dimanche 12 décembre 2010

Côte d’Ivoire | Gbagbo-Ouattara : ça sent le rapprochement


Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara lors du face-à-face historique à la télévision (Ph : capture d’écran - D.R.)



(AfriSCOOP Abidjan) — Deux présidents, un pays. L’issue de l’élection présidentielle ivoirienne du 28 novembre dernier continue d’animer la chronique. Mais plus le temps passe plus les deux « présidents » de la République de Côte d’Ivoire consolident leurs pouvoirs.


Le premier déclaré « vainqueur » du second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier, par la Commission électorale Indépendante (CEI), Alassane Ouattara adossé à une communauté internationale acquise à sa cause, monte les enchères : le Palais présidentiel ou rien, a-t-il fait dire à l’ancien ministre Patrick Achi (PDCI), porte-parole de son gouvernement.


Le second à être investi « président » par le Conseil Constitutionnel, Laurent Gbagbo pris dans l’étau diplomatique propose un dialogue direct bis à son rival.


Les deux hommes contrôlent deux armées mais daigneront-ils s’en servir dans l’épreuve de force qui endurcit un bicéphalisme à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, un pays loin de sortir d’une crise militaro-politique qui dure maintenant neuf ans ?


Le troisième homme de cet antagonisme successible d’exploser à tout moment n’est autre que la société civile, elle qui déplore une « cinquantaine de morts » en deux semaines d’opposition radicale au sommet du fait d’exactions perpétrées nuitamment par des « hommes en tenues » et d’affrontements « isolés », impose le dialogue aux deux principaux acteurs politiques.


Les présidents rivaux saisiront-ils la voie du dialogue pour éviter au pays de retourner au point zéro de la belligérance militaire, et civile, de septembre 2002 ?


Ce ne sont pas des arguments qui manquent au plan national pour les y contraindre, car les religieux acteurs du rapprochement des politiques et de la sensibilisation des populations pendant l’application de l’Accord Politique de Ouagadougou (APO) estiment qu’il « vaut mieux privilégier le dialogue ».


Selon le Père Norbert Abekan (Eglise Catholique) il y a une majorité muette qui ne veut plus qu’aucune goutte de sang coule en Côte d’Ivoire, raison pour laquelle il initie dans les jours à venir des rencontres avec les deux présidents.


Les populations elles-mêmes conscientes du danger d’autres hostilités militaires ou d’affrontements civils crée de façon spontanée des « comités de vigilance » ou des « comité d’union nationale » à travers le pays. Ces structures informelles ont vocation à favoriser le brassage communautaire et ethnique de sorte à annihiler le risque du clash tant redouter par les Ivoiriens.


Le front diplomatique ne voit pas lui aussi une autre issue à la crise postélectorale, l’ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Carter III parle d’une « bonne transition » comme solution politique.

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