L’année 2011 doit être l’année du grand Changement. Les Congolais doivent se mobiliser au cours de l’année qui commence afin de «sortir» le «président sortant» pour cause d’incurie et de trahison pour avoir dirigé le pays en violation constante de la Constitution. «Joseph Kabila» doit célébrer le 26 janvier prochain le dixième anniversaire de son accession à la tête de la RD Congo. Cette célébration doit être la dernière du genre. Pourquoi ? Les raisons abondent.
Pour «Kabila», le pouvoir d’Etat n’est rien d’autre qu’une «arme d’élimination massive» des contradicteurs. «(…), il faut remettre de l’ordre dans le pays, déclarait-il dans une interview accordée au quotidien «Le Soir» daté 16 novembre 2006. Et d’ajouter : «Beaucoup de gens ne connaissent pas le président Kabila. Ils se trompent s’ils pensent qu’après les élections, ce sera la même chose que pendant la transition. Ce sera la rigueur, et surtout la discipline, car sans la discipline, on ne peut pas construire une nation. (…).»
Au nom de la «discipline», «Joseph» a fait massacrer en 2007 et 2008, des adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo sous le fallacieux prétexte de «rétablir l’autorité de l’Etat». Des policiers appartenant au «Bataillon Simba» de John Numbi ont laissé sur les carreaux pas moins de 300 membres de cette organisation. Affichant un mépris inqualifiable pour la vie et la dignité de la personne humaine, «Joseph» de déclarer que «ce qui s’est passé dans le Bas-Congo n’était pas une simple manifestation de mécontentement, il s’agissait d’une rébellion en gestation, d’une révolte contre les institutions établies» (voir « Le Soir daté 24.04.2008). Comment ne pas donner raison à ceux qui allèguent, plus à raison qu’à tort, que le numéro un Congolais est un accro de stupéfiants?
N’ayons pas peur de mots. La RD Congo est dirigée par un dangereux psychopathe. Un tueur aux mains propres. La «décennie Joseph Kabila» a été violente. Sanglante. Des escadrons de la mort ont commis des exécutions extrajudiciaires maquillées en crimes crapuleux. Aucune enquête sérieuse n’a été menée pour débusquer les présumées assassins et surtout le commanditaire. Tout ce que l’on sait ce que les meurtres ont été commis par des «hommes en uniforme». Quelques noms de victimes : Steve Nyembo, Aimée Kabila, Franck Kangundu dit «Ngycke» et son épouse Hélène Mpaka, Mwamba Bapuwa, Serge Maheshe, Didace Namujimbo, Pascal Kabungulu. La liste n’est pas exhaustive.
Au cours de l’année 2010, le pouvoir kabiliste a confirmé sa nocivité en donnant la mort à l’emblématique défenseur des droits humains Floribert Chebeya Bahizire. Et pourtant, ce mardi 1er juin 2010, ce dernier se trouvait au siège de l’Inspection générale de la police pour répondre à l’invitation du chef de ce corps. Que s’est-il passé ? La question reste sans réponse. Six mois après. A en croire, le «raïs», la mort de Chebeya est un «accident». Qu’en est-il du chauffeur Fidèle Bazana Edadi qui attendait son chef dans la voiture? Ici, pas un mot. A-t-il été lui aussi victime d’un «accident»? Pourquoi n’a-t-il plus jamais été revu depuis ce rendez-vous… mortel chez l’Inspecteur divisionnaire en chef de la police nationale? Que dire de la mort de Armand Tungulu Mudiandambu par «suicide» dans un cachot clandestin de la garde présidentielle au Camp Tshatshi. Peut-on comprendre qu’une vie humaine soit anéantie suite au lancement de deux cailloux sur le cortège du chef de l’Etat? Pourquoi, trois mois après ce «suicide», le corps du défunt n’est-il pas restitué à sa famille pour permettre à celle-ci d’accomplir le travail de deuil? L’assassin s’est-il arrogé le droit de confisquer la dépouille mortelle de sa victime?
Au cours de cette décennie, «Kabila» s’est révélé incapable de donner aux Congolais un minimum d’espérance par des signes palpables en terme d’amélioration de la vie quotidienne. Il n’a pas été capable de donner à la population un avenir différent. L’échec est perceptible d’abord en matière de sécurité des personnes et des biens. L’échec est également perceptible au niveau de l’approvisionnement en eau courante, en électricité, en soins de santé et l’éducation. Plus grave, le régime kabiliste a institutionnalisé l’«inégalité devant la loi» en privilégiant certaines provinces au détriment d’autres. Faute de fief naturel pour se bâtir une assise sociale, le « raïs » a trouvé là un moyen subtil pour diviser les Congolais – pour mieux régner - en suscitant la haine contre les ressortissants des entités «chouchoutées».
Dans l’interview qu’il a accordée au quotidien bruxellois «Le Soir» daté 7 décembre 2010, le «raïs» a eu toutes les peines du monde à esquisser le bilan de ses réalisations. «L’action est la meilleure de communication», disait Napoléon. Embarrassé d’égrener quelques «routes bitumées», le président sortant a bredouillé ces mots : «Il est difficile de parler d’un bilan maintenant. En 2001, le pays était dans un état de guerre, de division. De 2001 à 2003, nous avons connu les négociations de paix. De 2003 à 2006, nous étions en période de transition. 2007 fut une année de planification, de négociations avec les partenaires, principalement la Chine.» Selon lui, il n’a commencé «effectivement» à travailler qu’«à partir de 2008». Où ? En province ? «Atuone Kitu», fredonnent certains Kivutiens. Traduction : «Nous n’avons rien vu !».
C’est donc avec stupeur que des observateurs impartiaux de la vie politique congolaise suivent la volonté du président sortant à se succéder à lui-même. «Que pourra-t-il réaliser en cinq ans qu’il n’a pu faire en dix ans ?», s’interrogent-ils. Le temps est venu de sortir le président sortant. A défaut, les Congolais risquent de subir cinq années supplémentaires d’incurie, de félonie et de misère…
Baudouin Amba Wetshi
© Congoindépendant 2003-2011
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