vendredi 12 novembre 2010

Le Mont-Ngaliema sur la baie du même nom dans les hauteurs de Kinshasa serait-il hanté par des monstres et autres esprits maléfiques ?

Kinshasa, 11/11/2010 / Société
Trois grands chefs coutumiers des deux rives du Pool Malebo confient leurs perceptions d’un mystère qui entourerait le Mont-Ngaliema sur les hauteurs de Kinshasa en faisant des révélations concordantes sur un monstre à morphologie d’un lézard géant qui y serait endormi Faut-il douter ou croire à ce qui se raconte pour ac­créditer la thèse selon laquelle la transforma­tion du site de Mont­Ngaliema en vaste chantier des travaux de construction dans les années 70 a dérangé le repos des rois teke in­humés depuis la nuit des temps sur les lieux mais, surtout, l’esprit d’un monstre sous la forme d’un lézard géant endormis dans un profond sommeil millénaire dans les pro­fondeurs souterraines de ce monticule ?

La question mérite une réponse. Avec les trois grands chefs cou­tumiers teke, jadis ap­pelés rois teke que nous avons abordés: l’un à N’Sele, deux autres à Maluku, nous avons parlé de la trans­formation moderne du site et surtout de la légende qui ferait de Mont - Ngaliem a aujourd’hui un repère des esprits impurs, méchants et odieux. Autrement dit, un lieu de pèlerinage mystique par où trônerait un la­boratoire pour différen­tes sortes d’activités spirites et où s’organi­seraient des program­mes de prostitutions sacrées, d’emprises fé­tichistes et des va­peurs nécrologiques.

Transformation moderne du site

C’est à partir des années 1970 que le Mont Ngaliema à été transformé en site splendide où des bâtiments mo­dernes ont poussé comme des champi­gnons. Entre autres Cite de l’OUA (Organi­sation de l’Unité Afri­caine), aujourd’hui UA (Unité africaine), des vil­las a architecture va­riée, un palais présidentiel modernisé, des pares mirifiques, etc.

On y avait aménagé aussi un grand nombre de monuments féminins exhibant le nu a souhait, un parc zoologique do­mestique arrosé d’un cours d’eau artificiel et des fontaines multiples a jeu d’eau... Le Mont­ Ngaliema était, en effet, devenu un parc immo­bilier archi-structuré où les visiteurs officiels étrangers : chefs d’Etat, ministres, diffé­rentes délégations inter­nationales retiraient pas mal de plaisir pendant les visites guidées qu’on leur offrait avant ou après avoir été reçus par le président Mobutu.

Le président Joseph Kasa-Vubu, premier homme d’Etat congolais à habiter le site du Mont-Ngaliema, après l’accession de notre pays à l’indépendance et à la souveraineté in­ternationale, s’était con­tenté d’occuper tout simplement une rési­dence modeste, certes, mais méticuleusement aménagée à l’européen, laissée par les

Le Mont-Ngaliema de l’antiquité

L’histoire ancienne de la tribu teke rensei­gne que le Mont­Ngaliema est un site uti­lisé dans l’antiquité comme un lieu de ren­contre entre des grands chefs teke du Congo d’en face et ceux de notre pays pour des conciliabules mysté­rieux et spirites. Les trois grands chefs cou­tumiers teke que nous avons abordé a ce sujet à N’Sele et a Maluku pour en savoir plus nous ont confié ce qui suit: Nos ancêtres orga­nisaient des cérémo­nies de sacrifice hu­main à cet endroit-là pour calmer les esprits de nos rois teke ensevelir sur le lieu mais aussi, l’esprit d’un monstre géant qui y est endormi. Chaque séance de sacrifice hu­main offert aux esprits protégeait la tribu con­tre les malédictions au­ delà et alentour du site ».
Cette version de trois grands chefs teke se trouve mieux relatée ici par un historien congo­lais d’en face nommé Joachim Gudule. D’après ses écrits sur l’utilité du site de Mont ­Ngaliema dans l’anti­quité, l’existence du monstre serait réelle. Il persiste et signe que: « Les Teke du Congo (d’en face) et ceux de la RD Congo (notre pays) croyaient qu’un monstre géant était endormi dans un sommeil millénaire dans las pro­fondeurs souterraines de ce monticule. C’est ce qui expliquerait le bombement, par rapport au sommet géographi­que du site et à son anticlinal qui s’appa­rente au dos de la bête mystérieux dont le corps en sommeil se­rait enfoui dans le sous-sol du lieu »

