Mme le commissaire principal Cécile Kasongo aurait-elle été utilisée pour les mèches des postiches et les ongles artificiels trouvés dans la voiture de Floribert Chebeya ? C'est ce qu'essaie d'élucider la Cour militaire.
Le lundi 31 janvier 2011, l'audience du procès qui oppose le ministère public aux assassins présumés de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana a connu la comparution des renseignants. Et le premier à se présenter à barre a été le Camerounais Gomer Martell, qui a été confronté à la renseignante Cécile Kasongo, commissaire principal à la Direction des renseignements généraux et des services spéciaux de la police (DRGSS).
Contant son aventure, le Camerounais Gomer Martell a dit à la Cour militaire qu'il avait fait la connaissance d'un certain Jean-Marie, dont la sœur vendait une parcelle. Ils ont causé de tout et de rien. Et la pseudo sœur s'est présentée sous le faux nom de Mme Tshimanga. Cette prétendue femme d'affaires - qui n'est autre que la policière Cécile Kasongo - lui faisait des yeux doux. Il lui avait recommandé de venir avec son mari. Il les a appelés le 31 mai 2010 pour leur restituer 1.000 $Us sur les 1.500 $Us qu'ils lui avaient prêtés. Mais le nommé Tshimanga l'a prié de ne pas se tracasser et de leur remettre la totalité plus tard. C'est après cette rencontre, à la sortie de l'espace " Planète J " qu'il a été interpellé par des éléments de la police.
Appelée à son tour à la barre, Mme le commissaire principal Kasongo a déclaré qu'on l'avait mise en contact avec Gomer Martell à cause de ses activités de contrefaçon. C'est ainsi que ce dernier lui avait dit qu'il ne pouvait pas collaborer avec elle sans l'accord de son mari. Dès qu'elle s'est amenée avec le mari que les services lui avaient fabriqué, un certain Tshimanga, Gomer Martell leur a exigé 1.500$Us pour l'adhésion. Montant qui lui a été remis avec l'accord du chef.
Mais après cela, le Camerounais avait disparu de la circulation pour se cacher au Bas-Congo. Ils ont donc commencé à le rechercher. Dès qu'ils avaient retrouvé ses traces, l'homme a menti que la marchandise se trouvait à Brazzaville. Et pendant un bon moment, il ne se voyait plus. Un jour, c'est son cousin Jean-Marie qui les a appelés au téléphone. Et le 29 mai 2010, Mme Cécile Kasongo a eu un message affirmant que Gomer était venu avec la marchandise. Curieusement à la date du 31 mai 2010, Gomer avait dû monter les enchères en leur exigeant 50.000$Us, en leur promettant que ce montant leur donnera droit à 100.000Fc.
Mais ce qui intéressait la Cour était de savoir comment Mme le commissaire principal Cécile Kasongo était habillée au cours de leurs trois rencontres. Gomer Martell a affirmé qu'elle était en robe pour les deux premières fois, et en jupe pour la troisième, et simplement habillée.
La Cour a aussi voulu savoir si elle était coiffée des mèches et si ses doigts possédaient des ongles artificiels. A cette préoccupation, le renseignant camerounais a répondu : " Elle avait des mèches. Mais pour les ongles artificiels, je ne pense pas ". Appelée à réagir, la renseignante Cécile Kasongo a déclaré qu'elle utilise rarement des perruques au moment des fêtes. La seule fois qu'elle a dû mettre des mèches, c'était à l'occasion du mariage de Mbusa Nyamwisi. Et comme conséquence, cela l'a rendue malade après la fête. La cour lui a donc fait remarquer : " M. Gomer Martell soutient que le 31 mai 2010 vous étiez en perruque ". La renseignante a carrément répondu par la négative. Questionné de nouveau, Gomer Martell est resté sur sa position.
Au vu de tout cela, un avocat de la défense s'est ainsi adressé aux juges : «Votre Cour ne peut pas prêter oreille à un renseignant qui porte atteinte à l'ordre public et à la sécurité». Après avoir dit que cet expatrié est en séjour irrégulier, l'avocat a formulé ce reproche : «Les procédés de dissimulation d'une enquête judiciaire ne peuvent pas constituer des preuves devant votre Cour».
Après avoir demandé la parole, le Camerounais Gomer Martell a déclaré aux juges que depuis qu'il a témoigné dans le dossier de Floribert Chebeya, il est l'objet de menaces. Sa peur se justifie du fait que sa résidence n'est pas loin de l'état-major du bataillon SIMBA, surnommé «Bana ya John Numbi». Toujours selon le renseignant, on dit qu'il est devenu très dangereux. Il a aussi fait état de ses biens illégalement saisi par un magistrat.
Pour apaiser le renseignant Matell, le premier président de la Cour militaire lui a rassuré qu'en ce qui concerne ses biens saisis, le procureur de la République près le tribunal de Grande instance de Kinshasa/Gombe sera informé. A propos de son acquittement, on n'a pas de preuves, bien qu'il a toujours clamé qu'il a été acquitté par le tribunal de Grande instance de Kinshasa/Gombe.
A propos du cas de Mme le commissaire principal Cécile Kasongo justement, le commissaire principal Jerry Kahozi du département des renseignements à la DRGSS avait exigé le huis clos pour sa comparution, arguant que c'était la première fois qu'il se promenait en tenue de policier. Il a même dit que dans son quartier, tout le monde le prend pour un commerçant. Il a donc trouvé anormal qu'on ait exposé la renseignante Cécile Kasongo devant les caméras. A partir de cet instant, a-t-il dit, elle était devenue inutile pour les renseignements, et par conséquent, ne pourra plus être utilisée par les missions secrètes de sa direction.
Par Donatien Ngandu Mupompa
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