| Mardi, 02 Novembre 2010 16:06 |
Goma, le 1er novembre 2010 (caritasgoma.org) Une des principales activités économiques (et illégales) des provinces du Nord, Sud-Kivu et Maniema, riches de toutes sortes de minerais, leur exploitation artisanale est à l'origine d'une très grande insécurité. ![]() Les membres de la société civile partagent leurs expériences dans le domaine de Paix et Sécurité [Photo Taylor Toeka] "L’accès et le contrôle des principales ressources minérales telles que le diamant, le cuivre, le cobalt, le coltan ou l’or constituent une des causes principale de la guerre civile en RDC", notait déjà un rapport d’experts de l’Onu du 21 octobre 2002. C’est dans ce cadre que le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa) a, en collaboration avec la Commission diocésaine Justice et Paix de la Caritas Goma, organisé un atelier de consultation nationale les 28 et 29 octobre derniers, à Goma, à l’attention de la société civile du Nord-Kivu. Cet atelier de deux jours a visé la présentation du Programme Paix et Sécurité de Comesa aux organisations de la société civile, spécialement sur les Economies de guerre et la recherche des voies et moyens pour un engagement plus profond de celle-ci. Un objectif conforme à la Décision de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de Comesa pour impliquer, sur base consultative, la société civile et le secteur privé dans les questions de Paix et Sécurité. En effet, plusieurs organisations ont établi un lien direct entre l’exploitation illicite des minerais dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema, qui échappe encore largement à l’autorité du gouvernement central, et la présence de nombreux groupes armés dans la région. "Le Congrès [américain, Ndlr] est d’avis que l’exportation et le commerce des minerais de conflit en provenance de la RDC aident à financer le conflit à l’Est de la RDC caractérisé par un niveau de violence extrême, en particulier les violences sexuelles et les violences basées sur le genre et contribuent à une situation d’urgence humanitaire", disposition de la Section 1502 de la loi promulguée en juillet dernier par le président Barack Obama. ![]() Carte des dix-neuf pays membres de Comesa Pour sa part, le président congolais Joseph Kabila à suspendu, début septembre dernier, l’exploitation artisanale et l’exportation des minerais suite à la fraude à outrance et à l’insécurité liées à cette activité dans les trois provinces. Car, "le secteur minier artisanal dans sa forme actuelle ne profite ni à l’État congolais, ni aux provinces, encore moins aux négociants. Il profite plutôt à certains groupes mafieux", a ajouté le ministre congolais des Mines. Le ministre Martin Kabwelulu faisait allusion à un rapport de l’Ong britannique Global Witness de 2009 sur l’achat de "minerais du sang" provenant de la RDC par les entreprises Thaisarco (filiale basée à Bangkok d'AMC, groupe britannique), Afrimex (société britannique) et Trademet (société belge), "qui financent des groupes armés et alimentent le conflit". Ainsi, en sortant de la terre les matières précieuses pour les vendre aux négociants dont les avions font des rotations quotidiennes avec les zones minières pour les ravitailler notamment en vivres afin d’emporter les minerais, les creuseurs constituent le premier maillon d’un commerce qui alimente l’économie de guerre, dont l’autre bout est tenu par les multinationales. Cellule de Communication |
jeudi 11 novembre 2010
Ex-Kivu : la violence se nourrit des minerais
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