Négociations pétrolières du Plateau continental, les intérêts de la population congolaise partent en fumée. Joseph KABILA et son gouvernement porteront la responsabilité historique de l’échec de ces négociations.
La RDC a décidé d’étaler jusqu’en juillet 2014 les négociations portant sur son plateau continental. Temps durant lequel l’Angola poursuivra en toute quiétude la jouissance exclusive de tous les droits sur les riches puits pétroliers situés sur le périmètre litigieux. Qu’est-ce à dire? Compromission ou capitulation ? A tout prendre, l’Angola part favori.
A deux reprises, la commission gouvernementale en charge des négociations menées avec l’Angola pour permettre, à terme, à la République démocratique du Congo de récupérer ses droits sur son plateau continental, conformément à la convention de Montego Bay régissant le droit de la mer, a été interpellée par le Sénat. Il s’agissait de faire état de l’évolution de ce dossier réputé brûlant mais combien indispensable au renflouement des caisses de l’Etat.
Handicap congolais
Le mardi 18 janvier 2011, les membres de la commission se sont retrouvés autour du Premier ministre, Adolphe Muzito, pour faire le point. Selon des sources proches de la Primature, ceux-ci se sont appesantis sur la modicité des moyens pécuniaires mis à leur disposition. Ils ont déploré le rythme aléatoire du décaissement des fonds qui leur sont alloués, relevant qu’il leur serait difficile dans ce cas, de boucler leur travail dans le délai. Le président de la Commission d’études, le Prof Kabuya Lumuna, a insisté sur les contraintes budgétaires et techniques qui ralentissent le rythme du travail des experts.Au cours de ces échanges auxquels étaient associés, notamment les ministres des Affaires étrangères et des Hydrocarbures, Adolphe Muzito a rappelé aux membres du Comité de pilotage sur le plateau continental leur obligation à rassembler les différentes données dans la perspective d’apprêter le dossier devant permettre à la RDC de rédiger sa requête définitive à introduire auprès de l’ONU sur le contentieux pétrolier avec l’Angola. Cela après l’étape de la requête provisoire introduite en mai 2009 par le gouvernement. Il s’ensuivra enfin l’étape des négociations directes avec la partie angolaise.
L’objectif pour la RDC est de rentrer dans ses droits et de prendre possession d’une partie de gisements pétroliers de deux blocs exploités par des multinationales pour le compte de l’Angola. Il s’agit d’Esso, Eni et Statroil.
A ce niveau, la commission congolaise part déjà avec un sérieux handicap. Là où l’Angola a mis, selon des sources concordantes, près de 100 millions USD pour aider ses experts à réunir les éléments de défense, la RDC peine à mobiliser 12 millions USD. Faute de trouver satisfaction à sa préoccupation, la commission d’études s’est résignée. Elle a présenté au Premier ministre un échéancier des négociations qui s’étend jusqu’en 2014. Date à laquelle elle compte apprêter la requête à présenter devant la commission ad hoc des Nations unies.
L’ouverture des négociations n’ayant pas un caractère suspensif, l’Angola poursuivra l’exploitation des réserves pétrolières des blocs querellés, lesquelles sont évaluées à près de quatre milliards de barils. Pire, pendant toute cette période, la RDC ne peut exercer aucun droit de recours tant que l’affaire n’aura pas été tranchée devant les instances compétentes des Nations unies.
Ce sursis que s’est imposé la RDC constitue un sérieux manque à gagner. Aussi, se doit-on de s’interroger sur les motivations réelles qui ont poussé la commission à prendre tout son temps. Qu’est-ce qui a donc pu se passer pour que Kinshasa s’accorde un si long temps de négociations ? Forte pression du tout puissant voisin angolais ? Difficile à dire pour l’instant.
La raison du plus fort
Toutefois, la première impression est que la RDC aurait hypothéqué à l’Angola ce qui lui revient de droit, aux termes de la convention de Montego Bay. Démunie financièrement, et peut-être sur d’autres plans, la RDC se serait-elle résolue à baisser les bras et afficher le profil bas vis-à-vis de son puissant voisin? Ou, alors par absurde, elle craindrait d’affronter l’Angola sur un terrain juridique où ce dernier part avec les faveurs des pronostics géostratégiques et militaires ? Puissance militaire, Luanda aurait-il brandi le spectre de la déstabilisation en cas d’intransigeance de Kinshasa?Le fabuliste français Jean de La Fontaine avait raison de dire que « la loi du plus fort est toujours la meilleure ». En tout état de cause, ce sont les intérêts de la population congolaise qui partent en fumée. Et le gouvernement portera la responsabilité historique de l’échec de ces négociations.
Le Potentiel
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