
Laurent Gbagbo (Rci), Paul Kagamé(Rwanda) et Dos Santos (Angola)
(AfriSCOOP Analyse) — Exit l’ère des Kwame Nkrumah, Sékou Touré ou encore Sylvanus Olympio sur le continent noir. Voici l’époque des Laurent Gbagbo, Eduardo Dos Santos, Khadafi, etc. qui sont prêts à se maintenir au pouvoir en foulant au pied toutes les règles de la démocratie représentative, pourvu qu’une partie des Africains voient en eux des défenseurs des intérêts de l’Afrique devant la voracité des Occidentaux. 50 ans après les indépendances, l’Afrique a-t-elle besoin de cette posture politique ?
Depuis la fin de son premier mandat constitutionnel en 2005, Laurent Koudou Gbagbo a embrayé sur la vision qu’il partage avec un certain nombre de dirigeants africains de voir les « problèmes africains » être résolus par des « solutions africaines ». On l’a vu au cours de la première médiation de Thabo Mbeki dans le différend ivoirien.
Aux côtés de MM. Mbeki et Gbagbo, d’autres leaders africains comme l’Angolais Dos Santos et le Rwandais Kagame militent pour une affirmation croissante de la voix du continent dans diverses questions au centre desquelles les intérêts des Noirs sont en jeu. Sans oublier bien évidemment le versatile Mouammar Khadafi (actuel doyen des présidents africains, au regard du nombre d’années passées au pouvoir). Mais le hic dans cette prise de position au sommet de ces Etats sus-mentionnés, c’est que ces chefs de l’exécutif précités sont loin d’être des Parangon de démocrate.
Des chefs autistes veulent voir une « autre Afrique »
Cinq décennies après les « indépendances africaines », la remise en cause de « l’ordre ancien » que semblent opérer les chefs d’Etat « néo indépendantistes » cités dans les lignes antérieures est tout à fait légitime. Mais, cette refondation indirecte de l’Afrique ne doit pas constituer la source de nouveaux maux pour un continent déjà affaibli par une litanie de maladies savamment entretenues le plus clair du temps.
A n’en point douter, l’Afrique gagnerait davantage à ce que les intérêts de ses Etats (potentiellement riches) soient défendus par des hommes et des femmes qui jouissent de l’onction populaire, difficilement contestable. Ce qui n’est pas encore le cas de Laurent Gbagbo, Dos Santos, Paul Kagame et Khadafi ! La vigueur de l’opposition en Côte d’Ivoire, en Angola, au Rwanda illustre bien cette donne. Certes, l’ancien président sud-africain, M. Mbeki, n’est pas à classer sur la liste sus-dressée. Mais il a détonné par ses propensions à s’accrocher à des décisions venant d’un autre monde. Comme sa quasi négation de l’ampleur du virus du Sida en Afrique du Sud. Des actes qui n’honorent pas l’image de la première puissance économique de l’Afrique que constitue Pretoria.
Loin des médias internationaux, des Républiques africaines dans lesquelles le minimum de justice sociale est instaurée, s’efforcent de donner une belle image du continent berceau de l’humanité. En Afrique de l’Ouest, le Cap-Vert a tourné le dos au régime semi-parlementaire que copient mécaniquement les anciennes colonies de la France. Praia, sur sa dynamique, continue d’enregistrer de bons résultats dans les secteurs économique, politique et social. Des efforts qui forcent le respect et qui contribuent à rectifier l’image honteuse du Noir dans le monde. Le Bostwana, les Seychelles, Maurice, le Malawi, le Mozambique, et à un autre degré, le Ghana et la Tanzanie, “marchent” sur les plates bandes du Cap-Vert, en forçant le respect de la plupart de leurs interlocuteurs étrangers !! Devant la miniaturisation des frontières sur la planète, les intérêts du continent le plus pauvre du globe ne peuvent plus être défendus à travers la pensée, la vision, le filtre du seul chef qui s’impose à tous par des acrobaties politiques dont seuls les dictateurs noirs ont le secret. La « nouvelle Afrique » qui se cherche toujours n’a plus besoin de nouveaux Kwame Nkrumah, Sékou Touré ou Sylvanus Olympio.
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