dimanche 12 juin 2011

Elections 2011 en RDC : Vital KAMERHE jette un pavé dans la mare

imageVital KAMERHE - Président honoraire du Parlement et ancien secrétaire général du PPRD

Vital Kamerhe, qui n’est pas n’importe qui sur la scène politique congolaise, vient de jeter un nouveau pavé dans une mare où reposent déjà plusieurs blocs de béton depuis que des signaux inquiétants proviennent des centres d’identification de la CENI : vétusté, insuffisance et pannes des kits, monnayage de la carte d’électeur, impaiement et grèves des agents enrôleurs, absence des témoins, éloignement des bureaux de la CENI, etc. La CENI a affirmé son engagement à travailler avec les partis politiques et à répondre à leurs préoccupations.

Vital Kamerhe, président national de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), vient d’accorder une interview au quotidien belge « Le Soir », daté du 08 juin 2011. L’ancien speaker de l’Assemblée Nationale y parle de ses relations avec le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, de la surfacturation des travaux liés aux 5 chantiers de la République, de son nouveau combat politique en tant qu’opposant, de la confiscation des médias publics par le pouvoir en place, de l’insécurité pour les acteurs politiques, de la tricherie planifiée au niveau de la révision du fichier électoral, etc.
S’agissant précisément des opérations d’enrôlement des électeurs, cette personnalité politique accuse la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), à travers ses agents, d’avoir délivré des cartes d’électeurs à des milliers d’enfants de moins de 14 dans la province du Katanga ainsi que dans la ville de Kindu, au Maniema. Ainsi, les statistiques faisant état de 3.948.363 personnes enrôlées au Katanga alors que Kinshasa, la ville-province la plus peuplée du pays avec près de 10 millions d’âmes, n’alignent que 1.334.131 un mois après le lancement du processus d’enrôlement, ne seraient pas fiables.
Vital Kamerhe, qui n’est pas n’importe qui sur la scène politique congolaise, vient de jeter un nouveau pavé dans une mare où reposent déjà plusieurs blocs de béton depuis que des signaux inquiétants proviennent des centres d’identification de la CENI : vétusté, insuffisance et pannes des kits, monnayage de la carte d’électeur, impaiement et grèves des agents enrôleurs, absence des témoins, éloignement des bureaux de la CENI, etc. La méfiance risque de s’amplifie au sujet du travail de toilettage du fichier électoral mené par le « pouvoir organisateur des élections ».
En dépit des assurances de Daniel Ngoy Mulunda, nouveau président du Bureau de cette institution d’appui à la démocratie, quant à sa volonté de présenter un fichier électoral transparent dans plus ou moins un mois et d’afficher les listes des électeurs, les doutes sont loin de quitter les esprits.

Doublons, mineurs, Congolais douteux…

Décidément, le fichier électoral de 2011-2013 ne va pas être facile à nettoyer. En effet, l’assiette des « indésirables », ne fait que s’élargir avec le retour en force des doublons, des mineurs et des Congolais douteux. L’alerte donnée par Vital Kamerhe exige d’être prise au sérieux. Elle devrait appeler, de la part de Daniel Ngoy Mulunda et ses collaborateurs, une plus grande vigilance dans le suivi, en amont comme en aval, de ce qui se passe dans les centres d’enrôlement de leur institution.
C’est le lieu de les inviter à déployer des équipes de contrôle du travail d’identification des Congolaises et Congolais répondant effectivement aux critères requis pour bénéficier de la carte d’électeur. Cette démarche devrait s’opérer en urgence au Katanga, à Kindu et dans toutes les contrées du pays où des doublons, des mineurs et des usurpateurs de la nationalité congolaise sont signalés en grand nombre.

Si des témoins contestaient des électeurs…

Dans l’hypothèse où les alertes aux doublons, mineurs et non Congolais ne seraient pas prises au sérieux maintenant, il y a lieu de redouter la contestation, par les témoins des partis politiques, de la qualité d’électeurs aux éléments douteux. Il serait en tout cas difficile aux gamins de 13-14 ans de passer inaperçus dans les bureaux de vote.
Que va-t-il se passer si des témoins décidaient, à l’unisson l’invalider les cartes d’électeurs des mineurs et doublons clairement identifiés comme tels ? Dans quel climat se déroulerait le vote dans l’hypothèse où des agents de la CENI tenteraient de couvrir des tricheurs avérés ?
Des observateurs pensent que si rien n’est fait pour débarrasser le fichier électoral en chantier de toutes les impuretés de nature à susciter des contestations violentes en pleins scrutins, la République Démocratique du Congo court le risque de reproduire la crise post-électorale à l’ivoirienne.
La CENI est donc avertie. Il appartient à ses gestionnaires actuels d’être à l’écoute des accusations de tricherie qui fusent de toutes parts et d’y apporter, pendant qu’il est encore temps, des réponses susceptibles d’apaiser les esprits.

La CENI s’engage à maintenir la collaboration avec les partis politiques

La CENI a affirmé son engagement à travailler avec les partis politiques et à répondre à leurs préoccupations. En ce qui concerne le fichier électoral, sa révision évolue à un bon rythme dans les provinces, malgré certaines difficultés d’ordre logistique, notamment la livraison des tentes, le déploiement des kits, la faible sensibilisation, etc., a déclaré le porte- parole de la Monusco, Madnodje Mounoubai, hier lors de la conférence de presse hebdomadaire de la mission onusienne.
Ces précisions ont été fournies au cours du comité de partenariat pour les élections en RD Congo qui s’est réuni le lundi 6 juin 2011 au siège de la CENI. Ce même comité, co-présidé par Daniel Ngoy Mulunda, président de la CENI et Fidèle Sarassoro, représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU en RD Congo, a regroupé tous les représentants des principaux bailleurs de fonds sur des questions touchant à l’évolution du contexte électoral et à la validation du document du projet PACE,
Par ailleurs, le représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU en RD Congo a plaidé pour la création d’un code de bonne conduite, accompagné de la mise en place d’un comité de médiation.
Selon la même source, le document de projet PACE 2 a été validé par les participants, ce qui va permettre aux partenaires de rendre effectifs leurs engagements envers le projet qui porte essentiellement sur le renforcement des capacités de la CENI et l’appui à l’organisation des élections en Rd Congo.
Espérons que la CENI tiendra parole et que les partis politiques, les principaux concernés, témoigneront dans ce sens.

[Kimp/Le Phare/Banny Mayifuila (stg/Ifasic)]

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