dimanche 5 décembre 2010

Thabo Mbeki en mission pour sortir la Côte d'Ivoire de l'impasse


L'ex-président sud-africain Thabo  Mbeki, le 25 octobre 2010.
L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, le 25 octobre 2010.
AFP/Ashraf Shazly

Par RFI
L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, envoyé en « mission d'urgence » par l'Union africaine, pour « trouver une solution légitime et pacifique à la crise », est arrivé ce dimanche matin 5 décembre 2010 à Abidjan. Il a été accueilli par les services diplomatiques sud-africains, en l'absence d'officiels ivoiriens.
Avec nos correspondants et envoyés spéciaux,
Initialement, Thabo Mbeki devait arriver hier soir samedi mais un contretemps de dernière minute l’a empêché de se poser à Abidjan. En effet, l’espace aérien ivoirien étant fermé depuis plusieurs jours, l’aéroport ne fonctionne plus et le personnel technique n’était pas là. Il n’y avait donc personne capable d’éclairer la piste de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny. L’avion le transportant a donc dû se dérouter sur une autre direction.
Quoi qu’il en soit, l’ex président sud-africain est arrivé ce dimanche matin 5 décembre pour une mission d’urgence qui s’annonce particulièrement compliquée. L’envoyé spécial de l’Union africaine doit s’entretenir ce dimanche avec Laurent Gbagbo, puis avec Alassane Ouattara, avec lesquels il s’est déjà entretenu au téléphone avant son arrivée. C’est avec leur accord qu’il débarque à Abidjan. L’ancien chef d’Etat est chargé de trouver une solution légitime et pacifique à la crise sur la base « des décisions et instruments pertinents de l’Union africaine ».
Marge de manoeuvre très étroite
Les bonnes relations de Thabo Mbeki avec Laurent Gbagbo sont connues et son implication dans le dossier ivoirien a été décisive en 2005, puisque c’est lui qui a permis à Alassane Ouattara de concourir à l’élection présidentielle. Pourtant, on imagine mal comment Thabo Mbeki pourra aujourd’hui convaincre l’actuel pensionnaire du palais de renoncer à son fauteuil. Pour l’heure, d’après plusieurs sources diplomatiques, la politique des petits pas n’a pas marché et Laurent Gbagbo peut désormais se prévaloir de l’investiture du Conseil constitutionnel.
Avec Alassane Ouattara, la tâche ne sera pas facile non plus. Le candidat du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la Paix) a pour lui le soutien de la quasi-totalité de la communauté internationale, et il a été proclamé vainqueur de la présidentielle par la Commission électorale et l’ONU. Dans son entourage, on explique déjà qu’il n’est pas question d’appliquer en Côte d’Ivoire les solutions trouvées au Kenya ou au Zimbabwe avec la formation d’un exécutif à deux têtes.
C'est donc une marge de manoeuvre très étroite qui se présente à Thabo Mbeki, tant il est vrai qu'une sortie de crise rapide et pacifique semble actuellement relever du miracle diplomatique.

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