26/06/2011 
Balkanisation de la RDC
La guerre annoncée des matières premières est le prélude à la grande bataille économique mondiale. Des pays, comme la RDC, bien dotée en ressources naturelles, sont sur la ligne de mire. Les élites congolaises en sont-elles conscientes ?
De plus en plus, le monde est devenu multipolaire. La recomposition des cartes au niveau international n’est plus un leurre. Elle est désormais vécue au quotidien. Gare aux nations qui font semblant de l’oublier. La guerre annoncée des matières premières est le prélude à la grande bataille économique mondiale. Des pays, comme la RDC, bien dotée en ressources naturelles, sont sur la ligne de mire. Les élites congolaises en sont-elles conscientes ? C’est tout le problème.
La crise financière internationale de 2008 a permis de remodeler le monde en déplaçant le pôle de contrôle de l’économie internationale. Si, depuis longtemps, c’est l’Occident qui a toujours régenté le monde, il n’en est plus le cas actuellement. Désormais, des lignes ont sensiblement bougé sur la scène internationale, si bien que même le très fermé cartel regroupant les huit pays les plus industrialisés du monde - le G8 - a été obligé de s’ouvrir aux autres pour sauver l’économie mondiale en perdition.
Ainsi est né le G20, regroupant, outre le G8, des pays dits émergents, paradoxalement considérés encore comme pays en voie de développement.
Le centre de contrôle du monde est en train de bouger. Les grandes fissures des économies de la zone euro n’en est qu’un prélude. Tous les analystes sont d’avis que le monde d’aujourd’hui n’est plus le même que celui d’avant 2008. En effet, la crise financière de 2008 a recréé d’autres acteurs tels que la Chine, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud, etc. C’est grâce à eux, reconnaît-on, que le monde économique a pu enfin se tirer de la grande dépression née de la crise financière de cette année-là.
Sur la scène internationale, l’Occident qui incarnait, il y a un temps rigueur et orthodoxie, n’est plus le seul maître à penser. Il a totalement perdu sa crédibilité et sa toute puissance. Pour preuve, le marché financier, sur lequel il a toujours fondé sa prospérité, a montré ses limites en compromettant jusqu’à l’entrainer dans l’abîme. C’est grâce aux autres, les marginalisés du système, à savoir les émergents, que le système a pu in extremis être sauvé.
Alors qu’ailleurs les données ont sensiblement changé, malheureusement en Afrique, nombreux sont ceux qui ne jurent que par les institutions internationales modelées sur le néolibéralisme. Sur ce continent, tous les projets ou programmes de développement sont, dans la plupart des cas, taillés sur ce modèle. Comme frappée d’amnésie, l’Afrique semble ignorer que l’Occident ne serait plus le centre du monde. Les gravitations s’opèrent désormais suivant plusieurs épicentres. Décidément, le modèle néolibéral s’est essoufflé. L’Afrique doit s’en apercevoir.
Qu’en est-il de la RDC ?
Ce qui s’applique à l’Afrique s’impose également à la République démocratique du Congo. Pays aux immenses potentialités naturelles, la RDC est actuellement la risée du monde, cette belle femme tant convoitée. Tout le monde la désire. Mais, tous n’ont pas les mêmes intentions. Voilà le portrait qui s’applique le mieux à la position actuelle de la RDC.
Pays situé au cœur de l’Afrique – celui-là même que Franz Fanon a prédit comme gâchette pour le développement de l’Afrique – la RDC est véritablement au centre de grands enjeux auxquels elle devra faire face dans les jours à venir. Ces enjeux sont tellement immenses que le pays doit affirmer un véritable leadership pour ne pas subir les événements.
Les tensions récurrentes dans sa partie orientale le prouvent. Tous, Occident et pays émergents, ont envie de l’avoir à ses dépens. A la RDC de savoir justement jouer le jeu pour ne pas être le dindon de la farce.
