| Écrit par Joseph ILUNGA |
| Samedi, 13 Novembre 2010 |
Trois de quatre délégués de la mouvance présidentielle (AMP) ne méritent pas de siéger à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et leur remplacement s’impose pour la crédibilité du processus électoral. Il s’agit du pasteur Daniel Ngoy Mulunda, de Flavien Misoni, et de Crispin Kankonde S’agissant de Daniel Ngoy Mulunda, pressenti pour être président de la CENI, Congoone a suffisamment indiqué dans son éditorial du mercredi 10 novembre courant les raisons pour lesquelles ce pasteur ne peut succéder à Apollinaire Malumalu comme président de la nouvelle Commission électorale ni même en être simplement membre. Outre les faits mis en exergue (Congoone du 10 novembre 2010) qui disqualifient Ngoy Mulunda, une circonstance aggravante s’ajoute au dossier du pasteur politicien. On se souviendra en effet de ce qu’interpellé par un diplomate occidental qui voulait en savoir plus sur la destination des armes qu’il récupérait moyennant cent dollars américains par arme et la provenance des moyens financiers dont il disposait pour ce faire, Ngoy Mulunda piqua une sainte colère et menaça le diplomate d’expulsion s’il s’entêtait à en savoir plus. Au-delà de la passion, de quel droit Ngoy Mulunda peut-il menacer d’expulsion un diplomate, lui qui n’exerce aucune fonction officielle ? Sa relation familiale avec Joseph Kabila dont il est l’un des conseillers spirituels lui permet-elle une telle ivresse ? Quant à Apollinaire Malumalu qui a annoncé qu’il ne sera pas membre de la CENI, il n’a pas dit la vraie vérité. Congoone est en mesure d’en apporter la preuve. Malumalu est parti, vive Malumalu ! Le président de la défunte CEI sera présent à la CENI à travers son frère Flavien Misoni présenté tantôt comme membre de la société civile, tantôt comme membre du MSR de Pierre Lumbi, conseiller spécial de Kabila Kabange. Membre de la famille biologique d’Apollinaire Malumalu, Flavien Misoni forment avec ce dernier et Mgr Sekuli le trio créateur de l’Association des victimes de la guerre de l’Ituri (Avigituri). Cette association a été créée pour amadouer Kinshasa et en tirer des avantages personnels en menant une campagne machiavélique pour que se tiennent des procès sur les victimes de la guerre de l’Ituri en vue de maintenir loin du Congo ceux qui sont en prison ( Bemba, Lubanga…) et agiter le spectre d’autres procès contre ceux qui sont au parlement comme Roger Lumbala de manière à laisser Kabila gouverner avec l’AMP devenue une sorte de parti unique. Flavien Misoni c’est l’homme que Malumalu et Sekuli ont présenté à Kabila pour continuer comme en 2006 le travail entrepris par l’abbé-président de l’ex-CEI. Mais pas seulement. Si Misoni, directeur de cabinet de son frère Malumalu, est arrivé là où il est, c’est aussi grâce au soutien lui apporté par son beau-père, Charles Mwando Nsimba qui fut parlementaire de la transition post-dialogue intercongolais et président de la Commission politique et juridique du parlement. En fait, lorsque Malumalu, conseillé par les services de la présidence de la République, a dû créer le Bureau national des opérations pré-électorales et électorales (BNO) à travers lequel devraient tomber tous les résultats électoraux, l’abbé-politicien avait dû remuer ciel et terre pour y placer son frère, son homme de confiance, non plus en tant que son directeur de cabinet, amis en qualité de directeur du BNO érigé en organe de la CEI. Pour y parvenir, Malumalu avait bénéficié d’un coup de main de Charles Mwando Nsimba, alors président de la Commission politique et juridique du parlement. Revenons à Avigituri pour souligner que le trio Malumalu, Sekuli et Misoni continue à suivre le dossier qu’il a constitué contre Jean-Pierre Bemba et d’autres bourreaux désignés par eux et transmis aux organisations internationales de défense des droits de l’homme à travers leur frère CPM ( nous faisons mystère de l’identité en ne dévoilant que les initiales) qui est tout le temps entre Beni-Butembo-Kinshasa-Bruxelles et La Haye. Qu’on se souvienne qu’il y a quelques années, Malumalu et Misoni avaient effectué des missions de service dans certaines capitales occidentales en tant qu’experts de la présidence de la République ! L’autre candidat de Kabila à la CENI, c’est Crispin Kankonde, avocat à Kananga qui fut délégué du PPRD à la CEI Plus d’une fois, Kankonde a été surpris en flagrant de délit de corruption par des défenseurs des droits de l’homme avant les élections de 2006. Sieur Kankonde a été pris la main dans le sac alors qu’il convoyait des véhicules (voitures de marque Nissan) offerts aux membres du bureau de la CEI par le citoyen Kabila Kabange. Des activistes des droits de l’homme dont Floribert Chebeya, d’heureuse mémoire, s’en étaient rendus compte et Kankonde avait fini par avouer que c’était un cadeau du chef de l’Etat aux membres du Bureau de la CEI. Pour étouffer le scandale, William Swing, alors représentant du secrétaire général de l’ONU au Congo à démocratiser, trouvera la parade en présentant lesdites voitures comme la contribution du chef de l’Etat à la CEI. C’était ni plus ni moins qu’une corruption parce que les véhicules en question n’étaient pas versés au patrimoine de la CEI, mais destinés à des individus nommément cités. Comme si cela ne suffisait pas, Kankonde se livrera par la suite à un commerce de location des véhicules de la CEI à Kananga. PPRD Oyée ! Outre les trois invertébrés présentés par Kabila, on s’étonne à Kinshasa que l’opposition, à travers Gilbert Kiakwama kia Kiziki, ait désigné Carole Kabanga comme sa déléguée à la CENI alors que cette dame, autre membre de la défunte CEI comme Misoni et Malumalu, était tellement proche, voire très proche du président de la défunte CEI dont elle ralliait, jusqu’à l’absurde, toutes les positions qu’on ne peut résister à la tentation de savoir si elle n’est pas en réalité représentante de l’opposition de collaboration. En tout état de cause, il revient aux députés de l’assemblée nationale d’exiger le remplacement de tous les candidats contre lesquels existent des soupçons de partialité s’ils veulent que la crédibilité du processus électoral ne soit entamée comme ce fut le cas en 2006. Et parce que les députés ainsi interpellés sont des législateurs, Congoone leur oppose leur propre loi, en l’occurrence la Loi organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la CENI qui dispose en son article 12 : « Les membres de la CENI sont choisis parmi les personnalités indépendantes reconnues pour leur compétence, intégrité morale, probité et honnêteté intellectuelle ». L’article 22 souligne : « Dans l’accomplissement de leur mission, les membres de la CENI ne sollicitent ni ne reçoivent d’instructions d’aucune autorité extérieure, jouissent de la totale indépendance par rapport aux forces politiques qui les ont désignés ». Dès lors que Daniel Ngoy Mulunda, Flavien Masoni et Crispin Kankonde sont tous les trois membres co-fondateurs du PPRD et experts de la Cellule d’études stratégiques de la présidence de la République, pour les deux premiers, peuvent-ils servir la nation à la CENI en respectant ces dispositions légales ? La réponse est non. |
| Mise à jour le Samedi, 13 Novembre 2010 10:31 |
samedi 13 novembre 2010
Voici les faits graves pour lesquels l’Assemblée nationale doit invalider trois de quatre délégués de l’AMP à la CENI !
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire