mardi 8 février 2011

Vital KAMERHE : Originalité congolaise douteuse !

image Vital KAMERHE - Ancien président de l’assemblée nationale et Président du tout nouveau parti UNC, lors d'une conference de presse a bruxelles le vendredi 4 fevrier 2011

Appel à la rectitude intellectuelle probe et morale dans l'approche analytique des événements politiques en République Démocratique du Congo : Cas de la cotoyenneté de Vital Kamerhe.
J’en appelle à la rectitude intellectuelle des compatriotes dans leurs analyses de la situation politique congolaise, en mutation constante, pour leur propre respect. Car, quand on est rigoureux dans ses analyses, on s’impose respectueusement et on inspire confiance aux autres. Inversement, on ne sert pas le pays et on perd de la crédibilité et, par ricochet, on se nuit à soi-même lorsqu’on recourt à la désinformation en maquillant délibérément la vérité ou en ne faisant pas d’effort  qui vaille pour découvrir cette vérité.
Qu’est-ce que la vérité? Il s’agit là d’une question philosophique à laquelle il n’est pas facile à répondre aisément de prime abord. Autant il est difficile de s’entendre sur la définition objective du paradigme beauté même si tout le monde s’en fait une certaine idée, autant il est ardu d’appréhender la notion de vérité au-delà de sa complexité. Cependant, il n’en demeure pas moins qu’il existe un seuil à partir duquel se dégage un consensus. Généralement, on dit qu’il y a trois races humaines, parfois quatre : noire, jaune, blanche, celle d’Esquimaux et/ou d’Amérindiens étant de temps en temps ajoutée et considérée en conséquence comme la quatrième. D’autres encore avancent qu’il en est davantage à cause des groupes sanguins.
Mais au-delà de toutes ces distinctions, on constate malgré tout qu’une unanimité se forme autour de l’identification des individus selon leur appartenance à la couleur de la peau. Il en va de même en ce qui a trait au concept de vérité. Théoriquement, on entend par ce concept sa conformité à l’idée qu’on s’en fait avec son objet et à ce qui est réel. Entendu du point de vue judiciaire au sens dont on se doit d’apporter la preuve, il comporte une connotation juridique susceptible de déboucher occasionnellement sur des interprétations controversées.
Dans le cas sous étude, tout en étant conscient de cette difficulté à laquelle on se heurte, nous retenons la dynamique de la preuve. Ce que l’on doit savoir, c’est que la vérité est neutre et que l’interprétation qui en découle demeure subjective quand on ne s’écarte pas de l’univers politique qu’on tente de décrypter.

