vendredi 8 novembre 2013

Zoos humains - Deshumanisation - Objets Sexuels

Pendant ces "zoos humains", les exhibés sont parfois présentés entièrement nus ou à moitié nus au public. On exhibe des enfants, des hommes presque nus mais aussi des femmes aux seins dénudés. 

Dans le paradigme occidental, la nudité est perçue comme un taboo. Le fait d'être nu ou à moitié nu appartient à la sphère privée. 

D'une part le climat tempéré ne permet pas d'assumer pleinement sa nudité d'autre part l'héritage judéo-chrétien des Européens ramène inexorablement la nudité à l'état de nature. 

Être nu c'est revenir à l'état sauvage comme un animal c'est pourquoi il est impensable de voir une femme européenne à moitié nue en public c'est un scandale! 

En revanche pour l'Europe, il n' y a absolument aucune gêne à observer des êtres humains non-blancs nus puisque à leurs yeux ils ne sont pas complètement humains. Les Africains sont déshumanisés au rang d'objets sexuels au service de l'Occident. 


Étymologiquement le mot "objet" provient du latin "objectum" qui signifie "ce qui est jeté devant soi". Les Européens ont le droit de regarder les Africains nus devant eux et ces derniers ont le devoir de répondre à leurs exigences. 

À travers ces exhibitions, l'Occident peut assouvir son voyeurisme malsain vis-à-vis des Africains. En effet l'Europe se cache derrière le prétexte fallacieux qu'il s'agit de primitifs, de sous-hommes pour admirer confortablement la nudité des hommes et des femmes africains et de fantasmer la sexualité de l'Homme Noir

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L'Occident instrumentalise les différences culturelles entre les peuples pour exhiber sans remord les hommes non-blancs depuis des siècles. En vérité il s'agit de renforcer dans le public européen spectateur les sentiments systématiques de mépris, d'arrogance vis-à-vis des peuples exhibés en exacerbant les différences culturelles. 

Pour l'Occident, le scénario est bien rodé, il faut prouver que les Noirs sont des sauvages, on les expose parfois à moitié nus en dépit du climat froid et tempéré qui règne en Europe. 

L'objectif : réussir à prouver qu'ils sont dépravés, qu'ils n'ont aucune pudeur, qu'ils n'ont aucune morale pour mieux justifier le rôle salutaire de l'Occident pour ces peuples. 

Aujourd'hui des esprits mal attentionnés ou complètement aliénés peuvent oser dire que c'est pas si malheureux, ce sont des sauvages, chez eux ils se baladent tout nus etc. On peut discuter indéfiniment en jouant sans arrêt des interprétations possibles mais il faut savoir aussi s'arrêter de jouer et regarder la réalité en face. 

Certes en Afrique, dans certains villages, les femmes vivent sans aucun tissu sur la poitrine en revanche en aucun cas, on peut comparer des gens vivant en harmonie avec leur climat dans leurs pays d'origine avec les exhibitions obscènes et malsaines dont on fait l'objet les Africains dans les villes européennes. 

Peut on imaginer un Africain qui débarque en Sibérie et lui demander de vivre torse nu comme si il est chez lui?

 


L'histoire nous prouve que ce sont les Africains qui sont encore et toujours humiliés en public. Sur la base de nos investigations et jusqu'à ce que d'autres recherches viennent prouver le contraire, nous affirmons que l'Occident n'a jamais déshumanisé autant un autre peuple que le peuple Noir. 

Mais pourquoi encore et toujours les Noirs? Si l'Occident prend un malsain plaisir à déshumaniser les Africains et toujours les Africains c'est parce que c'est avant tout ceux qui l'effraient le plus, ceux qui les fascinent le plus.

Depuis l' Antiquité jusqu'à aujourd'hui l'Europe s'interroge sur l'Afrique et l'homme Noir en général. Fascination, fantasme, peur et crainte, les émotions sont contradictoires en revanche l'homme Noir continue sans cesse d'attirer l'Occident. 


Les anthropologues européens du XIX ème siècle observent sous tous les angles les Africains. Ils mesurent, palpent, dénudent. 