Il est prouvé aujourd’hui que le salut de la RDC ne viendra ni de l’Occident et encore moins de l’Orient. Dans la dynamique de la recomposition des cartes au niveau international, la RDC doit se refaire une véritable identité, celle sur laquelle elle devra bâtir son développement. Demeurer dans la traîne du néolibéralisme, c’est faire preuve de manque d’idéal pour une nation appelée à jouer un rôle moteur pour le développement de l’Afrique. Transformée en un trou noir sur tous les plans, la réappropriation du devenir de la RDC est de nature à assurer le développement de tout un continent. La géostratégie a l’horreur du vide, les Congolais ne l’ont pas toujours compris !
La RDC a besoin en ce temps de recomposition de la géopolitique mondiale d’une vision claire et nette pour ne pas livrer à la prédation son don de la nature, c’est-à-dire ses ressources du sol et du sous-sol.
L’élite intellectuelle congolaise doit saisir ce moment où, sur le plan international, les lignes bougent pour savoir placer la RDC sur l’orbite afin de lui permettre de tirer son épingle du jeu. En d’autres termes, il faut un leadership visionnaire, collectif, affirmé et fondé sur un idéal bien précis.
A l’heure des choix
Que faire ? Faudrait-il, pour ainsi dire, se laisser séduire par le modèle de développement prôné par l’Occident néolibéral ? Le modèle chinois, puisqu’il faut l’évoquer, peut servir à plusieurs égards à la RDC. Mais, le choix à opérer ne doit pas se faire dans la précipitation et loin d’une stratégie interne de développement. Les uns et les autres ne devraient pas prendre la place des Congolais eux-mêmes. C’est à cela que l’ingéniosité des décideurs sera mise à contribution pour ne point compromettre l’avenir. La puissance de la RDC se conjuguera au prorata de meilleurs choix opérés en cette période des mutations planétaires. Plus que jamais, la vision de grandeur doit habiter l’élite face à ce vent qui souffle favorablement.
[Le Potentiel]
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La guerre annoncée des matières premières est le prélude à la grande bataille économique mondiale. Des pays, comme la RDC, bien dotée en ressources naturelles, sont sur la ligne de mire. Les élites congolaises en sont-elles conscientes ?
De plus en plus, le monde est devenu multipolaire. La recomposition des cartes au niveau international n’est plus un leurre. Elle est désormais vécue au quotidien. Gare aux nations qui font semblant de l’oublier. La guerre annoncée des matières premières est le prélude à la grande bataille économique mondiale. Des pays, comme la RDC, bien dotée en ressources naturelles, sont sur la ligne de mire. Les élites congolaises en sont-elles conscientes ? C’est tout le problème.
La crise financière internationale de 2008 a permis de remodeler le monde en déplaçant le pôle de contrôle de l’économie internationale. Si, depuis longtemps, c’est l’Occident qui a toujours régenté le monde, il n’en est plus le cas actuellement. Désormais, des lignes ont sensiblement bougé sur la scène internationale, si bien que même le très fermé cartel regroupant les huit pays les plus industrialisés du monde - le G8 - a été obligé de s’ouvrir aux autres pour sauver l’économie mondiale en perdition.
Ainsi est né le G20, regroupant, outre le G8, des pays dits émergents, paradoxalement considérés encore comme pays en voie de développement.
Le centre de contrôle du monde est en train de bouger. Les grandes fissures des économies de la zone euro n’en est qu’un prélude. Tous les analystes sont d’avis que le monde d’aujourd’hui n’est plus le même que celui d’avant 2008. En effet, la crise financière de 2008 a recréé d’autres acteurs tels que la Chine, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud, etc. C’est grâce à eux, reconnaît-on, que le monde économique a pu enfin se tirer de la grande dépression née de la crise financière de cette année-là.