Un lézard géant couvert de boues

Superstition ou réa­lité ? Voila un cas de crypto zoologie congo­laise à élucider par nos savants. L’historien congolais continue son récit : « Ce monstre propa­gateur de feu et à morphologie de grand lézard était sorti du fleuve couvert de boues et s’était avancé en amont, dans la lit du même cours d’eau, avant d’être stoppé par la présence surabon­dante et obstruante des roches. Sa sortie vigou­reuse de l’eau avait eu pour effet de briser et d’aplatir la structure auparavant élevé et rugueuse des roches en entraînant par sa queue, des sédiments pierreux vers la rivage du Mont-Ngaliema.

Bien qu’abordés sé­parément, les trois grands chefs teke consultés à ce sujet (ils ont préféré garder l’anony­ a morphologie de grana lézard et propagateur du feu sur le site de Mont-Ngaliema. Ils ont précisé que tout féti­cheur ou sorcier teke digne de ce nom avait commence a cracher du feu de sa bouche, l’art magique teke s’étant ainsi développé et accru.

Plus tard, il était en effet advenu que pour se rendre invisible au regard du monstre, cha­que membre de l’ethnie teke devait s’entailler le visage. Cette technique de disparaître par de­vers le monstre, es fé­ticheurs et sorciers teke l’avaient longtemps et patiemment affinée jus­qu’à la mise d’une autre technique capable, celle-là, de créer deux présences identiques au même moment et face à la même adversité.

Pour plaire au mons­tre, les Teke se livraient à toute sorte de rites conçus par les sorciers féticheurs à l’effet de se prémunir mystiquement contre ses accès de colère, le jour où il se réveillerait. Faute de quoi, us étaient obliges d’émigrer vers le Bas-Congo ou à Maluku, ont-ils en­chaîné.

Un grand tunnel au cœur du site

« Ce lézard géant avait creusé un grand tunnel au cœur du Mont-Ngaliema avant de s’y établir et de s’en dormir. La présence in­visible de cet animal avait bouleversé les mœurs  sociales, les croyances et le cours de la vie des peu pies de deux rives. Ils étaient, depuis, habités par une peur bleue de voir d’un moment à l’autre cet animal s ‘éveiller brusquement et s’attaquera eux. »

Ainsi donc, loin de sa tranquillité environnementale antérieure, le Mont-­Ngaliema était devenu une petite bourgade moderne. Des cimetiè­res antiques jadis pré­serves avaient été profanes, déplacés, trans­plantés value que value vers le rivage du fleuve, avant d’être complète­ment démolis au fil du temps par les eaux en crue. Parmi les tombes, celles des rois et des princes teke.

On se souviendra qu’en 1978, au temps fort de son règne, le président Mobutu rêvait d’aménager un passage souterrain dans le sous­ sol du Mont-Ngaliema, à partir de sa résidence jusqu’à un point particulier de la baie du site, légèrement un peu en retrait du chantier naval de Chanimetal. On ra­contait en outre qu’un port privé devait y être aussi construit. Mais qu’est-ce qui s’est passé après.

Un sous-sol empierré

Consultée pour ce faire, une entreprise de construction de la place aurait fait remarquer, par l’expertise de ses géologues faite sur le lieu, que le projet en soi était difficilement réalisable à cause de la pré­sence obstruante d’un fond énorme de roches magmatiques dans le sous-sol du site.

Ces experts en ha ma­tière auraient dit que la réalisation du projet al­lait attirer beaucoup d’attention à cause d’une grande quantité d’explosifs à utiliser pour les excavations et les déblayages. Les tra­vaux allaient durer au moins plus d’une année et allaient nécessiter l’évacuation de toutes les structures s’y trou­vant. Notamment le camp Tshatshi, les domaines militaire et pré­sidentiel aménagés dans le site.