Mais pour quelles raisons scientifiques, les anthropologues observent-ils des êtres humains entièrement dévêtus? 

Réaliser des mesures anthropologiques (surface du crâne, taille..) nécessitent-ils que les sujets soient entièrement nus? 

Certains d'entre eux (Raphael Blanchard, Paul Topinard, Cuvier, Broca) dissertent longuement sur le postérieur et les organes génitaux des femmes africaines : « Je n'ai vérifié la présence du tablier que sur une seule de ces femmes, Esther. 

Ce sont comme vous le savez, les petites lèvres hypertrophiées et allongées, pendantes...La stéatopygie se présente comme une exagération monstrueuse des fesses d'une part, sont plus massives, plus larges, et, qui de l'autre, semblent se redresser et pointer en haut...En vérité, je ne vois quels avantages ces femmes tirent de la possession d'un coussin pareil. 

Ces jours-ci, j'en regardais une entièrement nue s'asseoir : le poids du corps aplatissait sa masse graisseuse : un gros bourrelet débordait tout autour; elle semblait assisse sur un cousin de voiture rond et trop large. S'en trouvait elle mieux? Je n'en sais rien » [1]. 

Le baron Cuvier a disséqué Swatche alias la Venus hottentote et a conservé ses organes génitaux dans des bocaux remplies de formol. Obsession ou démarche scientifique? 

Certains esprits malveillants peuvent dire que les exhibés ne sont pas obligés de se déshabiller, ils se laissent exhiber de bon coeur. 

Il suffit pourtant de regarder sur les images de l'époque les visages de ces êtres humains pour comprendre qu'ils réalisent un acte forcé : « L'écriture peut mentir, la photo ne ment jamais » disait Soupault. Paul Broca (président de la société d'anthropologie de Paris XIXème siècle) affirme lui même qu'ils se déshabillent à contre-coeur:« Encore aujourd’hui il est très difficile de les décider à se laisser voir ou photographier sans aucun costume. »[2]. 

 


La présence d'un homme à proximité des exhibés sur certains clichés prouvent l'aspect coercitif de ces exhibitions plus proches de la pornographie que d'une vraie démarche scientifique. 

Ces séances de photos sont un viol pure et simple, l'Occident viole l'intimité de ces exhibés, ils ne sont plus sujets mais objets sexuels. Nous sommes en droit de nous poser une question légitime: avons nous affaire à des "scientifiques" ou à des pervers sexuels? 

Dans les années 80, les organes génitaux de Sawtche, conservés dans les réserves du Musée de l'Homme ont "mystérieusement" disparu. 

Le personnel du musée a -t-il fait preuve de négligence ou ont ils été dérobé par un détraqué sexuel? Aujourd'hui ils figurent dans l'inventaire officiel du musée mais ont il été restitué à l'Afrique du Sud avec le corps en 2002?

L’Occident déshabille de force de nombreux Africains pour le plaisir pervers et malsain des "pseudo-scientifiques" et des masses européennes. Violant sans cesse l'intimité des êtres humains non-blancs, l'Europe les photographient nus de face et de profil comme des criminels. 


Mais de quels crimes sont accusés ces Africains? 

Alphonse Bertillon membre de la société d’anthropologie utilisera les méthodes anthropométriques développées par Paul Broca pour créer le service d’identification à la préfecture de Paris en 1880. Donc pour l'Europe, le criminel et l'Africain doivent être considérés de la même façon, ils sont coupables de toute façon.

En vérité l'objectif de ces exhibitions est d'humilier, d'avilir et de déshumaniser les Africains. La mission de ces exhibitions est de prouver que l'homme Noir est un "animal", un être vivant en voie de domestication par la grâce de l'Occident.


 Les anthropologues multiplient les comparaisons de l'homme Noir avec les primates. Ils s'ingénient à détecter une ressemblance supposée entre les Noirs et les singes.
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Sources :


[1] Paul Topinard, La stéatopygie des Hottentotes du Jardin d'acclimatation, Revue d'anthropologie, Paris,1888.

[2] Société d'anthropologie de Paris, Communications Sur les Nubiens du jardin d'acclimatation. Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris. Tome 2, Serie 3,1879.
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