CITOYENNETÉ AUTHENTIQUE CONGOLAISE DE M. VITAL KAMERHE

L’auteur de cette analyse est membre de l’ethnie congolaise de hunde qui est répartie par le fait du hasard colonial dans les zones ou territoires suivants : Masisi, Goma, Rutshuru, Walikale et Kalehe. À l’exception de Kalehe qui est situé dans la province du Sud-Kivu, les autres territoires précités sont établis dans la province du Nord-Kivu.  Jusqu’en 1988, année au cours de laquelle le Président Mobutu a divisé l’ancienne province du Kivu en trois entités, à savoir le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et le Maniema, Bukavu était la capitale provinciale de cette structure administrative. À cause des avantages inhérents à sa qualité de capitale, celle-ci attirait des éléments provenant de tous les coins de la province. Les parents de l’auteur étaient parmi ces individus. C’est ainsi que celui-ci est né dans cette ville où il a grandi et étudié.
Sur cette base, il a pu évoluer et côtoyer beaucoup de ses compatriotes provenant de divers terroirs constitutifs du grand Kivu auquel il reste attaché. Sans aller dans les détails, il est bien placé et, en conséquence, en mesure d’identifier à juste titre, preuve à l’appui, la qualité d’appartenance ethnique de beaucoup de ses collègues d’enfance avec qui il a fait les quatre cents coups.
Ce que’il regrette amèrement, c’est que ceux qui épiloguent sur l’origine de M. Kamerhe sont tous des non-originaires du Kivu. Pourquoi ne se donnent-ils pas la peine de s’enquérir sur ces derniers s’ils cherchent vraiment à connaître la vérité. Pourquoi cet acharnement qui n’a pas de fondement. Référons-nous à la loi originelle qui définit la citoyenneté congolaise. Voilà ce qu’en disait la loi lors de l’accession du pays en 1960.
“Le Congo, dans ses frontières actuelles, constitue à partir du 30 juin  prochain, un État indépendant dont les habitants auront, aux conditions que la loi déterminera, une même nationalité sur le territoire duquel ils pourront se déplacer et s’établir…”
Tout en indiquant ainsi que le congolais était partout chez lui sur le territoire congolais, le gouvernement colonial avait laissé au nouvel État le soin de définir lui-même les conditions d’acquisition de la citoyenneté. Son comportement à l’égard des ressortissants rwandais et burundais établis au Congo révèle qu’il les considérait comme des étrangers. Non seulement ils n’étaient pas admissibles aux postes d’éligibilité et de Fonction publique, mais en plus ils n’étaient électeurs qu’aux scrutins du niveau local. De plus, en sa qualité de puissance de tutelle après la défaite de l’Allemagne qui colonisait le Rwanda et le Burundi jusqu’à la première guerre mondiale, la Belgique soumettait annuellement un rapport à l’Assemblée Générale de l’ONU sur les ressortissants rwandais et burundais établis au Congo.
Voilà le contexte dans lequel a été élaboré le premier texte juridique congolais faisant suite à la Loi Fondamentale et qui règle la matière de la citoyenneté congolaise. Cette constitution dite Constitution de Luluabourg a été publiée le 1er août 1964.  En son article 6, il est stipulé que:
“La nationalité congolaise est attribuée à la date du 30 juin 1960  à toute personne dont un des ascendants est ou a été membre d’une tribu établie sur le territoire du Congo avant le 18 octobre 1908.”
Se dégagent de cet article deux éléments importants en  matière de la citoyenneté: l’ascendance et la date.
L’ascendance a pour but de déterminer l’origine et la composition des groupes ethniques du Congo-Kinshasa. Elle est fondée sur l’idée de filiation et de lignée de familles. Sont congolais seulement ceux dont l’un de ses ancêtres appartient ou a appartenu à une tribu ou une partie de tribu établie sur le territoire congolais avant la date mentionnée. La référence à une partie de tribu vise à régler le problème des tribus qui avaient été partagées par des frontières fixées par les colonisateurs sans aucune considération aux réalités socioculturelles des communautés ethniques africaines.
Le deuxième élément concerne la date. Celle-ci fixe dans le temps la limite au-delà de laquelle la loi ne produit plus ses effets. Cette date butoir sert de repère historique pour les contestateurs éventuels.
On est congolais de souche non pas individuellement mais parce qu’on appartient à une collectivité établie sur le territoire congolais bien avant la date historique du 18 octobre 1908. Cela signifie, en clair, qu’il ne suffit pas d’être l’arrière ou l’arrière-petit (e) enfant d’une personne qui vivait sur ce territoire avant cette date pour être congolais ou congolaise d’origine; encore fallait-il que l’aïeul ou l’aïeule dont on descend fût  membre d’une tribu établie sur le territoire. On est congolais parce qu’on appartient à la tribu et non parce qu’uniquement l’ancêtre vivait là avant la date. S’il n’appartenait à aucune des tribus constituantes, il était résident étranger ainsi que ses descendants. Par contre, ces derniers peuvent avoir des enfants congolais de souche par le biais du mariage avec une congolaise ou un congolais d’origine, parce qu’on l’est à partir de la mère ou du père ou de deux à la fois.  
M. Kamerhe, lui, est mushi de père et de mère. Son ethnie Shi fait partie intégrante des groupes fondateurs du Congo. M. Kamerhe est donc authentiquement congolais. Il faut faire la part des choses quand on est honnête. Qu’on me comprenne bien. En défendant l’authenticité congolaise de souche de M. Kamerhe, je le fais par honnêteté intellectuelle. Je me dois de vous avouer que je n’ai pas toujours partagé ses idées. Bien au contraire. Lors de l’opération Amani à Goma visant à amnistier les Rwandais du CNDP, après les massacres de Mushaki, j’avais critiqué et dénoncé, dans une déclaration publique, leur trahison, abbé Malumalu et lui. Ma critique ne s’est pas limitée à cette faute politique grave. J’avais également condamné son appui à la révision constitutionnelle sur la modification de l’âge des candidats à la magistrature suprême. Pour favoriser M. Kabila aux élections de 2006, on a baissé l’âge de 40 à 30 ans.
Par contre, j’ai salué son courage lorsqu’il a désavoué la trahison de M. Joseph Kabila lorsque celui-ci a décidé unilatéralement de faire entrer les troupes rwandaises au Congo-K. Donner une fausse identité à Kamerhe, c’est distraire l’opinion et jouer le jeu des Rwandais et de Kabila. Il faut au contraire soutenir tous ceux qui sont à même de barrer la route au régime actuel qui asservit notre peuple.
En épilogue, je vous invite, chers compatriotes, à cesser de considérer les Congolais du Kivu comme des Congolais de nationalité douteuse. À moins que vous ayez déjà baissé les bras pour céder le Kivu au Rwanda, ce qu’attend l’Occident, surtout les Anglo-Saxons, vous confortez le pouvoir actuel qui fait son lit avec le Rwanda et qui contribue, ipso facto, à l’atteinte de cet objectif..

Paul M. Kanamby

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