mercredi 2 février 2011

«On ne veut pas son départ dans cinq mois, pas dans une semaine,


DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Plusieurs milliers d'opposants ont passé la nuit place Tahrir, après avoir entendu Moubarak annoncer qu'il restait au pouvoir mais ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre.
Par LUC PEILLON au Caire
Place Tahrir hier soir.
Place Tahrir hier soir. (Dylan Martinez / Reuters


«Qu'il s'en aille ! Qu'il s'en aille !» Hier soir, sur la place Tahrir, lieu du rendez-vous quotidien d'opposants au régime du président egyptien, les réactions à l'intervention télévisée d'Hosni Moubarak, retransmise sur écran géant, ont été immédiates. La concession faite de ne pas se représenter dans quelques mois pour un sixième mandat de président de la République n'a pas calmé la détermination des manifestants.

«On ne veut pas son départ dans cinq mois, pas dans une semaine, pas demain, mais cette nuit !», réagi très énervé Mohamed, l'un des 3000 à 4000 opposants restés sur la place pour y passer la nuit. «Je suis très frustré», explique Talat, 27 ans. «Et de toute façon, c'est un menteur, il ne le fera pas !» Son voisin Hamed est plus confiant, estimant que «c'est un premier pas» et qu'il faut «pousser l'avantage en continuant la protestation».

Après quelques minutes d'une tension palpable, durant lesquelles la foule s'est rassemblée de façon hostile devant les militaires, le calme est revenu sur la place, qui a recouvré son atmosphère festive. A quelques rues de Tharir, cependant, plusieurs dizaines de jeunes favorables à Hosni Moubarak ont défilé, certains armés de bâtons, sans pouvoir néanmoins atteindre la place, gardée par les militaires et opposants au régime.

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