Des magistrats congolais. Photo d’archives
C’est le jugement pour le moins expéditif rendu mardi 2 novembre "par défaut" par le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe dans l’affaire qui oppose Alexis Thambwe Mwamba Junior au journal kinois "Africa News". Le premier accuse le second de «diffamation et imputation publique et méchante» à la suite de la publication d’articles de presse faisant état de détournement d’un montant de 270 millions de Fc.
Huit mois de servitude pénale, dix mille dollars américains de dommages et intérêts, arrestation immédiate du directeur de publication et publication de la condamnation repris sous le RP 21515 dans une des parutions du journal "pour réparer le préjudice moral" causé à Alexis Thambwe Mwamba Junior. Le Tribunal de paix de Kinshasa-Gombe a eu la main lourde dans l’affaire sous examen. Ce qui surprend c’est le bien la scélérité avec laquelle cette juridiction a "tranché" ce délit de presse.
De quoi s’agit-il?
Fin octobre dernier, des informations difficiles à vérifier circulant au Congo et à l’étranger ont fait état du détournement de 270 millions de francs congolais pour les uns, de 270 millions d’euros pour les autres. L’auteur présumé de ce forfait ne serait autre qu’un fils Thambwe. Dans son édition datée 25 octobre, le journal kinois "Africa News", sous la plume de Kisungu Kas, titre : «270 millions volatilisés à la COFED ; le suspect : Alexis Thambwe Mwamba Junior». "Recherché et poursuivi pour un présumé détournement de deniers publics, écrit le journaliste, notamment un montant de 270 millions de Francs congolais versés par le gouvernement à titre de salaires et primes des fonctionnaires RDcongolais de la Cellule, et pour faux et usage de faux, ATMJ, certainement alerté, a pu s’échapper par l’escalier de secours de l’immeuble." Ajoutant : "Alors que le parquet général de la Gombe le traque, ATMJ a disparu de son bureau depuis le vendredi 24 septembre 2010. Suspect. Selon certaines sources proches de la justice, il aurait quitté la RD-Congo muni de son passeport belge pour se réfugier dans son luxueux appartement du centre de Bruxelles". "Les mêmes sources renseignent que le fils Thambwe aurait tranquillement depuis 2007, empoché dans le dos des agents de la COFED les salaires et primes pour un montant estimé à plus de 270 millions de francs congolais, versés par le Trésor public chaque mois en guise de contrepartie du gouvernement. Ce montant auquel s’ajoutent les interventions forfaitaires évaluées à USD 50.000 est destiné à la prise en charge d’une partie du fonctionnement de la COFED (...)".
Diffamation
L’article est jugé "diffamatoire" par l’intéressé qui assure s’être rendu en mission officielle en Belgique. Alexis Thambwe Mwamba Junior, c’est de lui qu’il s’agit, se dit par ailleurs "innocent". Dans son jugement, le Tripaix de Kinshasa-Gombe reproche au journal Africa News "d’avoir non seulement refuser de publier" le droit de réponse de la partie demanderesse mais aussi d’avoir publié "sans vérification" un autre article intitulé «La pieuvre s’est installée à la COFED ; Alexis Thambwe : indices de la maffia» portant ainsi atteinte à l’honneur de cette personne tout en l’exposant au mépris public, les deux articles ayant été publiés même sur Internet au Sites Africanews.net, Digitalcongo et Google.com."
Au moment où nous couchons ces lignes, la direction d’"Africa News" n’avait pas encore introduit une tierce-opposition contre ce jugement rendu par défaut. Membre de l’équipe de conseils de Thambwe Junior, l’avocate Liliane Mubanga se veut sereine.Selon elle, "les éléments à charge du directeur de la publication de Africa News sont si probants qu’il aurait du mal à s’en tirer, compte tenu notamment de l’absence de preuves".
