Jeudi, 04 Novembre 2010


Malgré les difficultés de trésorerie, les dirigeants actuels de l’exploitant officiel des télécommunications travaillent pleinement avec le gouvernement dans l’implantation de nouvelles infrastructures des télécommunications
La situation de la poste RDCongolaise tombée au plus bas, commence peu à peu à s’améliorer grâce aux nouveaux projets financés par le gouvernement sur fonds propres et par des partenaires bi et multilatéraux. En réponse aux efforts de relance amorcés par la direction générale de I’OCPT qui ne cache pas son ambition de relever le défi, il est constaté une sorte de dynamique dans l’accompagnement institutionnel pour véritablement sortir l’Office Congolais des Postes et Télécommunications –OCPT- la tête hors de l’eau.
Et malgré les difficultés de trésorerie, les dirigeants actuels de l’exploitant officiel des télécommunications travaillent pleinement avec le gouvernement dans l’implantation de nouvelles infrastructures des télécommunications. Par ailleurs, le constat dressé par différentes études prouve que l’OCPT a perdu, depuis plus de vingt ans, son image de grand opérateur des télécommunications. C’est ainsi que k gouvernement, conscient du rôle attendu de cet exploitant public dans le développement des infrastructures des télécommunications, a décidé depuis déjà cinq ans de se porter à son secours.
A cette fin, plusieurs projets porteurs ont été initiés pour atteindre les objectifs de relance des activités de l’OCPT et de l’Union Postale Universelle -CPU. Pour en citer quelques-uns, il s’agit du Projet de construction du réseau national de transmission à fibre optique, appelé Backbone, du Projet de renconstruction du réseau national de télécommunications et du Projet d’interconnexion de la RD-Congo au réseau mondial sous-marin à fibre optique. La première phase du premier projet a été réalisée en 2009.
Elle a consisté à la construction de la liaison par câble entre Kinshasa et la ville côtière de Moanda dans la province du Bas-Congo, à plus de 650 km, à l’ouest. Les travaux ont été exécutés par la Firme China International Telecommunication Construction Corporation –CITCC. La capacité de câble posé est de 10Gbps et la liaison comprend neuf stations localisées à Kinshasa, Kasangulu. Kisantu, Mbanza-Ngungu. Kimpese. Songololo. Matadi, Borna et Moanda. Quant au deuxième projet, il a été confié à la firme chinoise Huawei Technologies qui a déployé à Kinshasa, pour la première phase, un réseau de nouvelle génération NGN/CDMA - dont on en a déjà parlé dans les colonnes de votre journal- et un ring métropolitain à fibre optique de 10 Gbps. Ce réseau a une capacité installée de 150 mille abonnés pour la voix et d’autant d’abonnés pour les données. Présentement, le réseau de la ville de Kinshasa est en essai, sa mise en service est prévu incessamment. Et le coût pour ces deux premiers projets exécutés par CITCC et Huawei Technologies s’élève à la hauteur de 66.3 millions USD.
Interconnexion au réseau mondial
Concernant le troisième projet relatif à l’interconnexion au réseau mondial de câbles à fibre optique qui passent dans les fonds marins et gérés par 24 pays, sur décision du gouvernement, l’OCPT est engagé dans deux Projets de câbles sous-marins. Il s’agit des projets West Africa Cable System -WACS- et d’Africa Cable to Europe -ACE.
Pour le premier projet, l’investissement de la RDCongo est estimé à 25 muions USD pour lesquels près de 17 millions USD ont déjà été libérés au profit du consosrtium WACS. Cependant, il reste encore la construction de la station de câble dans la ville de Moanda devant servir à l’accueil des équipements de transmission et d’énergie.
Et pour le deuxième projet ACE. la contribution de l’Etat RD-Congolais est également de 25 millions USD qui seront versés au bout du processus de décaissement en cours. Au demeurant, à l’OCPT l’on est persuadé que si k projet WACS arrive à maturité dans le temps convenu entre le consortium et le fournisseur du système, le pays sera relié aux Autoroutes de l’information avec tous les bénéfices en termes financiers, techniques et notamment d’accès au haut débit.
S’il est vrai que tous les projets mis en route par k gouvernement en appui aux efforts de la rentabilisation de l’OCPT vont certainement à maturité propulser cette entreprise en mutation en société commerciale, il n’en demeure pas moins que sa situation à ces jours est des plus difficile.
Le rétablissement de l’équilibre de cette entreprise et la stabilisation de ses activités passent aux yeux des observateurs comme prioritaires d’autant plus que l’Union Postale Universelle -CPU- a exigé à I’OCPT l’application du mandat postal au plus tard au mois de mars 2011. Comme l’on ne peut que s’en douter, le calendrier de I’ UPL est strict.
