tous cas jamais « rouge ». Ce n’est que bien plus tard, De Gaulle étant de longtemps enterré, qu’on eut la divine surprise de s’apercevoir que le système pouvait fort bien fonctionner en « cohabitation ». Il suffit d’un coup d’œil sur la presse française des années 80 pour se rendre compte que ce fut réellement une surprise et qu’en fait on ne s’y attendait pas du tout.
Le point de vue des apparatchiks du PPRD est en gros le même que celui des « barons » du gaullisme. Il faut JKK au pouvoir, une majorité joséphiste au Parlement et un gouvernement unicolore PPRD. Ce qui leur paraît la peste, c’est la nécessité de composer des gouvernements de coalition. Et ceux-ci sont rendus nécessaires par le scrutin proportionnel, qui ouvre trop facilement les portes des Assemblées à de petites listes, à des partis ayant fait localement de faibles scores. En un mot la proportionnelle favorise trop l’opposition. Mieux vaudrait un vote majoritaire, qui privilégierait les machines électorales puissantes et dégagerait – c’est l’expression consacrée – « des majorités claires ».
Du point de vue théorique, le choix est entre deux avantages : la proportionnelle fait de la Chambre la « photographie » la plus exacte possible de l’opinion des électeurs. Le vote majoritaire facilite indubitablement le dégagement d’une majorité (et pousse, d’ailleurs, à la bipolarisation). Aucun de ces objectifs n’est, en soi, mauvais, immoral ou antidémocratique. Je mettrais cependant un petit bémol à cette affirmation : il me paraît que l’objectif de représentation exacte de l’opinion, qui est celui de la proportionnelle, c'est-à-dire le souci de tenir compte avec le plus possible de respect pour toutes les nuances de l’avis émis par le peuple, ce « Souverain Primaire » à qui on ne permet de s’exprimer que tous les quatre ou cinq ans, est plus fondamental que celui d’épargner des efforts et de négociations à des politiciens professionnels qui, après tout, sont (bien) payés pour ça. Mais c’est là un avis qui n’est pas unanimement partagé[1]. 
Comme je m’en suis expliqué par ailleurs, je considère la suppression de la proportionnelle comme extrêmement dangereuse en RDC, du fait d’un effet mécanique qui ne serait pas sciemment recherché par le législateur, mais qui serait inévitable : en privilégiant les grands partis ayant beaucoup d’électeurs, on favoriserait aussi les grandes ethnies. A terme, cela mènerait à des conflits identitaires que l’on prétend vouloir éviter.
On n’entend plus guère parler de ce projet gouvernemental[2] sans savoir si le vacarme autour du Président, de la Constitution et du Congrès a simplement couvert les autres bruits, ou si ce projet a été remisé dans les cartons en attendant des jours meilleurs.  
Il se pourrait très bien que ses promoteurs aient depuis refait leurs calculs et se soient aperçus que ‘opération serait en fait blanche. L’AMP gagnerait des sièges là où elle est forte, mais les perdrait là où, étant faible, elle a bénéficié de la proportionnelle dans des circonscriptions dominée par un autre parti. A quoi bon courir de graves risques identitaires si c’est pour se retrouver, au bout du compte, pratiquement au même point ?
Contrairement à la présidentielle, où chaque voix compte, les législatives (quel que soit le mode de scrutin) se font par circonscription. Et, dans un vote majoritaire, on n’a même pas la « sucette de consolation » de la proportionnelle : le report des voix surnuméraires d’une autre circonscription. Or, si aucun parti politique congolais ne se dit ouvertement régionaliste ou tribaliste tous ont un certain « ancrage » de ce type. Même leurs succès ou revers à Kinshasa sont en grande partie fonction de la proportion des « originaires » de leur province dans la population des différents quartiers[3]. A la proportionnelle, les formations minoritaires localement peuvent encore espérer quelque chose. Au scrutin majoritaire, les carottes seraient cuites pour toutes les minorités. Si l’on suppose, ainsi que nous l’avons fait plus haut, comme très vraisemblable que l’AMP va perdre en partie ses « bases fortes » de l’Est, et n’en garder sans doute que le Katanga et le Maniema, que le PALU garderait le Bandundu, le MLC et l’Udemo, l’Equateur, que l’UDPS retrouverait sa prépondérance dans les Kasaï et que les Kivu ainsi que tout ou partie de la Province Orientale donneraient leur préférence à l’une ou l’autre formation (ancienne ou nouvelle) de l’opposition, on arrive à la conclusion que, loin d’arriver la majorité absolue, l’AMP risque d’être rejetée, au Parlement, dans l’opposition et que cette possibilité serait encore accrue par le scrutin majoritaire.   Surtout si comme ils en ont parfaitement le droit, le Palu et l’Udemo estiment qu’avec la fin de la législature ils n’ont plus aucun engagement avec l’AMP et reprennent leur liberté de manœuvre.
Il ne serait pas étonnant de se retrouver, au lendemain des élections  avec un JKK réélu, mais avec un score très minoritaire, face à un Parlement qui n’accepterait d’investir qu’un gouvernement formé par des partis de l’opposition actuelle, donc en situation de « cohabitation ». Que donnerait une cohabitation (en fait, une confrontation) entre un Président élu avec 20 % des voix et un gouvernement représentant véritablement la majorité de Congolais ?

[1] La France de Mitterrand vota à la proportionnelle en 1986, et ce fut soi-disant une catastrophe, pare que le FN de Le Pen eut alors 35 députés. On en revit donc bien vite au scrutin majoritaire. Il est clair que le respect pour les petits partis bénéficie aussi aux petits partis d’extrême droite. Il faut informer et éduquer l’électeur pour qu’il vote mieux, non restreindre ses possibilités de choix sous prétexte qu’il est un imbécile. Il faut toutefois reconnaître que les « majorités claires » sont sinon une nécessité, du moins davantage dans le droit fil du système de la V° RF.
[2] Apparemment, le PALU – qui est majoritaire dans le Bandundu – est sur cette question à peu près sur la même longueur d’ondes que le PPRD.
[3] Qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas. Il serait aussi idiot de prétendre qu’un électeur mupende vote automatiquement PALU que de dire qu’un électeur flamand donne automatiquement sa voix au CD&V ou à la NVA. Tut vote est une décision complexe. Mais les innombrables concordances observées ne peuvent s’expliquer que d’une façon : en cas de doute ; d’indécision, le « au moins c’est un type de chez moi » tend à l’emporter.

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