Intimidation
Par son caractère expéditif autant que son extrême sévérité, la sentence rendue par le Tribunal de paix de Kinshasa-Gombe dans cette affaire semble être porteuse d’un message d’intimidation adressé à l’ensemble de la presse. Cette juridiction aurait-elle réagi aussi vite et eu la main aussi lourde si le plaignant s’appelait "Likwanga Nzala" et non Thambwe Mwamba? Comment concilier, dès lors, le droit du public à connaître la vérité sur les dysfonctionnements qui affectent l’appareil d’Etat et l’inféodation de l’appareil judiciaire au pouvoir politique et d’argent?
De quoi s’agit-il?
Fin octobre dernier, des informations difficiles à vérifier circulant au Congo et à l’étranger ont fait état du détournement de 270 millions de francs congolais pour les uns, de 270 millions d’euros pour les autres. L’auteur présumé de ce forfait ne serait autre qu’un fils Thambwe. Dans son édition datée 25 octobre, le journal kinois "Africa News", sous la plume de Kisungu Kas, titre : «270 millions volatilisés à la COFED ; le suspect : Alexis Thambwe Mwamba Junior». "Recherché et poursuivi pour un présumé détournement de deniers publics, écrit le journaliste, notamment un montant de 270 millions de Francs congolais versés par le gouvernement à titre de salaires et primes des fonctionnaires RDcongolais de la Cellule, et pour faux et usage de faux, ATMJ, certainement alerté, a pu s’échapper par l’escalier de secours de l’immeuble." Ajoutant : "Alors que le parquet général de la Gombe le traque, ATMJ a disparu de son bureau depuis le vendredi 24 septembre 2010. Suspect. Selon certaines sources proches de la justice, il aurait quitté la RD-Congo muni de son passeport belge pour se réfugier dans son luxueux appartement du centre de Bruxelles". "Les mêmes sources renseignent que le fils Thambwe aurait tranquillement depuis 2007, empoché dans le dos des agents de la COFED les salaires et primes pour un montant estimé à plus de 270 millions de francs congolais, versés par le Trésor public chaque mois en guise de contrepartie du gouvernement. Ce montant auquel s’ajoutent les interventions forfaitaires évaluées à USD 50.000 est destiné à la prise en charge d’une partie du fonctionnement de la COFED (...)".
Diffamation
L’article est jugé "diffamatoire" par l’intéressé qui assure s’être rendu en mission officielle en Belgique. Alexis Thambwe Mwamba Junior, c’est de lui qu’il s’agit, se dit par ailleurs "innocent". Dans son jugement, le Tripaix de Kinshasa-Gombe reproche au journal Africa News "d’avoir non seulement refuser de publier" le droit de réponse de la partie demanderesse mais aussi d’avoir publié "sans vérification" un autre article intitulé «La pieuvre s’est installée à la COFED ; Alexis Thambwe : indices de la maffia» portant ainsi atteinte à l’honneur de cette personne tout en l’exposant au mépris public, les deux articles ayant été publiés même sur Internet au Sites Africanews.net, Digitalcongo et Google.com."
Au moment où nous couchons ces lignes, la direction d’"Africa News" n’avait pas encore introduit une tierce-opposition contre ce jugement rendu par défaut. Membre de l’équipe de conseils de Thambwe Junior, l’avocate Liliane Mubanga se veut sereine.Selon elle, "les éléments à charge du directeur de la publication de Africa News sont si probants qu’il aurait du mal à s’en tirer, compte tenu notamment de l’absence de preuves".
Intimidation
Par son caractère expéditif autant que son extrême sévérité, la sentence rendue par le Tribunal de paix de Kinshasa-Gombe dans cette affaire semble être porteuse d’un message d’intimidation adressé à l’ensemble de la presse. Cette juridiction aurait-elle réagi aussi vite et eu la main aussi lourde si le plaignant s’appelait "Likwanga Nzala" et non Thambwe Mwamba? Comment concilier, dès lors, le droit du public à connaître la vérité sur les dysfonctionnements qui affectent l’appareil d’Etat et l’inféodation de l’appareil judiciaire au pouvoir politique et d’argent?
Madeleine Wassembinya (avec ACP)
© Congoindépendant 2003-2010
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