dimanche 5 décembre 2010

Fpi et Rdr : venez en stage auprès du Rpt au Togo !


Laurent Gbagbo(D) et Alassane Ouattara (G). Au milieu : le président du Conseil constitutionnel Paul Yao Ndre(H) et le président de la Cei Youssouf Bakayoko (B) - Ph : D.R.
( AfriSCOOP) — Des fraudes “lourdes” ont entaché le scrutin présidentiel du 30 novembre dernier en Côte d’Ivoire, contrairement aux déclarations de divers observateurs internationaux qui ont minimisé l’ampleur des irrégularités durant cette joute présidentielle. Des faits et gestes illégaux qui ont de toute vraisemblance été mal ficelés et qui sont en train de précipiter la Rci au bord de la fracture ethnique…

Le Fpi et le Rdr se sont rendus coupables, manifestement, de graves irrégularités durant le dernier jamboree électoral au pays du cacao et de l’ananas. Quand le Rdr accuse le Fpi d’avoir fait annuler des votes dans le nord du pays, le Fpi indique que le Rdr a empêché ses militants d’accomplir leur devoir civique dans les zones pros Ouattara. Aucune des écuries des finalistes du scrutin du 30 novembre n’est arrivée, jusqu’à l’heure actuelle, à apporter des arguments et des preuves irréfutables pour dénuer de valeur les accusations que lui jette le camp adverse !

Quelle mouche a bien piqué les partisans du Rdr pour empêcher des pros Gbagbo d’accomplir leur devoir civique dans le Nord du territoire ivoirien ? Quel mauvais dieu a pu inspirer le couple présidentiel ivoirien de faire invalider tous les votes dans les zones où elle estime avoir essuyé de patentes injustices électorales ? Nul besoin d’être un expert des questions des élections pour se rendre compte que les fraudeurs du Rdr et du Fpi sont des amateurs criards. Ils auraient pu s’inspirer, de manière machiavélique, des prouesses du Rpt (au Togo), en la matière.

Quand on est amateur, on s’inspire des pros !

En avril 2005, le vol d’une urne par un militaire togolais a fait le tour de la planète ! Les représentants du Fpi au sein de la Commission électorale auraient pu éviter d’être la risée du monde en arrachant comme des quidams les papiers qui devaient servir à la proclamation des résultats provisoires partiels. En se souvenant justement de l’image précitée du militaire togolais, d’autant plus qu’ils se savaient filmer par des caméras du monde entier. L’amateurisme s’est dans la même logique invité dans les agissements des inconditionnels du Rdr. Des instincts grégaires ont pris de toute évidence le pas sur les démarches du fraudeur… Pourtant, dans ces deux contextes précités, il fallait encore, tout simplement, jeter un coup d’œil aux fraudes avilissantes mais professionnelles du Rpt.

En 2007, à la faveur des élections législatives, le parti de Faure Gnassingbé (Rpt) s’est rendu coupable d’achats massifs de consciences tout en se débrouillant pour vicier des bulletins de vote. Du coup, quand des électeurs de l’opposition n’ont pas voté (malgré eux) pour le pouvoir de Lomé, leurs bulletins de vote ont tout simplement été annulés durant les décomptes. Les nombreux observateurs (nationaux et internationaux) déployés sur le terrain n’y ont vu que du feu ! Pour la première fois, le Togo venait d’organiser des élections sans violences. Les chancelleries occidentales ont applaudi à se rompre les doigts.

Trois ans plus tard, c’est-à-dire le 04 mars 2010, dans le cadre de la présidentielle, le parti quarantenaire va remettre ça ! Cette fois-ci, non seulement des achats de voix ont encore été opérés, mais aussi les méthodes de proclamation de résultats, consensuellement arrêtées, ont été changées à la dernière minute. Habilement. Car les solutions de rechange n’ont pas frappé l’attention des observateurs. Une fois de plus, le Togo est sorti d’un processus électoral sans violences. La communauté internationale s’en est réjouie, et les puissances de la planète n’ont pas tardé à féliciter le président Faure. Fin du tour de magie. Qui veut l’apprendre pour se maintenir au pouvoir ?!

En gros, faire donc déplacer le président d’une Commission électorale dans un hôtel pour proclamer des résultats électoraux, ou laisser cette Commission proclamer une version des scores électoraux, et s’arranger à ce que le Conseil constitutionnel donne une autre lecture avec des invalidations curieuses sont des signes patents de débutants en fraudes électorales !

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