jeudi 3 février 2011

En Egypte, pas de répit dans les affrontements au Caire



Des opposants à Hosni Moubarak affrontent les partisans du régime à coup de pierres lancées vers l'autre camp.
Des opposants à Hosni Moubarak affrontent les partisans du régime à coup de pierres lancées vers l'autre camp.
REUTERS/Goran Tomasevic
Par RFI
Les affrontements entre partisans et opposants du régime de Hosni Moubarak ont repris ce jeudi 3 février 2011 sur la place Tahrir, où un étranger a été battu à mort cette après-midi selon des témoins et des services de secours. Une première depuis le début de la contestation en Egypte le 25 janvier. La nationalité de la victime et l'identité de ses assaillants restent pour l'heure inconnues. Les dirigeants français, allemand, anglais et italien ont condamné « tous ceux qui utilisent ou encouragent la violence » en Egypte, alors que Barack Obama a dit prier pour « des jours meilleurs » dans le pays.

NOTRE DOSSIER SPÉCIAL










A la tombée de la nuit sur le Caire, plusieurs milliers de manifestants hostiles au régime restaient massés place Tahrir, tandis que la télévision d'Etat annonçait une « déclaration importante » et de manière imminente du vice-président Omar Souleimane.
Aux violences meurtrières d'hier mercredi entre pro et anti-Moubarak ont succédé aujourd'hui de nouveaux affrontements tout aussi violents. Si les soldats, pour certains à bord de chars, ont établi un cordon entre les deux camps, l'armée n'est que très rarement intervenue, généralement pour disperser des foules.
Coups de feu sporadiques

Qui sont les pro-Moubarak?
Nous avons été attaqués par des gens payés par des dirigeants du Parti national, il y a même des témoignages vidéo.

03/02/2011 par Murielle Paradon
Dans la journée, quelques partisans du régime sont réapparus sur un pont d'où ils peuvent lancer des pierres et des cocktails Molotov sur les protestataires anti-Moubarak, alors que des coups de feu sporadiques étaient également entendus. Une centaine de jeunes hommes réunissaient des pierres sur un terrain vague pour les amener sur les lieux des heurts, et des blessés étaient transportés vers des hôpitaux de campagne. Des pavés et des bordures en pierre ont été utilisés comme projectiles et des barricades ont été érigées.
De nombreux journalistes étrangers couvrant les troubles ont rapporté avoir fait l'objet de violences au Caire, certains ayant été battus ou arrêtés. On a ainsi appris jeudi après-midi que deux journalistes grecs avaient été blessés par des manifestants mais que leurs jours n'étaient pas en danger.
D'autre part, la police égyptienne a arrêté un employé français d'Amnesty International et un autre de Human Rights Watch ainsi que plusieurs autres défenseurs des droits de l'Homme au Caire, a annoncé aujourd'hui l'organisation basée à Londres.
Barack Obama prie pour « des jours meilleurs » en Egypte
Face à cette situation alarmante, les dirigeants des plus grands pays européens (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Espagne) ont condamné « tous ceux qui utilisent ou encouragent la violence » en Egypte, alors que le président américain Barack Obama a dit prier pour « des jours meilleurs » en Egypte.
Plusieurs pays dont les Etats-Unis continuent d'aider leurs ressortissants à quitter le pays, à la veille d'une nouvelle journée de manifestations massives vendredi baptisée par les anti-Moubarak « le vendredi du départ ».

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