Etat déplorable de l’entreprise
Un des problèmes qui bloquent l’OCPT concerné le passif social, sur le plan financier, et le cadre organique, du point de vue organisationnel. II est constaté qu’en dépit de la baisse de ses activités depuis de nombreuses années, l’entreprise a gardé sa structure organique d’antan, inadaptée à l’évolution de l’entreprise. La mise en place faite en 2006 n’a pas apporté des changements majeurs à son cadre organique, mais, au contraire, elle l’a alourdi. L’analyse approfondie du cadre organique montre clairement une redondance et un dysfonctionnement de certaines directions ou services. Il en est ainsi de la Direction de marketing, rattachée à la Direction Générale, et des deux directions commerciales Télécoms et Postes qui ont en leur sein des divisions de marketing.
Malgré le fait que les cabines publiques n’existent plus depuis de nombreuses années. la Direction de Gestion des Cabines Publiques demeure jusqu’à ce jour. La Direction des nouvelles technologies qui devrait être logiquement dans les deux départements sectoriels, fait partie des ses services communs rattachés à la Direction Générale. A cela s’ajoute la mise en place de trois nouvelles Directions, celles de Recouvrement, des Projets Postaux et des Projets Télécoms.
Au 31 décembre 2009, l’OCPT compte 1.773 agents dont 1289 hommes et 484 femmes. Les secteurs d’exploitation comptent un effectif de 1.452 agents sur un total de 1.773, soit 82 % répartis à 47 % pour les Télécoms et 35 % pour la Poste. Plus de la moitié des effectifs du personnel de l’OCPT, soit 68%, se retrouvent à Kinshasa. Alors que les dix pros mecs restantes se partagent 32%, soit une moyenne de 30o par province. Quelle que soit la province, le secteur des Télécommunications, bien qu’en arrêt, compte plus d’agents que la Poste.
Et, d’autre part, le niveau d’étude est globalement bas pour une entreprise dont la technologie de ses secteurs d’activités est constamment en évolution. Avant l’exécution du plan social en 2003, les effectifs de l’OCPT étaient de 4.203 agents, non compris les 500 agents fictifs émargeant dans les listes du personnel.
A l’issue de l’examen des dossiers administratifs des agents dans le cadre du plan social de restructuration de I’OCPT, il en était ressorti que 2.209 agents actifs étaient admis à l’opération de départ volontaire, 370 agents étaient retraités de 2003 et 2004, 1 .324 étaient des retraités d’avant 2003 et 470 agents étaient déjà décédés. La diminution des effectifs de I’OCPT entre 2004 et 2005 s’explique par l’exécution du plan social. Cependant, l’entreprise a procédé au recrutement du personnel, annihilant ainsi les résultats escomptés. En dépit de l’exécution du plan social de I’OCPT, tous les retraités, plus de 1.700, ayant bénéficié des décomptes final financés par la Banque Mondiale continuent à émarger dans les listes de paie comme retraités 4/4.
Impact financier négatif
Cette situation anormale a un impact financier mensuel est estimé à plus 170 millions FC soit près 189.000 USD par mois. Dans l’objectif d’assainissement des finances de I’OCPT, ces retraités devront être sortis des listes de paie de l’entreprise. Le manque de moyens n’a pas permis à I’OCPT de régler la sortie en pension des agents ayant accompli l’âge de la retraite. D’autre part, la mauvaise gestion du dossier des retraités après l’exécution du plan social à ‘entreprise lui fait supporter des charges dont elle devait, en principe, se débarrasser. L’OCPT prend en charge 3.680 agents dont plus de la moitié est constituée des retraités et autres non productifs. La productivité est ainsi très faible, étant donné l’arrêt des activités des télécommunications.
Malgré la baisse de ses activités depuis de nombreuses années, l’OCPT a gardé sa structure organique, inadaptée à son évolution. Le cadre organique montre une redondance de certaines directions ou services.
La gestion des ressources humaines est aléatoire, manuelle et contraire aux techniques modernes de gestion. Les statistiques du personnel ne sont pas maîtrisées par les services compétents.
Au 3 1 décembre 2009, les effectifs indiqués dans le rapport d’activités se chiffrent à 1.773 agents dont 1.289 hommes et 484 femmes. Les deux secteurs d’exploitation, les Postes et Télécoms, comptent 82 % des effectifs, soit 1.482 agents. Mais, l’on note une insuffisance de personnel qualifié pour un secteur dont la technologie est constamment en évolution.
Le taux d’encadrement est de 1/3, pour une entreprise à caractère technique. II y a plus de cadres et agents de maîtrise que des exécutants. En dépit de l’exécution du plan social dans le cadre de la restructuration de l’OCPT décidé par le gouvernement, certains retraités ayant bénéficié des décomptes finals financés par la Banque Mondiale continuent à émarger dans les charges du personnel.
