dimanche 5 décembre 2010

Côte d’Ivoire : Blaise, dites quelque chose !


De la gauche à la droite : Ouattara, Gbagbo, Compaoré, Bedié et Soro (Ph : ivoirebusiness)














(AfriSCOOP Paris) — Une fois n’est pas coutume. L’Union Africaine, très encline à rejeter toute ingérence des capitales non africaines dans les processus électoraux du Continent quitte à soutenir des autocrates de la trempe de Robert Mugabé, s’est cette fois-ci alignée sur la position de la communauté internationale. Dans la bataille de légitimité post-électorale en Côte d’Ivoire, l’institution dirigée par le Gabonais Jean Ping a donc pris fait et cause pour Alassane Ouattara déclaré vainqueur par la Commission Electorale Indépendante et dont la victoire est certifiée par l’ONU. Le président sortant, Laurent Gbagbo réélu, selon le Conseil Constitutionnel, est ainsi de plus en plus isolé.

L’UA va plus loin que l’ONU. Le président de la commission, Jean Ping, a chargé l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki d’une "mission d’urgence" en Côte d’Ivoire. Autrement dit, il va reprendre service, comme il y a quelques années avant d’être écarté au profit d’un certain Blaise Compaoré. Celui-là même qui est le facilitateur désigné et qui s’est rendu avant le deuxième tour à Abidjan. Mais depuis le 28 Novembre, le camarade Blaise s’est emmuré dans un silence assourdissant.

Le médiateur par excellence des conflits ouest-africains serait-il dépassé par les événements ? Lui qui n’a fait qu’une bouchée de ses adversaires au premier tour de la présidentielle du 21 novembre au Burkina Faso avec un score soviétique de 80% des suffrages. Excusez du peu. Eh oui, des scores pareils existent toujours. Mieux, les observateurs ont jugé le vote libre et transparent, sans pouvoir en dire autant de l’ensemble du processus électoral.

En résumé, au moment où grâce à la "magie" de Compaoré, des élections ouvertes, incertaines et de hauts risques se déroulent en Guinée et en Côte d’Ivoire, le tombeur de Thomas Sankara passe facilement sans attirer l’attention de la Communauté internationale. Le doyen des chefs d’Etat ouest-africains (au pouvoir depuis 1987), sauveur des pays aux lendemains incertains et des régimes en perdition (Côte d’Ivoire, Guinée et Togo) s’est sûrement rendu compte que l’Afrique de l’Ouest ne s’en sortira pas sans ses exploits en médiation.

Du coup, le maître de Ouaga envisagerait de modifier la constitution de son pays pour pouvoir se représenter en ... 2017. D’accord, l’Afrique ne s’en portera que mieux, on n’en disconvient pas camarade Blaise, mais en attendant, faîtes-nous sortir de ce bourbier ivoirien. Vous êtes le seul à détenir la potion magique que l’on attend avec impatience au bord de la Lagune Ebrié...

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