Sur la scène internationale, l’Occident qui incarnait, il y a un temps rigueur et orthodoxie, n’est plus le seul maître à penser. Il a totalement perdu sa crédibilité et sa toute puissance. Pour preuve, le marché financier, sur lequel il a toujours fondé sa prospérité, a montré ses limites en compromettant jusqu’à l’entrainer dans l’abîme. C’est grâce aux autres, les marginalisés du système, à savoir les émergents, que le système a pu in extremis être sauvé.
Alors qu’ailleurs les données ont sensiblement changé, malheureusement en Afrique, nombreux sont ceux qui ne jurent que par les institutions internationales modelées sur le néolibéralisme. Sur ce continent, tous les projets ou programmes de développement sont, dans la plupart des cas, taillés sur ce modèle. Comme frappée d’amnésie, l’Afrique semble ignorer que l’Occident ne serait plus le centre du monde. Les gravitations s’opèrent désormais suivant plusieurs épicentres. Décidément, le modèle néolibéral s’est essoufflé. L’Afrique doit s’en apercevoir.
Qu’en est-il de la RDC ?
Ce qui s’applique à l’Afrique s’impose également à la République démocratique du Congo. Pays aux immenses potentialités naturelles, la RDC est actuellement la risée du monde, cette belle femme tant convoitée. Tout le monde la désire. Mais, tous n’ont pas les mêmes intentions. Voilà le portrait qui s’applique le mieux à la position actuelle de la RDC.
Pays situé au cœur de l’Afrique – celui-là même que Franz Fanon a prédit comme gâchette pour le développement de l’Afrique – la RDC est véritablement au centre de grands enjeux auxquels elle devra faire face dans les jours à venir. Ces enjeux sont tellement immenses que le pays doit affirmer un véritable leadership pour ne pas subir les événements.
Les tensions récurrentes dans sa partie orientale le prouvent. Tous, Occident et pays émergents, ont envie de l’avoir à ses dépens. A la RDC de savoir justement jouer le jeu pour ne pas être le dindon de la farce.
Il est prouvé aujourd’hui que le salut de la RDC ne viendra ni de l’Occident et encore moins de l’Orient. Dans la dynamique de la recomposition des cartes au niveau international, la RDC doit se refaire une véritable identité, celle sur laquelle elle devra bâtir son développement. Demeurer dans la traîne du néolibéralisme, c’est faire preuve de manque d’idéal pour une nation appelée à jouer un rôle moteur pour le développement de l’Afrique. Transformée en un trou noir sur tous les plans, la réappropriation du devenir de la RDC est de nature à assurer le développement de tout un continent. La géostratégie a l’horreur du vide, les Congolais ne l’ont pas toujours compris !
La RDC a besoin en ce temps de recomposition de la géopolitique mondiale d’une vision claire et nette pour ne pas livrer à la prédation son don de la nature, c’est-à-dire ses ressources du sol et du sous-sol.
L’élite intellectuelle congolaise doit saisir ce moment où, sur le plan international, les lignes bougent pour savoir placer la RDC sur l’orbite afin de lui permettre de tirer son épingle du jeu. En d’autres termes, il faut un leadership visionnaire, collectif, affirmé et fondé sur un idéal bien précis.
A l’heure des choix
Que faire ? Faudrait-il, pour ainsi dire, se laisser séduire par le modèle de développement prôné par l’Occident néolibéral ? Le modèle chinois, puisqu’il faut l’évoquer, peut servir à plusieurs égards à la RDC. Mais, le choix à opérer ne doit pas se faire dans la précipitation et loin d’une stratégie interne de développement. Les uns et les autres ne devraient pas prendre la place des Congolais eux-mêmes. C’est à cela que l’ingéniosité des décideurs sera mise à contribution pour ne point compromettre l’avenir. La puissance de la RDC se conjuguera au prorata de meilleurs choix opérés en cette période des mutations planétaires. Plus que jamais, la vision de grandeur doit habiter l’élite face à ce vent qui souffle favorablement.
[Le Potentiel]
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