lundi 5 décembre 2011

RDC : Mobutu Light contre Whisky Dry

Joseph Kabila, président de RDC © DR

Les candidats de l’opposition poussent des cris d’orfraie à faire fendre les tympans. La voix qui domine dans tout ce tohu-bohu provient de la gorge d’un vieil empêcheur de gouverner en rond depuis Mobutu. Etienne Tshisekedi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne se perd pas en circonlocutions diplomatiques pour dire le bien qu’il pense de ce scrutin et réclame d’ores et déjà son annulation, s’il était avéré qu’il en était le perdant.

Sinon gare !
C’est vrai qu’il est rare, surtout en Afrique, de trouver de beaux perdants, côté élection. Malgré tout, il faut prendre au sérieux les complaintes du premier docteur en droit de l’ex-Zaïre, un territoire grand comme quatre fois la France. Il ne faut pas non plus donner le bon Dieu sans confession au grand candidat d’en face, tant son parcours ne plaide pas pour lui. Passe encore les conditions de son arrivée au pouvoir en 2001 avec sa présumée implication dans l’assassinat de son père (adoptif ?) Laurent Désiré Kabila, qui était aux commandes à l’époque.
Le plus important, c’est surtout l’organisation calamiteuse de la présidentielle 2006 au cours de laquelle, comme cela est de coutume, Joseph Désiré Kabila est porté à bout de bras par les Occidentaux pour un intérêt évident : la richesse du sous-sol qui n’empêche malheureusement pas ce géant de rester un scandale géologique. N’est-ce pas le même qui a fait bombarder la résidence d’un des adversaires, Jean Pierre Bemba, pendant que ce dernier recevait des ambassadeurs étrangers ?

Cette fois-ci, pour les besoins de l’élection 2011, il a instauré une présidentielle à un seul tour, en complicité avec les députés qu’il aurait achetés, afin de ne pas donner une seconde chance aux autres challengers.
Etienne Tshisekedi, le principal challenger, n’est pas tout aussi un enfant de cœur. Il suffit de voir avec quelle morgue il traite les autres membres de l’opposition, sans oublier ses positions jusqu’au-boutistes.

Et s’il y a quelqu’un qui ne s’assagit pas avec l’âge, c’est bien celui-là. Pour paraphraser l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique, qui avait prénommé Joseph Désiré Kabila « Mobutu Coca Light », disons qu’Etienne porterait bien le surnom de « Whisky Dry ».
Ce qui apporterait de l’eau au moulin de ceux qui estiment que les populations sont souvent plus mûres politiquement que ceux qui sont censés les diriger. Bref, disons-le tout net : la République démocratique du Congo a besoin de tout, sauf d’une confrontation postélectorale, qui pourrait facilement déboucher sur le cliquetis des armes.

L’ex-Zaïre n’est pas encore sorti de l’instabilité, sans oublier ce que l’on pourrait qualifier de violence sociale : deux tiers des Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté, alors que le pays est assis sur des réserves minérales colossales.

Issa K. Barry
L’Observateur Paalga
Bien avant la tenue des scrutins législatif et présidentiel, le lundi 28 novembre 2011, des analystes avaient tracé un boulevard pour Joseph Désiré Kabila, candidat à sa propre succession. Ils ont certes raison mais, si la voie en question est bien cyclable en début de piste, il n’est pas évident qu’elle manque de nids de poule ou de dangereuses déviations un peu plus loin ; tout en touchant d’ailleurs du bois pour qu’elle ne soit pas sans issue. Avant les résultats provisoires de ces votes, prévus pour le 6 décembre 2011, les contestations pleuvent des … cordes, comme sait si bien le faire le ciel d’un pays à climat équatorial.

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