mardi 7 décembre 2010

RDC: Abus de pouvoir au Kasaï Occidental


Trésor Kapuku fait tabasser un hôtelier à Kananga
Par Donatien Ngandu Mupompa
Le gouverneur du Kasaï Occidental s’illustrerait par des dérapages inadmissibles vis-à-vis de ses administrés.
Les nouvelles en provenance du Kasaï Occidental sont peu reluisantes. Les habitants de la ville de Kananga vivraient dans la terreur. Il se raconte que le numéro 1 de cette province y impose sa loi. Et ce, au mépris de la loi.
C’est le cas de le dire avec ce qui s’est passé à Kananga dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 décembre 2010. Au cours de la semaine passée, le gouverneur a reçu un visiteur qu’il lui fallait loger quelque part. Le visiteur en question était un journaliste venu de Kinshasa
Mais comme la province ne possède pas de maison de passage, le gouverneur Trésor Kapuku a envoyé ses services de protocole dans l’un des hôtels chics de la ville, baptisé « QUIN-MED », afin d’obtenir une chambre pour son hôte. Ce dernier y a donc trimballé ses valises en compagnie des émissaires du gouverneur.
Le journaliste kinois y a passé quatre jours sans que le gouverneur verse un sous. Par la suite, le gouverneur a prié le journaliste de l’accompagner au lac Munkamba. Mais avant que la chambre soit libérée, le réceptionniste a exigé que lui soit payé le montant de quatre jours. Pour toute réponse, il a reçu un soufflet de la part de l’homme du protocole d’Etat. Leur ronde de Munkamba terminée, le gouverneur a encore envoyé le journaliste à l’hôtel « QUIN-MED ».
Mais cette fois, le gérant leur a signifié un non catégorique. Pas de place pour ceux qui viennent au nom de l’autorité provinciale. Raison avancée : le gouvernorat du Kasaï Occidental est le débiteur le plus insolvable de la ville. Entre-temps, il les a priés d’entrer en contact avec le propriétaire de l’hôtel pour obtenir son accord. Au lieu de suivre cette voie, ces derniers sont allés précipitamment faire rapport à leur chef.
C’était plus qu’un affront, un véritable crime de lèse-majesté. Du coup, le gouverneur Trésor Kapuku est monté sur ses grands chevaux. Ivre de rage, il a mis en route toute une armada de policiers pour l’expédition punitive.
Arrivé à l’hôtel avec ses justiciers, il leur a ordonné de tabasser tous ceux qui y travaillent. Inutile de dire que lui-même trônait superbement à l’entrée. Les policiers ne se le sont pas fait dire deux fois, et s’en sont donné à cœur joie. Les coups de crosses et les matraques pleuvaient partout, et il n’y avait pas moyen de s’échapper.
Le plus malheureux a été le réceptionniste de cet établissement. C’est surtout sur lui que les policiers se sont acharnés. Ils l’ont bastonné sans commune mesure, jusqu’à lui fracturer le bras. Tout cela, sous l’œil attentif du gouverneur de province. La mission accomplie, Trésor Kapuku a ramené ses hommes au bercail. Et le lendemain, c’est-à-dire le dimanche 5 décembre, il prenait l’avion pour Kinshasa, sans nullement se soucier du sort de sa victime.
Pourtant il paraîtrait que comme tous les gouverneurs de province, il séjourne dans la capitale congolaise dans le cadre du Congrès qui se tiendra ce mercredi 8 décembre 2010 au Palais du peuple, et où le chef de l’Etat va faire le discours sur l’état de nation. Justement, une nation dans laquelle quelques gouverneurs se comportent déjà en tyrans, prélude de ce que certaines autorités provinciales entendent par autonomie des provinces. C’est-à-dire des entités où des personnes sans cœur pourront régner en monarques absolus, en maltraitant le peuple.
Pourtant, dans ce pays qui se veut un Etat de droit, les services habilités auraient dû se pencher sur ce dossier. Et cela, pour le simple fait que le gouverneur de la province du Kasaï Occidental est un récidiviste. Après avoir fait bastonner un chef coutumier, il s’en est pris cette fois à un pauvre hôtelier.

Le Potentiel

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