Une enveloppe salée
Mensuellement, le coût du personnel, en application du premier palier du SMIG, s’élèvent à 1.386.975.914 FC, soit 1.541.084 USD. Les salaires en cours de paiement par tranche sont ceux de juillet 2008. L’OCPT doit plus ou moins 70 mois d’arriérés de salaires dont l’enveloppe est estimée à plus de 35 millions USD. Les charges du personnel représentent plus de 100 % du chiffre d’affaires. Mais, l’envergure de cette future société commerciale dont le capital social minimum et les nouveaux statuts ont été validés du fait de l’accomplissement de ses dues diligences par le COPIREP, n’est plus à démontrée. Il compte 365 bureaux des Postes dont 96 Perceptions, 202 Sous- Perceptions et 66 bureaux auxiliaires plus un centre de Tri et de Transit qui fonctionne à l’Aéroport International de N’djili à Kinshasa. Ces bureaux abritent également 11 centres et 58 bureaux de comptes Chèques et mandats Postaux. Malgré ce parc de bureaux, indique-t-on, ce pays est loin d’atteindre les objectifs de l’UPU qui visent l’implantation d’un bureau de Poste pour une zone de 30 à 40 km2 et pour une population de 3.000 à 6.000 habitants. En effet, le pays dessert ses zones urbaines avec 53 bureaux seulement, ce qui correspond à 1 bureau par rayon de 56 kilomètres carré et pour 61 .000 habitants tandis que le milieu rural l’est avec un total de 305 bureaux ce qui représente un bureau pour 85.250 habitants.
La plupart des bureaux des Postes sont dans un état de délabrement avancé et manquent de mobilier et matériel d’exploitation. Actuellement, 78 bureaux seulement sont opérationnels dans l’ensemble du pays. Les uns ont été pillés et d’autres encore occupés anarchiquement par les éléments de la police et de l’armée, ainsi que par les agents actifs, les partants volontaires et retraités de I’OCPT. Ces derniers conditionnent leur départ par le paiement des décomptes finals.
Calvaire de distribution des colis postaux
Présentement, le transport des envois confiés à la Poste n’est pas une entreprise aisée en tenant compte de l’étendue du pays, ainsi que de l’insuffisance des voies de communications et de moyens de transport. La Poste ne disposant pas suffisamment de moyens de transport, elle recourt aux transporteurs tant publics que privées pour l’évaluation de ses dépêches courriers et colis.
L’insuffisance et le manque de moyens de travail tels que les vélos, les motos, les chariots, les charrettes, les balances, les ordinateurs, les pèse-lettres, les machines à affranchir, les sacs postaux, les imprimés de service, les ficelles, le plomb et les étiquettes constituent un handicap sérieux pour le bon fonctionnement de la Poste. Le système d’exploitation utilisé par 1’OCPT comprend trois composantes dont la transmission, la commutation et le réseau local des câbles. Ainsi, les équipements et matériels détenus à ce jour par l’entreprise concernent ces composantes. Depuis 1989 jusqu’à un passé récent, date d’acquisition des centraux téléphoniques S1240, l’OCPT n’a réalisé aucun investissement. La situation a été aggravée avec les pillages de 1991 et 1 993 qui ont sérieusement endommagé toutes les infrastructures.
Rappel historique
L’OCPT a un passé glorieux qui doit interpeller le gouvernement. En effet, les services des postes et télécommunications ont été créés le 16 septembre 1 885 par décret royal du Roi Léopold II, en exécution de l’acte général du Congrès de Berlin du 25 février 1885.
Durant la période coloniale, ces services relevaient directement du Gouverneur Général et dépendaient de la 6 Direction Générale des transports et communications. Cette direction avait en son sein, entre autres, une direction des postes et une direction des télécommunications. Tous les employés des services des Postes. Télégraphes et Téléphones -PTT- avaient le statut de fonctionnaires de l’Administration Publique. Un Secrétariat Général aux PTT fut créé après le 30 juin 1960. Celui-ci avait repris les attributions de la Direction des postes et celles de la Direction des télécommunications. Le Secrétaire Général aux PTT était secondé par un Directeur Général des télécommunications.
A sa création par l’Ordonnance -loi n° 68-475 du 1 3 décembre 1 968 comme une entreprise publique à caractère industriel et commercial, dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, l’OCPT assumait à la fois les fonctions d’exploitation et de réglementation du secteur des postes et de télécommunication sans que cette dernière prérogative soit couverte par un texte légal. Il jouissait du monopole postal, téléphonique, de radiocommunications, de la transmission des données et des signaux, de communication par satellite.
Dénommé Office National des Postes et Télécommunications du Zaïre, OPTZ en sigle en l971, il est devenu Office Congolais des Postes et des Télécommunications -OCPT- après rebaptisation du pays en RDC en 1997. Le Secrétariat Général aux PTT a été recréé par l’Ordonnance
-Loi n° 82-027 du 19 mars 1982 qui met une séparation nette entre la fonction de réglementation qui relève de l’administration des PTT et celle de l’exploitation qui relève de I’OCPT. Le 16 octobre 2002, trois nouvelles lois ont été promulguées et régissent le secteur des Postes et des Télécommunications. Ces lois consacrent la libéralisation effective de ce secteur, avec la mise en place de l’autorité de régulation.
Hermann AMBALU
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