
Le président Obama recevait son homologue égyptien Hosni Moubarak à la Maison Blanche en août 2009.
Reuters
Pour la première fois vendredi 4 février 2011, le président Obama a répondu directement aux questions des journalistes concernant la situation en Egypte. Sa frustration croissante était évidente.
Avec notre correspondant aux Etats-Unis, Jean-Louis PourtetLes Etats-Unis souhaitent voir un gouvernement de transition dirigé par le vice-président Omar Souleimane, et soutenu par les militaires, mis en place aussi rapidement que possible. Mais comme l’a dit le président Obama, «l’avenir de l’Egypte sera décidé par les Egyptiens», reconnaissant par cette déclaration qu’il n’y avait pas grand chose que les Etats-Unis puissent faire.
Il a condamné les violences contre les journalistes, les militants des droits de l’homme et les manifestants qu’il a jugées «inacceptables». Barack Obama a aussi réitéré son désir de voir les réformes appliquées dès maintenant, mais il n’a pas réclamé explicitement le départ immédiat d’Hosni Moubarak, préférant faire appel à son patriotisme : «Je pense que le président Moubarak tient à son pays. La question principale qu’il devrait se poser maintenant est celle de savoir comment laisser derrière lui un legs qui permette à l’Egypte de surmonter cette période de transformation et j’espère qu’il prendra la bonne décision».
La Maison Blanche s’est par ailleurs étonnée du soutien apporté par l’ayatollah Ali Khameini à la contestation égyptienne, alors qu’il avait réprimé violemment une révolte populaire identique en Iran, en 2009.
Les Egyptiens, pro et anti-Moubarak, ont pris leurs distances par rapport aux positions américaines avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti Le «now means now» (maintenant c’est maintenant) du porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a été très mal accueilli par la majorité des Egyptiens. Pour le gouvernement, cela ressemblait à un diktat. Dans sa première conférence de presse, le Premier ministre Ahmad Chafic a répondu : « ce n’est pas un pays qui a à peine 200 ans qui va nous dire ce que nous devons faire, nous la nation vieille de 7 000 ans…». L’impopularité des Etats-Unis auprès des Egyptiens n’est dépassée que par la haine contre Israël et l’invasion de l’Irak et le soutien de l’Etat hébreu n’ont fait qu’accroître cette impopularité. Les manifestants de la place Tahrir qui reprochaient justement au président Moubarak d’être l’agent des Américains, ne veulent pas aujourd’hui du soutien de Washington, que certains perçoivent comme une tentative de récupération de leur révolution. |
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