La réalisabilité de cet ambitieux projet au Mont-Ngaliema serait, dit-on, a ha base de la construction d’un abri anti-atomique, un bun­ker ordinaire et un tun­nel qui relierait le Palais présidentiel et la fron­tière de la République Centrafricaine à Kawele, en pleine forêt de l’Equateur. Vrai ou faux?

Ayant appris notre passage à N’Sele et Maluku dans le cadre de cette enquête, un des descendants d’un grand chef coutumier teke nommé Ngasafia est venu nous voir. C’est un homme bien bâti, une sorte d’escogriffe ayant laborieusement accu­mule successivement de graisse. Ecoutons-le : « Avec les vastes travaux effectués au Mont-Ngaliema, on était allé de profanation en profanation des tombes de nos ancêtres. Depuis hors, le site est devenu hyper-mysticisé. Le président Mobutu lui­ même bardé de pas mal de pouvoirs magiques d’Extreme-Orient, d’Inde et de Moyen­ Orient ; le Mont­Ngaliema étant aussi hyper-mysticisé et nanti de pouvoir ancestral oc­culte était transformé en un site fantôme.

« Ainsi donc, à partir des années 80, à cause de son pouvoir de phagocytage des puis­sances magiques de gens, le Mont-Ngatiema devenait un grand cen­tre d’attraction, un pôle vers lequel tout mysticiste voulait tester la grandeur de sa puissance.

Il y a de quoi penser que l’accumulation de la magie des flammes et de la magie de l’eau symbolisées sur l’an­cienne canne de feu président Mobutu, une canne abondamment sculptée avec des ima­ges compliquées reflé­tant sans doute l’autre face de sa vie…Une face caché.

Des hénomènes bizarres

Il semblerait que la normalisation de l’uni­vers invisible du Mont ­Ngahiema serait difficile, voire impossible. Beau­coup de mysticistes, sorciers, féticheurs et satanistes testeraient la hauteur de leur puis­sance mystique en se frottant à ce site. Cet univers    serait aujourd’hui épisodique­ment visité par des esprits migratoires appe­lés esprits pèlerins. Un certain laboratoire d’ac­tivités spirites.

Sursaturé de dé­mons, des phénomènes bizarres commençaient à s’y multiplier. A l’inté­rieur des pièces du Pa­lais présidentiel aujourd’hui abandonné au Mont-Ngahiema, té­moigne un ancien garde du corps du Maréchal Mobutu ; des objets s’entrechoquaient bi­zarrement. Des produc­tions fantastiques, no­tamment des manifesta­tions de lévitation, d’émission de borboryg­mes, des chuchote­ments, des soupirs d’agonie, des murmures effrayants s’y manifes­taient étrangement, a-t-­il ajouté.

C’était, à l’époque, un homme bien place à la garde rapprochée du Maréchal. C’était aussi un gaillard tout en mus­
tabac au camp Tshatshi. Nous l’avons dernièrement .rencontré à l’hôpital de Kintambo, côté de la médecine chinoise où il est soigné, terrassé par une hémi­plégie qui a, déjà, réussi à faire de lui une véri­table loque humaine.

Heureusement pour lui, il garde encore sa voix. Et c’est avec cette voix devenue aphone, jadis tranchante habi­tuée à gueuler pendant les séances de tortures qu’il infligeait joyeuse­ment à ses victimes qu’il continue: Des mésententes et des chamailleries s’étaient multipliées au niveau du couple prési­dentiel. Agacés par ce brusque bouleverse­ment du chimat familial surtout après ha mort de Maman Mobutu, née Marie-Antoinette Gbiatibwa ; les enfants du Maréchal ont été les premiers à abandonner le Mont-Ngaliema, avant leur papa ».

Ces dires de l’ancien garde du corps seraient ha seule explication ap­paremment valable à donner à l’abandon du Palais présidentiel au Mont-Ngahiema, par le Maréchal Mobutu. Le site serait hanté. Le sur­peuplement de démons et des esprits méchants sur le lieu ferait actuel­lement de la ville de Kinshasa, l’une des Ca­pitales où le recours aux sciences occultes dans le cadre de re­cherche de protection, richesse et dons particuliers rivaliserait avec l’Inde.

Mbuyu wa Kabila/L’Etalon

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